Surtaxes sur le cognac : le ministre des Affaires étrangères ira en Chine pour désamorcer la crise

Maxime Giraudeau

Les viticulteurs de cognac manifestaient le 17 septembre contre les taxes chinoises.
MG / La Tribune

Maxime Giraudeau

Les viticulteurs de cognac manifestaient le 17 septembre contre les taxes chinoises.
MG / La Tribune
« Il y a urgence, chaque jour est compté. » Le Bureau national interprofessionnel du cognac (Bnic) sait toujours trouver les mots quand il faut sonner l'alerte. Ce mercredi lors d'un point presse, l'interprofession du premier spiritueux européen (3 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2024) a annoncé que le gouvernement a enfin accédé à leur première revendication : un déplacement des responsables politiques français en Chine.
Le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères se rendra ainsi à Pékin les 27 et 28 mars prochains. Jean-Noël Barrot aura pour mission de négocier une suspension ou, a minima, un report des taxes douanières sur les spiritueux européens décidées par le ministère chinois du Commerce.
Concrètement, si la sanction a pour l'heure pris la forme d'une caution bancaire sur les importations de spiritueux, elle pourrait se transformer en taxe de 35 % en moyenne dès le 5 avril. L'interdiction de vente dans les duty-free des aéroports chinois est déjà en vigueur depuis plusieurs mois.
Résultats, les ventes en Chine se sont effondrées de -60 % sur les quatre derniers mois par rapport à la même période l'an passé, selon le Bnic. En ajoutant à cela les surtaxes promises par Donald Trump aux États-Unis, le contexte est plus alarmant que jamais pour la filière. « Une situation qui pourrait mener la région cognaçaise à la faillite », craint-on carrément à la tête de l'interprofession.
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Les deux semaines à venir s'annoncent décisives pour la filière qui pèse 70 000 emplois en France. « C'est l'État et l'Union européenne qui nous ont emmenés là-dedans et c'est à eux désormais de nous en sortir très rapidement, martèle Christophe Véral, le vice-président du Bnic. Les Chinois veulent entrer en négociation, il faut donc que le ministre aille en Chine avec des propositions. »
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