LA TRIBUNE - Pourquoi avez-vous choisi de faire votre rentrée dans ce domaine départemental des Lacs d'Hostens, dans la forêt du sud Gironde ?
Jean-Luc GLEYZE - Nous avons choisi le domaine d'Hostens pour au moins deux raisons. Tout d'abord parce qu'il se trouve à l'épicentre des deux incendies de Landiras 1 et 2, qui ont ravagé cette partie du département, et parce que nous avons rouvert ce domaine pendant les incendies, le 8 août, et qu'en quatre jours nous sommes passés de 300 à 2.000 repas servis quotidiennement aux pompiers et sapeurs-pompiers ! Cette base de loisirs départementale située à l'épicentre des incendies est ainsi devenue à l'initiative du Département un véritable camp de base pour la logistique, la restauration et le repos des équipes de secours.
Dans l'article que vous avez publié sur le site de la Fondation Jean Jaurès, vous soulignez l'ampleur de la solidarité qui s'est spontanément mise en place sur le terrain, dans les communes forestières, face aux incendies qui ont brûlé au total 32.000 hectares cet été en Gironde. Et vous présentez ce qui ressemble à un plan de résilience territoriale : quelle est votre démarche ?
A partir de cette expérience d'Hostens, je suis parti sur une réflexion concrète : qu'avons-nous produit comme actions ? Nous avons assuré l'hébergement des évacués en rouvrant les collèges, permis l'évacuation des pensionnaires des Ehpad (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes, NDR) menacés vers des lieux d'accueil adaptés, rouvert le domaine d'Hostens, envoyé des équipes de psychologues pour aider les personnes en état de choc. Et toutes ces actions s'inscrivent dans une démarche de résilience territoriale. Il ne s'agit pas simplement d'un concept mais d'une réalité. En amont d'une crise il faut anticiper, prévenir, puis s'adapter et agir en aval. Et pendant les incendies de cet été nous avons appliqué ces deux derniers principes.