Action économique : signature d'une convention entre les CCI et les services de l'Etat
Jean-Philippe Déjean
Jean-François Clédel, Etienne Guyot et Alain Di Crescenzo.
Agence Appa
La signature d'une nouvelle convention d'objectifs et de moyens entre CCI France, la CCI de Nouvelle-Aquitaine et la préfecture de Région garantit l'appui de l'Etat aux chambres consulaires sur toute une série d'actions fléchées au niveau national. Mais le risque d'une nouvelle coupe budgétaire dans les moyens alloués aux CCI qui plane à Bercy inquiète.
Ce jeudi 21 septembre Jean-François Clédel, président de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Nouvelle-Aquitaine, Alain Di Crescenzo, président de CCI France et Etienne Guyot, préfet de Nouvelle-Aquitaine ont signé une convention d'objectifs et de moyens pour la période 2023-2027. Cette convention d'objectifs et de moyens (COM) va renforcer les capacités d'action de la CCI de Nouvelle-Aquitaine au profit de ses ressortissants, soit 345.500 entreprises réparties sur le territoire régional.
« La convention d'objectifs et de moyens est un document contracté entre l'Etat, CCI France et la CCI de Nouvelle-Aquitaine sur cinq ans, pour la période 2023-2027. La CCI de Nouvelle-Aquitaine regroupe 13 CCI territoriales, 575 élus, plus de 1.300 collaborateurs et compte 345.500 entreprises ressortissantes. Chaque année notre CCI sensibilise 18.000 entreprises et en accompagne 10.000 », a tout d'abord recadré Jean-François Clédel.
Le président de la CCI Nouvelle-Aquitaine est ensuite revenu sur les six axes (voir encadré) qui structurent cette COM.
« Le premier de ces six axes concerne l'accompagnement de la transition écologique des entreprises et le développement durable des territoires. En 2022, la CCI de Nouvelle-Aquitaine a accompagné 2.000 entreprises dans la transition écologique et énergétique. Sujet auquel elle a sensibilisé 8.000 autres entreprises. Comme l'a montré un sondage récent, la transition écologique est la première préoccupation des chefs d'entreprises », a notamment souligné Jean-François Clédel.
Le président de la CCI Nouvelle-Aquitaine a également tenu à mettre en relief le rôle joué par les élus consulaires dans le domaine de la proximité, mais aussi l'importance déterminante des mobilités.
« Le monde économique soutient le GPSO (Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest). C'est pourquoi la CCI de Nouvelle-Aquitaine a signé à ce sujet une motion commune avec la CCI d'Occitanie. Les territoires du Grand Sud-Ouest en ont besoin pour être connectés à Paris, désengorger l'A63 (Bordeaux/frontière espagnole) des 10.000 camions qui l'empruntent chaque jour. Et puis il s'agit aussi de réduire les bouchons ferroviaires entre Bordeaux et Toulouse », a éclairé en substance Jean-François Clédel, qui n'a pas manqué de souligner une dégradation des conditions de circulation dans les villes de Bordeaux, Bayonne et La Rochelle. Sans oublier Limoges.
Les six axes du Contrat d'objectifs et de moyens
1/ Accompagner la transition écologique des entreprises et le développement durable des territoires.
2/ Accompagner les entreprises dans leurs transitions numériques, économiques et RH.
3/ Anticiper, orienter, former et recruter.
4/ Entreprendre et transmettre.
5/ Accompagner les entreprises à l'international.
6/ Représenter les intérêts des entreprise.
100 millions d'euros de financement pourraient disparaître
« Le réseau CCI France emploie 14.000 collaborateurs et accompagne plus de 1,1 million de porteurs de projets par an. Les chambres de commerce et d'industrie interviennent dans la gestion d'infrastructures, de régies, de ports de commerce, de parcs d'exposition... », a illustré de son côté Alain Di Crescenzo.
Au centre de cette convention, dont la signature néo-aquitaine suit celle du 12 février dernier à Paris pour le niveau national, se trouvent les 525 millions d'euros de taxes pour frais de chambre consulaire, qui alimentent le fonctionnement du réseau des CCI. Un budget qui a été à plusieurs reprises revu à la baisse au cours des dernières années et qui semble sur le point de subir une nouvelle révision à la baisse.
« Ces 525 millions d'euros sont à l'origine de la création de 2,5 milliards d'euros de richesses, en chiffre d'affaires, en recrutements, en investissements.... Nous signons ce contrat d'objectifs et de moyens car nous sommes un établissement public sous tutelle de l'Etat. Le projet de loi de finances (PLF) 2024 prévoit de nous retirer une partie de nos ressources. Soit 100 millions d'euros en moins sur nos 525 millions. Ce qui représenterait à terme la perte de 1.800 emplois et rendrait caduque cette convention que nous allons signer. Chaque euro injecté dans le réseau des CCI entraine la création de 5 euros de richesse », a défendu en substance Alain Di Crescenzo.
Le préfet de Nouvelle-Aquitaine connait la valeur des CCI
Le préfet Etienne Guyot, qui a lui-même été directeur général de la CCI Paris Ile-de-France, connait bien la problématique des chambres de commerce et d'industrie. Après avoir rappelé que leurs élus sont bénévoles parce qu'ils défendent l'intérêt général et que les CCI ont une présence forte sur le territoire, le préfet de Nouvelle-Aquitaine a expliqué qu'il était légitime que l'Etat fasse profiter les CCI du plan France 2030, doté de 54 milliards d'euros à injecter en cinq ans dans dix secteurs d'activité. La transition écologique constituant l'un des objectifs majeurs de ce plan national.
Newsletter
Ma Tribune
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.
« Les CCI ont totalement rempli leur contrat vis-à-vis de l'Etat. On l'a bien vu lors de la crise Covid » a éclairé Etienne Guyot, avant d'évoquer les négociations entamées avec la Région Nouvelle-Aquitaine, présidée par Alain Rousset, sur la question des mobilités.
Dans le cadre du nouveau contrat de plan, l'enveloppe consacrée aux transports va ainsi passer de 99 millions d'euros par an (de 2015 à 2022) à 150 millions d'euros annuels de 2023 à 2027. A la question des infrastructures en général, s'ajoute celle du GPSO, chères au cœur d'Etienne Guyot, qui a été préfet coordonnateur de ce projet ferroviaire à 14 milliards d'euros quand il était en poste à Toulouse. Le préfet de Nouvelle-Aquitaine comprend parfaitement l'inquiétude du patron de CCI France et s'intéresse au dossier.