Exclusif : Michaël Delafosse donné gagnant aux municipales de Montpellier

Les candidats aux municipales de Montpellier : Delafosse, Altrad et Saurel
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Les candidats aux municipales de Montpellier : Delafosse, Altrad et Saurel
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Ces élections municipales à Montpellier n'en finissent plus de surprendre... Émiettement de l'offre électorale au premier tour avec 14 candidats, un maire sortant (Philippe Saurel) absent de la campagne du premier tour car « pas suffisamment en forme » après une opération du genou, la liste EELV donnée gagnante en septembre 2019 puis divisée par des querelles internes jusqu'à former trois listes sur la ligne de départ. Et dans la course, le chef d'entreprise milliardaire (et président du club de rugby montpelliérain) Mohed Altrad et le trublion youtubeur Rémi Gaillard.
Autre composante non négligeable de l'équation, un taux d'abstention record de 65,4 % en pleine crise sanitaire de Covid-19, qui donne une légitimité toute relative aux trois candidats en lice au second tour : Philippe Saurel (DVG), Michaël Delafosse (PS-PCF), et le capitaine d'industrie Mohed Altrad (SE), ayant respectivement emporté leur « qualification » avec 19,1 %, 16,6 % et 13,3 % des voix au premier tour.
Entre temps, le jeu des alliances s'est exercé. Si Philippe Saurel, fidèle à sa posture hors parti, continue en solo avec sa liste "Montpellier la citoyenne", le socialiste s'est naturellement allié à la candidate EELV Coralie Mantion, et Mohed Altrad, plus curieusement, avec le trio Clothilde Ollier (dissidente EELV), Alenka Doulain (collectif #NousSommes, soutenu par LFI) et Rémi Gaillard.
Dans le sondage exclusif IFOP-La Tribune, réalisé du 11 au 13 juin 2020, les 601 personnes sondées (un échantillon représentatif de la population de Montpellier) ont été soumises à la question « Si dimanche prochain devait se dérouler le second tour des élections municipales pour élire votre maire, ici à Montpellier, pour laquelle des listes suivantes y aurait-il le plus de chances que vous votiez ? » : 39 % ont répondu pour la liste "Montpellier unie" conduite par Michaël Delafosse, 34 % pour la liste "Montpellier La Citoyenne" du maire sortant Philippe Saurel, et 27 % pour la liste "Le cœur et l'action" conduite par Mohed Altrad.
Pour Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l'IFOP, le résultat est « net ».
L'autre enseignement de ce sondage, c'est la démonstration que la simple addition mathématique des voix rassemblées individuellement au premier tour ne fonctionne souvent que sur le papier... Ainsi, les vertus de l'alliance Altrad-Ollier-Doulain-Gaillard, qui pourrait monter à près de 40 %, ne se vérifieraient pas dans les urnes puisque leur liste décroche dans le sondage, avec 27 % des intentions de vote. Cet attelage qualifié de « baroque » va encore devoir convaincre sur sa cohérence politique (au moment de l'accord, les membres LFI qui soutenaient Alenka Doulain et Clothilde Ollier se sont désolidarisés)...
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L'analyse plus fine des sondés sur les tranches d'âge est peu segmentante. Elle révèle que 39 % des moins de 35 ans voteraient pour Michaël Delafosse, 32 % pour Mohed Altrad et 29 % pour Philippe Saurel.
Chez les 35 ans et plus, le chef d'entreprise est un peu plus à la peine, avec 23 % des intentions de vote seulement, contre 40 % pour le candidat socialiste et 37 % pour le maire sortant. Quant aux retraités, ils donneraient d'abord leur voix à Michaël Delafosse (40 %), puis à Philippe Saurel (33 %) et enfin à Mohed Altrad (27 %).
Selon l'observation des professions exercées par les personnes sondées, les catégories supérieures (artisans, commerçants, professions libérales, cadres supérieurs) votent pour Michaël Delafosse (50 %) plutôt que pour les deux autres (25 % chacun), et les catégories populaires (employés, ouvriers) plutôt pour le maire sortant (39 %) et le candidat socialiste (37 %) que pour le chef d'entreprise (24 %).
Du côté des lignes politiques, le sondage donne à voir des proximités partisanes pas toujours attendues... 56 % de ceux ayant voté Jean-Luc Mélenchon et 85 % de ceux ayant voté Benoît Hamon lors de l'élection présidentielle de 2017 iraient voter le 28 juin prochain pour Michaël Delafosse. Mais 45 % de ceux ayant voté Emmanuel Macron et 43 % de ceux ayant voté François Fillon iraient voter... pour Philippe Saurel.
Enfin, c'est parmi ceux qui ont voté pour Marine Le Pen en 2017 que l'on retrouve le plus d'intentions de vote pour Mohed Altrad (50 %), quand 38 % iraient voter pour Philippe Saurel et 12 % pour Michaël Delafosse. Les autres soutiens du candidat chef d'entreprise viendraient des électeurs ayant voté pour François Fillon (34 %), pour Emmanuel Macron (22 %) et même Jean-Luc Mélenchon (18 %).
Par rapport au vote du 1e tour, globalement, chaque candidat récupère ses voix : 91 % de ceux ayant voté pour Michaël Delafosse au premier tour iront voter pour lui au second. Même proportion chez Philippe Saurel.
Mais la continuité électorale est moins nette pour le candidat Altrad, qui pourrait assister à une ventilation des votes, payant probablement là aussi le doute distillé par l'alliance hétéroclite conclue dans l'entre-deux tours : 74 % de ses électeurs du premier tour voteraient aussi pour lui au second, mais il perdrait 20 % d'entre eux au profit du candidat socialiste et 6 % au profit du maire sortant.
Le candidat a présenté son programme le 12 juin, soit en plein milieu du sondage. L'annonce d'un plan de relance de plus d'1 Md € pourrait-il à terme modifier la perception des électeurs et donc leur intention de vote ? « Il est peu probable que ça fasse bouger les lignes », répond Frédéric Dabi.
Le sondage n'a pas interrogé l'impact de la crise sanitaire sur les préoccupations des électeurs, notamment leurs inquiétudes sur la situation économique et sociale à venir. Sur ce point également, le directeur général adjoint de l'IFOP, s'appuyant sur d'autres sondages récents, estime que cette considération entraîne en général peu de changement dans les intentions de vote. Certainement les citoyens estiment-ils que cela relève de la politique nationale plutôt que de décisions à l'échelle de la ville ou de la métropole.
Il reste encore douze jours aux trois candidats pour faire campagne. Largement le temps pour de nouveaux rebondissements. Comme celui initié par le maire sortant le 12 juin, quand il annonçait mettre un terme à la vaste opération d'urbanisme commercial Shopping Promenade Ode à la Mer. Un projet très clivant sur lequel, notamment, le candidat socialiste s'était fermement engagé à mettre un terme s'il était élu. C'est chose faite avant même les élections...
Rappelons que les deux hommes ont été un temps camarades au sein du Parti socialiste avant d'être adversaires, Philippe Saurel ayant quitté le parti en 2014 parce qu'il n'avait pas obtenu l'investiture pour se lancer à la conquête de la mairie.
Un sondage restant un sondage, c'est-à-dire une indication significative de l'état des rapports de force et non des éléments prédictifs, les jeux ne sont pas faits. Et sur cet échiquier, les abstentionnistes ont en main des cartes encore inconnues à abattre.
Les trois points à retenir de ce sondage, présentés par Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l'IFOP.
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Retrouvez le sondage sur le site de l'IFOP ici.
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