Régionales : Gérard Onesta, l'homme providentiel d'EE-LV ?
Sophie Arutunian et Gael Cérez
Sophie Arutunian et Gael Cérez
Une première étape sera franchie ce soir pour EE-LV dans la course aux régionales en Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées. En effet, ce mercredi 15 avril à minuit marque la fin du dépôt des candidatures pour la tête de liste régionale. "Nous devrions avoir 4 ou 5 candidatures maximum", prévoit l'état major d'EE-LV au niveau régional. Les noms, révélés jeudi 16 avril, seront soumis au vote des militants le 25 avril prochain lors d'une assemblée générale qui réunira les quelques 1 000 militants des deux régions, à Carcassonne. Outre la tête de liste régionale, la stratégie du parti écologiste sera également décidée à l'issue d'un vote entre plusieurs motions.
Particularité de ce mode de désignation : c'est au niveau national que sera validée définitivement la tête de liste. Le parti écologiste souhaite en effet assurer la parité de ses candidats au niveau national et étudiera donc de manière globale toutes les candidatures afin d'assurer un équilibre. Chaque nouvelle région doit donc désigner un binôme homme-femme. La dernière étape aura lieu le 6 juin avec la désignation des têtes de liste départementales, qui formeront l'équipe autour de la tête de liste régionale.
Selon nos informations, Gérard Onesta, vice-président de Midi-Pyrénées, devrait sans difficulté devenir le candidat d'EE-LV pour les régionales de décembre prochain. Sa candidature officielle est imminente, et sa motion "de rassemblement" proposerait, selon ses proches, "une ouverture à la société civile, pas d'alliance avec le PS et un programme axé sur l'écologie".
Le principal intéressé n'a pas souhaité nous accorder d'interview.
Gérard Onesta n'en n'est pas à son coup d'essai. Orateur passionné et respecté, il était déjà candidat pour les régionales en 2010 en Midi-Pyrénées. À l'époque, la liste qu'il dirige arrive loin derrière celle de Martin Malvy en recueillant 13,46 % des voix. L'ancien eurodéputé est depuis vice-président du Conseil régional. Personnage incontournable de la politique locale, il est reconnu pour sa facilité d'élocution, ses bonnes formules et la précision de son analyse.
"Il a une vision globale, régionale et européenne, une réelle expérience et une capacité de rassemblement autour de lui", commente un autre élu régional, l'écologiste Guillaume Cros (par ailleurs candidat comme tête de liste départementale dans le Tarn).
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Habitué des médias, c'est d'ailleurs à la télévision que Gérard Onesta a choisi d'annoncer ce soir sa candidature pour la tête de liste régionale. Une candidature perçue comme "naturelle" pour ses soutiens, en Midi-Pyrénées comme en Languedoc-Roussillon. Ainsi, selon Jean-Louis Roumégas, député EE-LV de l'Hérault :
"Il n'y a pas d'homme providentiel." La précision vient de certains militants EE-LV en Midi-Pyrénées, parfois agacés de voir Gérard Onesta se positionner en "leader incontestable et incontesté". La grosse tête ? "Je comprends cette critique mais Gérard Onesta est à l'écoute et ne travaillera pas tout seul", défend son soutien Guillaume Cros. "Gérard Onesta a un égo très développé, mais il reste la bonne personne pour mener cette campagne", confie un militant toulousain.
Les autres candidats à l'investiture pour la tête de liste régionale ne sont pas non plus officiellement connus, mais il y aurait peu de candidatures. L'ancienne eurodéputée Catherine Grèze, très active sur le dossier Sivens notamment, a renoncé le 26 mars dernier. Dans une lettre aux militants, elle explique :
Préférant se consacrer à la préparation de la COP 21, Catherine Grèze critique également le "machisme" qui imprègne EE-LV où "90 % des mandats sont occupés par des écologistes au masculin".
C'est justement une femme qui pourrait venir présenter une autre candidature régionale. Il s'agit d'Agnès Langevine, la responsable EE-LV de Perpignan (Languedoc-Roussillon). Pourtant, "elle a clairement dit qu'elle soutenait Gérard Onesta, assure Jean-Louis Roumégas. Elle devrait être tête de liste départementale pour les Pyrénées-Orientales." Cette candidature pourrait néanmoins permettre de former le fameux binôme homme / femme.
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À noter que certaines têtes de listes départementales pourront ne pas être issues d'EE-LV, puisque le parti va probablement ouvrir ses rangs à la société civile pour mener campagne. La liste finale, menée par la tête de liste définitive, comptera presque 200 noms.
Sophie Arutunian et Gael Cérez
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