Les militants LFI se mobilisent à Toulouse contre la privatisation de ADP

Pierrick Merlet

Adp: l'opposition ne desarme pas, le conseil constitutionnel saisi
BENOIT TESSIER

Pierrick Merlet

Adp: l'opposition ne desarme pas, le conseil constitutionnel saisi
BENOIT TESSIER
Hasard du calendrier, le parti Europe Écologie Les Verts (EELV) tient ses universités d'été à Toulouse, du 22 au 24 août, tout comme... La France Insoumise (LFI). Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon (qui sera d'ailleurs absent) a ainsi prévu de réunir environ 3 000 participants jusqu'au dimanche 25 août, au centre de congrès Pierre Baudis. Parmi ces participants, le parti a prévu d'en mobiliser une partie pour une "grande action de signature" sur la privatisation d'Aéroports de Paris (ADP), vendredi 23 août à partir de 17h30.
Face à la volonté du gouvernement de privatiser le groupe ADP (constitué des aéroports du Bourget, Orly et Charles-de-Gaulle) à travers la loi Pacte, 248 parlementaires de l'opposition ont déposé un texte proposant un projet de référendum (185 soutiens parlementaires seulement étaient nécessaires, ndlr) pour que le groupe ADP reste un service public et donc que sa privatisation soit abandonnée. Une fois ce texte validé par le Conseil constitutionnel, la phase de récolte des soutiens des personnes inscrites sur les listes électorales a été ouverte le 13 juin, pour une fermeture prévue le 12 mars 2020.

Capture d'écran du site internet "www.referendum.interieur.gouv.fr/soutien/etape-1".
Si les opposants à la privatisation des Aéroports de Paris veulent obtenir gain de cause, ils doivent recueillir minimum 4 717 396 signatures, soit 10 % du corps électoral. Le ministère de l'Intérieur a enregistré au 1er juillet 480 300 soutiens, soit 10% du nombre des signatures exigées d'ici la date limite, dans le cadre de la procédure du référendum d'initiative partagée (RIP). Mais le chemin est encore long et LFI, favorable à ce RIP, compte jouer sur les déboires autour de l'aéroport de Toulouse et sa privatisation pour mobiliser les Toulousains en faveur de leur initiative et obtenir des signatures.

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Il est vrai que des tensions en interne de la société ATB (Aéroport Toulouse-Blagnac) ont rapidement émergé entre les actionnaires chinois de Casil Europe (49,9% du capital) arrivés en 2015 et les actionnaires locaux (Région, CCI, Métropole et Département). Ces derniers reprochaient aux premiers de vider les réserves de l'aéroport et d'être trop généreux sur leur politique de versement des dividendes aux actionnaires. Depuis, un accord début 2019 a été signé entre toutes les parties et une nouvelle équipe de direction est arrivée. Seulement, Casil Europe cherche désormais à revendre ses parts à Eiffage, avec qui il est entré en négociations exclusives depuis mai. Sauf si la justice venait à annuler la privatisation...
Pierrick Merlet