Accusée par Jean-Luc Moudenc d’avoir "ruiné" Toulouse, la gauche se défend et réplique
Alexandre Léoty et Gael Cérez
Alexandre Léoty et Gael Cérez
La sortie médiatique de son adversaire UMP l'a fait bondir. Pierre Cohen a peu goûté le sel des annonces faites hier 2 avril par Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole. Et notamment les accusations de son successeur, qui a soutenu devant la presse que "la municipalité précédente a pour ainsi dire ruiné les marges financières de la Ville" et que "cette situation, cachée, a une conséquence brutale. Les réserves constituées pendant trente ans de bonne gestion n'existent plus". Pour Pierre Cohen, ces arguments ne sont pas valables. "Cela fait un an que nous entendons cela, s'agace l'ancien maire socialiste. Non, nous ne sommes pas proches du dépôt de bilan, comme monsieur Moudenc le prétend. En revanche, l'État devrait arrêter, c'est vrai, de diminuer ses dotations. Il faut réviser cette saignée."
Toulouse n'était-elle pas en 2013 - comme l'assure Jean-Luc Moudenc - la dernière du classement des grandes villes de province en matière d'autofinancement, alors qu'elle était en première position en 2008 ? Pierre Cohen ne le nie pas. Mais il nuance : "Si on ne regarde que Toulouse, c'est le cas. Mais si on prend en compte Toulouse, Toulouse Métropole et Tisséo, c'est différent. Il faut étudier les choses de façon consolidée. Je rappelle qu'il y a six ans, la communauté urbaine était en difficulté et Tisséo en banqueroute, ne l'oublions pas ! Grâce à des décisions courageuses, nous sommes parvenus à équilibrer les trois budgets".
Pour l'ancien maire de Toulouse, la "description alarmiste" faite par Jean-Luc Moudenc de la situation financière de la ville est "un artifice destiné à masquer une augmentation d'impôts".
De son côté, Pierre Lacaze, conseiller municipal communiste et président du groupe CRC (Communistes, Républicains et Citoyens) à Toulouse et à Toulouse Métropole, dénonce "un coup de com'". "C'est une droite dure qui est au Capitole, analyse-t-il. Jean-Luc Moudenc a voulu répondre à l'électorat le plus droitier en ciblant la sécurité, avec l'embauche de policiers municipaux et l'installation de caméras de sécurité. En faisant cela, c'est lui qui a mis les comptes de la ville dans le rouge, en termes de budget de fonctionnement. Sur l'investissement, c'est autre chose. Effectivement, nous avons consommé 100 millions d'euros d'épargne, principalement dans le développement des transports en commun, le plan propreté et la rénovation des écoles. Mais c'était des dépenses qu'il fallait faire !".
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Même constat du côté des écologistes. Toulouse au bord de la banqueroute ? "Lol", lâche Antoine Maurice, conseiller municipal et président du groupe Europe Écologie-Les Verts à la mairie. Pour lui, la Ville rose "a une bonne situation comparé à d'autres grandes villes".
Alexandre Léoty et Gael Cérez
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