Le gouvernement a récemment annoncé l'implantation d'une base de Canadair à proximité de la forêt des Landes de Gascogne pour lutter contre les incendies. Mais, alors que le Sénat a dans le même temps fait émerger une proposition de loi transpartisane, l'utilité d'une nouvelle infrastructure dans le Sud-Ouest similaire à celle de Nîmes a fait naître des oppositions puisque, désormais, les risques climatiques touchent également la moitié Nord du pays. Faut-il une base canadair dans le Sud-Ouest, c'est le...La forêt des Landes de Gascogne aura sa base. En déplacement en Gironde le 11 avril, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a confirmé, en plus du pré-positionnement de moyens aériens dès le 1er juin dans le Sud-Ouest, l'implantation d'une base aérienne pour lutter contre les incendies forestiers d'ici à plusieurs années. Après un été 2022 où plus de 30.000 hectares ont brûlé dans la forêt des Landes et autant dans le reste du pays, ces annonces, saluées par les élus de tous bords, interviennent dans la foulée d'un travail sénatorial, qui a débouché sur une proposition de loi pour prévenir le risque incendie des forêts.
Si l'État s'engage ainsi sur le volet théorique, le débat s'ouvre sur le déploiement technique. Vantant les atouts en formation et en compétences aéronautiques du Sud-Ouest, de nombreux élus locaux plaident pour une base aérienne de l'envergure de la base Canadair de Nîmes, où la sécurité civile emploie 500 personnes, afin d'être autonome dans la lutte incendie. Mais une telle implantation, à seulement 1h30 de vol de la base existante, pourrait faire doublon alors que les effets du changement climatique causent des dégâts au-delà du Sud-Ouest, dans la moitié Nord de la France. Alors, faut-il implanter une base Canadair autonome dans le Sud-Ouest, sur le modèle de celle de Nîmes ?
« Oui, c'est évident. Le massif forestier des Landes de Gascogne est un massif de résineux, menacé par le feu et par une propagation plus rapide que sur d'autres essences. C'est le massif le plus important d'Europe donc c'est difficile d'imaginer qu'on n'ait pas de base aérienne. On est sur un sol de tourbière et on sait que c'est un feu qui couve, qui peut réapparaître d'un seul coup comme un geyser. Cette nature là fait que, même avec les drones et la photographie aérienne, on ne sait jamais où il va sortir. La réactivité nécessaire change la temporalité du secours. Le fait d'avoir une base aérienne sur site permet de gagner une heure, voire une heure et demie. Il y a une doctrine actuellement, et on l'a vu cet été, concentrée sur les feux naissants. L'éloignement des moyens aériens ne correspond plus aujourd'hui à la doctrine d'intervention.