Incendies : la base de sécurité civile de Libourne attend l'État

Maxime Giraudeau

Libourne a été retenue en août 2023 pour accueillir une base de la sécurité civile afin d'intervenir sur les grands incendies.
MG / La Tribune

Maxime Giraudeau

Libourne a été retenue en août 2023 pour accueillir une base de la sécurité civile afin d'intervenir sur les grands incendies.
MG / La Tribune
Sur le front des incendies, la saison estivale qui s'achève a largement épargné la France. Il n'en va pas de même pour la Grèce, victime de plusieurs mégafeux qui ont brûlé quelque 150.000 hectares à travers le pays. Soit le double de ce qui était parti en fumée il y a deux ans sur le sol français. Pendant ce temps, à Libourne, les premiers contingents militaires ont été incorporés à la toute nouvelle et quatrième base de la sécurité civile de France, active depuis le 27 août. Une centaine de personnes qui aurait certainement voulu se mobiliser pour aider les voisins européens cet été.
Selon le calendrier dévoilé en août 2023, à l'annonce de la sélection libournaise, la base devait fonctionner dès le printemps 2025 pour intervenir sur les feux de forêt avec des moyens d'intervention aériens. D'ici là, les effectifs devaient même être portés à 170 en fin d'année puis 320 dont des militaires spécialistes des catastrophes naturelles pour l'année prochaine. Mais l'inertie institutionnelle, entraînée par la crise politique après les élections européennes, pourrait retarder les opérations. A ce jour, l'État ne s'est toujours pas porté acquéreur des terrains et des anciennes casernes a ainsi indiqué Philippe Buisson, le maire (PS) de Libourne, lors de sa conférence de presse de rentrée.
« L'arrivée du régiment n'est pas remise en cause mais le rythme des appels d'offres est freiné. Aujourd'hui, je n'ai pas du tout l'assurance que l'État financera l'acquisition des casernes cette année, explique-t-il. C'est une équation budgétaire compliquée pour nous car elle représente beaucoup de dépenses. » En l'occurrence, quatre millions d'euros pour la ville. La vente de l'ensemble du foncier et des anciennes casernes militaires en pierre désertées depuis 2009 doit être conclue pour un montant équivalent.
Mais même si la transaction doit attendre 2025, cela ne retarderait pas l'arrivée des prochains contingents, assure l'élu. L'État devra pourtant accélérer puisqu'une partie des premiers arrivants sera logée dans des habitats modulaires, le temps d'accomplir la rénovation de ces bâtiments construits aux 18e et 19e siècle. À terme, 580 militaires occuperont la base à horizon 2027 selon le calendrier. Avec leurs familles, ce sont 1.200 à 1.500 personnes qu'il faudra accueillir sur le territoire libournais. Le ministère de l'Intérieur avait il y a deux ans parlé d'un investissement global de 318 millions d'euros.
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Une partie sera logée sur site quand le reste du personnel devra habiter à moins d'une heure, voire moins de 30 minutes pour certains. Aucun programme de construction neuve n'est prévu à ce stade. Le bailleur CDC Habitat s'est en revanche engagé à faciliter l'accès aux 2.300 logements dont il dispose dans le périmètre requis. La relance du site militaire est très attendu dans le Libournais, où l'abandon du projet porté par Michel Ohayon sur les anciennes casernes avait retentit comme un échec et où, désormais, la crise viticole frappe de plein fouet l'économie locale.
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