Produire du logement à l'heure de la sobriété foncière : une impasse pour les collectivités ? À La Rochelle, l'agglomération étudie la densification de son tissu urbain pour continuer à accueillir les populations. Ce qui va créer quelques soucis d'acceptabilité et de fiscalité.La Rochelle accueille du 18 au 20 septembre les Assises nationales de la biodiversité. L'occasion d'échanger sur les services rendus par les écosystèmes et de débattre de l'application des réglementations nouvelles censées les protéger. Dans l'agglomération maritime, il y a urgence à enrayer le phénomène d'artificialisation et d'étalement urbain soutenu par la poussée démographique. Pour l'urbanisation, les règles du jeu vont se tendre.
« On s'est doté de règles strictes dans nos documents d'urbanisme : 75 % des nouveaux logements doivent être produits dans les zones déjà urbanisées. Les espaces de construction doivent donc devenir des espaces rares », pose Florence Nassiet, urbaniste pour la Communauté d'agglomération de La Rochelle. La consommation foncière illimitée est révolue. Le Plan local d'urbanisme partagé par les 28 communes fixe un contingent maximal de 450 hectares pour la décennie, deux fois moins que ce qui était potentiellement constructible auparavant.
Densification horizontale et verticale
Mais avec 180 hectares de surplus, le rythme est encore trop élevé par rapport aux objectifs de la réglementation Zéro artificialisation nette (ZAN) qui impose une réduction de moitié de la consommation des surfaces pour la décennie. Puisque le territoire veut s'accrocher à sa croissance démographique, il faut étudier des pistes pour rentrer dans les clous. Parmi elles, la densification fait son chemin. Les urbanistes cherchent à voir si le bâti existant peut accueillir des extensions, aussi bien à la verticale qu'à l'horizontal. Les immeubles sont ainsi inspectés pour voir s'ils peuvent accueillir un ou plusieurs étages supplémentaires. Les espaces autour des maisons individuelles sont quant à eux convoités pour prolonger le bâti.
Dans la culture locale d'une ville comme La Rochelle, construite basse et étalée en bord de mer, la perspective d'une densification urbaine passe mal. « Les gens sont habitués à des habitations de plain-pied ou peu élevées. Quand on commence à parler de R+2, R+3, c'est compliqué pour les habitants. La verticalité se heurte à une faible acceptabilité », relaie Florence Nassiet. Densifier pour éviter l'étalement urbain, mais jusqu'à quel point ? Les nécessités de préserver des espaces verts à l'extérieur et de la lumière dans les logements sont cernées par le nouvel enjeu foncier.