Départementales : Castanet-Tolosan, le match retour Muriel Pruvot / Arnaud Lafon ?

Sophie Arutunian

Sophie Arutunian
À écouter les petites phrases des uns et des autres, il paraît évident que le prolongement de la ligne B du métro jusqu'à Labège est l'enjeu principal de l'élection départementale sur le canton de Castanet (à cheval sur Toulouse Métropole et le Sicoval). Alors que l'enquête publique doit commencer en avril, le dossier agite la scène politique locale depuis que le maire UMP de Toulouse Jean-Luc Moudenc a fait part de son intention de privilégier une troisième de métro au détriment du PLB.
Le premier à dégainer est le candidat du Modem Arnaud Lafon (en binôme avec la sans étiquette Élisabeth Barral), qui se moque volontiers du PS, à qui il attribue "un carton rouge".
Mais sa position sur le thème du PLB soulève des questions dans les rangs de ses concurrents.
Pour le binôme socialiste Muriel Pruvot (conseillère générale sortante) / Philippe Bagneris, le "retournement de veste" ne vient pas du PS :
Pour Arnaud Lafon, la mise au point s'impose :
Malgré ce débat qui occupe beaucoup les candidats, une conclusion se dégage : sur le canton de Castanet-Tolosan, absolument tous les candidats sont pour le prolongement de la ligne B du métro jusqu'à Labège. "Je n'ai aucun problème à être en accord avec le PS sur ce point" ironise même Arnaud Lafon.
Avec la réforme territoriale, tous les conseillers départementaux de France vont être renouvelés en même temps cette année. Un test pour le gouvernement socialiste.
"Je regrette que cette élection prenne une tournure nationale car on juge une étiquette, pas un produit", souffle Arnaud Lafon.
La dimension nationale de cette élection se retrouve dans les propos des candidats. La candidate divers gauche Dominique Flecher dénonce ainsi "la politique d'austérité du gouvernement qui touche les collectivités et les citoyens. On ne peut pas isoler le contexte local du contexte national". Bérengère Doerler (EE-LV) milite quant à elle pour un "renouvellement de la classe politique". À noter que dans la précédente assemblée départementale, il n'y avait en effet qu'un seul conseiller général EE-LV en Haute-Garonne, Patrick Jimena.
C'est la candidate Front National, Marie Lopau (épouse de l'ex président du FN31 Serge Larroze) qui porte le programme dont la dimension est la plus nationale : "Nous voulons appliquer les idées de Marine Le Pen au niveau départemental". Précisément, Marie Lopau fait campagne sur les finances : "Nous allons regarder les comptes de près, stopper le clientélisme, et gérer le département en bon père de famille". Sur ce point son discours rejoint celui du candidat de droite Arnaud Lafon. En revanche la candidate est la seule à aborder le thème de l'immigration :
Par ailleurs, les compétences historiques du Département se retrouvent dans tous les programmes : la vieillesse, la protection de la petite enfance, des personnes en situation de handicap et en difficultés d'insertion.
Le binôme le plus durement attaqué lors de cette campagne est probablement celui des socialistes Muriel Pruvot et Philippe Bagneris. La conseillère sortante, particulièrement, est pointée du doigt par Arnaud Lafon pour "son bilan inexistant". "Muriel Pruvot n'a jamais existé qu'à travers Pierre Izard", assume le candidat de droite, qui se considère pour sa part "davantage de la trempe des socialistes Georges Méric ou Alain Fillola". Pour rappel, l'élection qui se joue sonne un peu comme une revanche pour Arnaud Lafon : en 2011, aux cantonales, il avait perdu face à Muriel Pruvot.
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Pour la candidate Divers Gauche Dominique Flecher, "la dispersion de la gauche n'est pas de notre faute, c'est le PS qui est en décalage avec les aspirations des citoyens".
Les candidats EE-LV Bérengère Doerler et Michel Sarrailh dénoncent enfin "le mode de fonctionnement très dirigiste de Pierre Izard".
Des attaques qui ne font pas trembler la conseillère sortante, qui défend inlassablement son bilan :
À ses adversaires de gauche, le binôme PS répond :
Mais, étonnamment, une des attaques les plus virulentes vient de l'allié même du PS au niveau départemental : le PRG. Philippe Bapt, président du Cercle des radicaux de gauche de Castanet-Tolosan - Saint-Orens et ancien conseiller municipal PRG de Saint-Orens, assure qu'il n'a pas été associé à la campagne du PS.
L'intéressée se dit surprise de ces déclarations qui arrivent lors de la dernière semaine de la campagne :
Le malaise semble profond entre le PS et le PRG, puisque Philippe Bapt affirme de son côté qu'il "ne serait pas étonné qu'Arnaud Lafon gagne".
Joueur, le maire de Modem de Castanet se livre d'ailleurs volontiers au jeu des pronostics :
"Je donne 20 % à 25 % pour le PS, 20 % à 25 % pour la droite. Les Verts feront 15 % à 20 %, les divers gauche 10 % et le FN 15%", s'aventure le candidat, qui ajoute :
Dans le canton de Castanet, la conseillère générale socialiste l'avait emporté à 2 000 voix près lors des dernières cantonales, en 2011. Mais depuis, l'UMP a remporté de nombreuses communes lors des municipales, notamment Saint-Orens, dont la nouvelle maire Dominique Faure, est divers droite. "Ces 2 000 voix sont récupérables", estime Arnaud Lafon.
De son coté le PS se montre prudent :
Le binôme divers gauche vise le second tour. EE-LV (qui avait recueilli 19% des votes au 1er tour en 2011) envisage déjà une alliance avec le PS dans l'entre deux tours mais prévient :
Enfin, pour la FN Marie Lopau (14% des voix en 2011 au premier tour), un second tour "n'est pas impossible", même si l'ensemble de ses adversaires s'accordent à dire que le canton de Castanet n'est pas une terre fertile pour le Front National.
Sophie Arutunian