Guerre en Ukraine : « À Kiev, les gens recommencent à sortir ! »
Emmanuel Langlois
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Le Bordelais Pascal Boiteux vit toujours à Kiev avec son fils, après bientôt cinq semaines de guerre.
Pascal Boiteux
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Le Bordelais Pascal Boiteux vit toujours à Kiev avec son fils, après bientôt cinq semaines de guerre.
Pascal Boiteux
Il tient bon. Lors d'un précédent entretien à La Tribune, quelques heures avant la guerre, il nous avait affirmé qu'il resterait à Kiev, même une fois "les chars russes dans les rues". Incrédule, on l'avait écouté.
Plus d'un mois après le déclenchement de l'offensive de Moscou, Pascal Boiteux vit toujours dans la capitale ukrainienne où la vie reprend peu à peu, constate-t-il : "On entend toujours des tirs et des explosions mais ils semblent assez lointains. Les gens recommencent à sortir, de petites épiceries, quelques cafés et des coiffeurs ont rouvert. Les habitants s'habituent à la guerre."
La ville reste toujours sous couvre-feu. Plusieurs immeubles ont été touchés par des roquettes tirées par les troupes russes à quelques centaines de mètres de là où vit le Français. Un centre commercial à 2 kilomètres de chez lui a aussi été pris pour cible. Mais les combats les plus durs se concentrent autour du Donbass, dans le sud-est du pays. « L'Ukraine, c'est aussi grand que la France", rappelle Pascal Boiteux, un doigt sur la carte. "C'est comme si la zone occupée par les Russes allait de Monaco à Marseille, un peu autour de Paris et c'est tout. 80 % du territoire ukrainien est libre."
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Si Pascal Boiteux est resté à Kiev, c'est pour être aux côtés de son fils de 19 ans, franco-ukrainien, élève à la faculté de management de Kiev. "Il n'a pas le droit de quitter le pays, ce serait une désertion", avance-t-il. "Actuellement, il n'est pas mobilisé. Il aide les forces ukrainiennes à décharger des cartons ou à éplucher des pommes de terre. Il n'a pas de formation militaire mais, comme tous les jeunes Ukrainiens, il a appris à se servir d'une arme, à la démonter et à tirer. Une demi-journée tous les quinze jours, les jeunes Ukrainiens vont s'entraîner."
Emmanuel Langlois