Bordeaux Métropole veut faire du Plan climat la colonne vertébrale de ses politiques publiques
Jean-Philippe Déjean

Pierre Hurmic (EELV) et Alain Anziani (PS) à la tête de l'alliance qui gouverne Bordeaux Métropole.
Agence APPA
Jean-Philippe Déjean

Pierre Hurmic (EELV) et Alain Anziani (PS) à la tête de l'alliance qui gouverne Bordeaux Métropole.
Agence APPA
Lors de la réunion de son conseil du 30 septembre, Bordeaux Métropole, présidée par Alain Anziani (PS), a notamment voté son nouveau Plan climat. La Métropole souligne que ce vote ne se cantonne pas à mettre en œuvre l'application du Plan climat air énergie territorial (PCAET), document réglementaire rendu obligatoire par la loi Grenelle II de 2007.
D'où la décision des élus de faire du Plan climat la colonne vertébrale des politiques publiques métropolitaines.
Une stratégie ambitieuse dont la pointe climatique inclut en particulier la diminution du bilan carbone du territoire, la hausse des implantations de parcs photovoltaïques dans les zones artificialisées, la multiplication des réseaux de chaleur, la création d'îlots de fraicheur ou encore de puits de carbone.
Avec trois grands objectifs fixés en ligne d'horizon :
Bordeaux Métropole en elle-même n'est responsable que de 8 % des émissions carbone du territoire mais elle envisage d'inclure dans son objectif de neutralité carbone non seulement ses émissions directes, ses émissions indirectes liées à l'énergie mais aussi l'ensemble des émissions générées par le territoire, y compris les émissions indirectes.
Pour mener cette tâche à bien, la métropole prône "une gouvernance résolument participative" et le recours à des actions innovantes. Une démarche qui permet à la majorité d'enrichir encore sa palette d'outils destinés à reconnecter Bordeaux Métropole -c'est une volonté clairement affichée par le président Anziani- à son environnement immédiat (Médoc, Libournais, Langonais...) dans les meilleures conditions. D'où la création de la coopérative carbone, un dispositif élaboré avec les territoires voisins, souligne Bordeaux Métropole, permettant l'atténuation et la compensation de l'impact carbone en développant "des partenariats vertueux".
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La collectivité souligne également la création d'une offre d'accompagnement pour les communes et les entreprises (mise à disposition d'ingénierie, aide au montage de projets, recherche de financements...).
Bordeaux Métropole veut notamment multiplier la création de réseaux de chaleur. Il existe déjà douze de ces dispositifs de chauffage urbain dans la Métropole, comme celui du quartier du Grand Parc à Bordeaux alimenté par la géothermie (eau chaude naturelle venue du sous-sol). Des réseaux qui permettent "de produire d'importantes quantités d'énergies renouvelables parfois difficiles d'accès pour un bâtiment seul". L'idée étant aujourd'hui de récupérer la chaleur produite par l'incinération des déchets (comme avec l'incinérateur de Cenon/Bordeaux Métropole), la combustion de biomasse (un sujet très technique), la géothermie ou encore les calories des eaux usées.
Dans ce cadre, un réseau de chaleur de près de quatre kilomètres va voir le jour dans les communes d'Eysines et du Haillan (au nord de Bordeaux Métropole). Il devrait desservir une vingtaine de bâtiments, dont une ZAC (zone d'aménagement concerté) de 500 logements en construction, des serres horticoles ou encore des bâtiments communaux. Ce réseau devrait produire 7,6 GWh de chaleur grâce à une chaufferie biomasse renforcée par un appoint au gaz. Soit au final un cocktail énergétique à 80 % d'énergie renouvelable. C'est Engie Energie Services qui a remporté l'appel d'offre pour la construction de l'infrastructure, l'exploitation et la maintenance du réseau pour une durée de sept ans.
Le projet bordelais de Saint-Jean de Belcier consiste de son côté à réaliser un réseau de chaleur et de froid. D'une longueur de dix-sept kilomètres, il sera alimenté à 90 % par l'usine d'incinération de déchets de Bègles. Situé dans le quartier émergeant d'Euratlantique, il alimentera à terme 570.000 m2 de bureaux et les 11.000 logements du projet, moyennant un investissement de 25 millions d'euros. La délégation de service public pour l'exploitation de cette infrastructure a été décrochée par Mixéner, filiale du groupe Régaz-Bordeaux (filiale de Bordeaux Métropole Energies).
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Les îlots de fraicheur et puits de carbone seront quant à eux adossés à la plantation d'arbres (21.000 l'ont été au cours des deux dernière saisons). Sept projets lauréats s'inscrivant dans le programme "Plantons un million d'arbres", lié au premier budget participatif lancé par la Métropole en janvier dernier, ont été approuvés lors de ce conseil métropole, qui va débloquer une enveloppe de 330.000 euros sur cinq ans. Pour une opération qui se veut exemplaire puisqu'une commission mixte associant citoyens, experts et agents de Bordeaux Métropole a travaillé sur le projet de budget participatif et conseillé les associations porteuses de projets.
Jean-Philippe Déjean