Fusion Métropole / Département : "le chantage n'a pas sa place" pour Jean-Luc Moudenc

Florine Galéron

jean luc moudenc
Rémi Benoit

Florine Galéron

jean luc moudenc
Rémi Benoit
C'est le sujet qui crispe depuis plusieurs semaines les relations entre Toulouse Métropole et le Conseil départemental de la Haute-Garonne. Le gouvernement réfléchit à une fusion des Départements et des Métropoles de taille européenne à l'instar de Toulouse. Le projet a provoqué l'ire de Georges Méric, le président du Conseil départemental de Haute-Garonne qui s'est dit prêt le 23 novembre dernier dans une interview à la Tribune Toulouse à annuler tous les accords de subventions passés avec la Métropole depuis 2015 si la fusion est imposée. De quoi remettre en cause des projets comme la troisième ligne de métro, ou un nouveau pont sur la Garonne au nord de l'agglomération toulousaine.
L'édile qui considère que les citoyens "ne veulent pas d'une querelle institutionnelle" estime :
La salle était comble pour écouter le maire de Toulouse. / (Crédits : Rémi Benoit).
Autre dossier brûlant du moment : l'entrée en vigueur d'un mode de gestion de l'eau commun aux 37 communes de Toulouse Métropole en mars 2020. Jean-Luc Moudenc va proposer le 13 décembre prochain, en conseil métropolitain, le choix d'une DSP (délégation de service public) attribuée à Veolia pour l'eau et Suez pour l'assainissement. Contre toute attente, les deux délégataires ont proposé des prix largement inférieurs à la régie publique (2,95 euros pour la DSP contre 3,46 euros pour la régie).
L'élu ajoute que dans le cahier des charges il est prévu aussi un "doublement des investissements pour l'entretien des canalisations, de 12 à 24 millions d'euros par an" et qu'"un contrôle citoyen sera instauré" avec la possibilité pour le monde associatif de siéger au sein des conseils d'administration et surveillance des sociétés en charge de la gestion de l'eau.
L'élu a tenu à rassurer sur la gestion du dossier de l'eau. / (Crédits : Rémi Benoit).
Du côté des transports, la partie n'est toujours pas gagnée pour l'arrivée d'une ligne à grande vitesse entre Bordeaux et Toulouse. Lors de la présentation de la loi d'orientation des mobilités (Lom) lundi 26 novembre, par la ministre des Transports, Élisabeth Borne, il a été rappelé que ce tronçon faisait partie des cinq LGV prioritaires en France. Pour autant, les travaux seraient échelonnés en trois phases, ramenant l'entrée en service de la LGV Paris-Bordeaux-Toulouse à l'horizon 2037.
L'élu souligne que le projet du Grand Paris "va coûter 35 milliards d'euros" et qu'il vient "d'obtenir une rallonge financière de la part de l'État". Pour Jean-Luc Moudenc, au-delà du gouvernement, il faudra surtout convaincre Bercy. "Pour la LGV, le combat c'est avec Bercy et plus particulièrement sa direction du budget qui censure tous les ministres".
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Le maire estime pouvoir mettre la LGV en fonction dès 2030 grâce au modèle de financement du Grand Paris Express. / (Crédits : Rémi Benoit).
Alors que la Cour des comptes a dépeint dans un rapport publié le 13 novembre dernier "l'échec de la privatisation de l'aéroport de Toulouse", Jean-Luc Moudenc n'a pas voulu commenter cette enquête "pour ne pas recréer des crispations".
Sur la question des gilets jaunes, Jean-Luc Moudenc considère que "le problème est qu'au niveau national les différents gouvernements ont laissé perdurer le diesel tout en faisant adoptés des lois en faveur de la transition énergétique. À travers la crise actuelle des gilets jaunes, on paie 20 ans de schizophrénie de l'État. Je comprends que les gens se révoltent même si cela ne justifie pas certains comportements violents".
Interrogé sur sa proximité avec le gouvernement actuel, Jean-Luc Moudenc avance qu'il "essaie d'être compatible avec tous les gouvernements", rappelant qu'il avait déjà été déclaré "Cazeneuve-compatible", sous Hollande. "Je suis tantôt d'accord, tantôt pas d'accord. Sur la LGV, j'ai exprimé mon désaccord tout comme j'ai fait part à mon ami Édouard Philippe de l'ampleur de notre désaccord sur la politique du logement social".
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À un an et demi des élections municipales, Jean-Luc Moudenc se déclare concentré sur ses dossiers plutôt que "d'entrer en combat électoral". Concernant l'émergence de candidatures dans l'opposition à gauche, l'élu glisse : "Je regarde tout ça de loin et c'est un paysage vivant".
Florine Galéron