Le ministre délégué auprès du ministre de l'Économie, des Finances et de la Relance, chargé des petites et moyennes entreprises (ancien président de l'Union des entreprises de proximité, U2P) était en visite le 28 août à Montpellier où il a rencontré une quarantaine de chefs d'entreprises de la région. Objet de ce déplacement, à une semaine de la présentation du plan de relance (le 3 septembre) : entendre les réflexions des acteurs économiques sur la nécessaire (et tellement attendue) simplification des procédures administratives.
Il aura martelé à de nombreuses reprises que dans cette crise sanitaire, « l'Etat fait beaucoup ».
« S'il n'y a pas d'entreprise, il n'y a pas de sécurité sociale, pas de retraite, et au final pas d'autoroutes ou d'écoles, etc.,lance le ministre, un brin courtisan, aux dirigeants d'entreprises depuis les salons de la préfecture de l'Hérault.C'est l'entreprise qui crée des richesses et elle doit être considérée comme prioritaire. En conséquence, on fait tout pour la sauver. Il faut toutes les chérir car elles sont indispensables, c'est l'une des leçons à tirer de la crise. »
Pourtant, en plein cœur de la crise, certains chefs d'entreprises sont à la peine car pas toujours éligibles à certains dispositifs. Ainsi, dans les secteurs les plus touchés par la crise (culture, sport, tourisme, événementiel), l'Etat prend en charge l'intégralité de l'indemnité versée aux salariés en chômage partiel. Mais Philippe Beille, le dirigeant de l'entreprise Duo (Lansargues - 34), dénonce la difficulté qu'il a à obtenir une réponse claire de l'administration en raison du système d'attribution basé sur le code APE de l'entreprise : « Nous fabriquons des stands pour les entreprises participant à des salons et comme il n'y a plus de salons, notre activité s'est arrêtée. Pour autant, nous ne sommes pas classés dans le secteur événementiel et nous ne sommes pas sûrs de pouvoir bénéficier de certaines aides car nous ne sommes pas dans la bonne case APE ! Cette incertitude administrative fait qu'on est obligés d'aller vers un plan de sauvegarde de l'emploi pour 40 à 50 personnes car nous ne sommes pas sûrs de pouvoir recourir au chômage partiel. Je suis condamné par la non-réponse de l'administration ! ».