Friches, logement social : les chantiers de l'Établissement public foncier Nouvelle-Aquitaine
Maxime Giraudeau
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L'EPF Nouvelle-Aquitaine s'est porté acquéreur de la manufacture de tabac de Tonneins (Lot-et-Garonne) en 2023.
Mairie de Tonneins
Un an après le vote de sa nouvelle stratégie pluriannuelle, l'Etablissement Public Foncier de Nouvelle-Aquitaine s'active sur des projets très en lien avec les mutations territoriales actuelles. Entre déploiement du logement social, dynamisation des espaces ruraux et reconversion des friches industrielle, la foncière se voit courtisée par les collectivités.
Impulser la construction de 16.500 logements d'ici 2027. C'est la mission confiée à l'Établissement Public Foncier de Nouvelle-Aquitaine dans un contexte de crise pour le secteur du bâtiment. Cet opérateur public sous tutelle de l'État a bouclé 250 acquisitions foncières en 2023 pour un total de 43 millions d'euros. Un montant record et bien nécessaire pour répondre à l'objectif fixé.
Avec une conjoncture défavorable pour le logement neuf, la capacité d'actions renforcée de l'EPF constitue une des clés pour relancer la production. Sur dix des douze départements de la région, l'Établissement, avec une équipe de 65 personnes, assure le portage foncier de terrains pour les collectivités grâce à un budget abondé par la taxe d'aménagement, des fonds propres en augmentation et les produits des ventes. Un statut qu'il partage avec les EPFL locaux implantés sur le littoral des Landes, au Pays basque, dans le Béarn et sur l'agglomération d'Agen.
L'opérateur agit avec un stock tournant puisque les terrains sont gardés en portefeuille huit ans au maximum. Un argent disponible bien utile pour avancer sur ses trois grandes missions et proposer des solutions aux collectivités qui font appel à lui.
La machine est grippée pour le logement social, comment la relancer ? En constituant des réserves foncières stratégiques répond la préfecture de Nouvelle-Aquitaine, qui a missionné l'EPF d'État et les EPF locaux pour mener des études sur les quatre départements littoraux. Si les résultats doivent être communiqués au printemps, Sylvain Brillet, le directeur général de l'EPF régional, relaie déjà auprès de La Tribune de premiers constats.
« En Charente-Maritime, l'étude que nous avons menée révèle qu'il faut réorienter la façon de faire. Jusqu'ici, on priorisait les commune classées SRUen zone littorale [celles tenues d'atteindre 25 % de logement social, ndlr] mais il y a aussi besoin d'une production sur des zones détendues, comme dans les agglomérations de Saintes et Jonzac. Les entreprises s'y installent et créent des emplois mais l'offre de logement n'y est pas suffisante », explique-t-il.
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