Décarbonation : la géothermie sur sondes, l'arme de Géotec

Le groupe Géotec - fondé il y a presque 50 ans à Quetigny, près de Dijon - a posé 10 km de sondes géothermiques verticales à 100 mètres de profondeur pour chauffer et rafraîchir la future plateforme de distribution régionale de Monoprix à Moissy Cramayel (77). Une technologie encore peu répandue en France. Explications.

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(Crédits : GEOTEC)

« Si la pose d'un réseau de 10 kilomètres linéaires de sondes - 100 sondes x 100 mètres de profondeur - n'est pas une première en France, ce type de projet est encore rare et peu d'opérateurs en maîtrisent totalement l'exécution », souligne Frédéric Barnoud, directeur du groupe Géotec.

La filiale du groupe, Géotec Énergie, appuyé par Énergie Verbeke, a dû relever plusieurs défis techniques, pour livrer ce chantier nécessaire aux échanges thermiques du vaste bâtiment de 100 000 m2, future plateforme logistique régionale de Monoprix à Moissy Cramayel. Toutefois, « Ce n'est pas tant la technologie qui a été la plus difficile à gérer mais le respect du planning car il a fallu faire beaucoup de pédagogie, notamment auprès des maîtres d'ouvrage qui ne connaissent pas forcément cette production d'énergie, encore trop peu répandue dans notre pays », confie Frédéric Barnoud.

Le projet de géothermie s'inscrit en parallèle de la construction du bâtiment avec de nombreux acteurs qui doivent se coordonner entre eux. Pour la régulation thermique de cette plateforme, chauffée en hiver et rafraîchie en été, Prologis, principal propriétaire, opérateur et développeur spécialisé en immobilier logistique en France, a choisi d'implanter une chaufferie bas carbone alimentée par géothermie sur sondes.

Financé à hauteur de 25 % par le fonds Chaleur de l'Ademe et la Région Île-de-France, ce projet est le premier bâtiment logistique au monde à obtenir la certification « Zero Carbon », délivrée par l'International Living Future Institute (ILFI). Conçue et suivie par Accenta, la chaufferie bas carbone a également mobilisé ́ plusieurs acteurs autour de FLEXIM, entreprise générale et Séti, maître d'œuvre du projet.

Les sondes géothermiques verticales, une régulation thermique renouvelable

« Pourquoi la géothermie sur sonde n'est-elle pas plus développée en France ? », s'interroge Frédéric Barnoud.

Sans doute par méconnaissance ou confusion... Pourtant cette solution d'avenir s'inscrit dans l'ambition mondiale de décarbonation. Il faut distinguer deux grandes familles : la géothermie profonde qui puise de la vapeur d'eau à 3 km sous terre et fait tourner des alternateurs qui produisent de l'électricité et la géothermie peu profonde qui s'arrête à 200 mètres, dans laquelle il y a encore de sous-familles : la géothermie sur nappe qui puise les calories dans la nappe et la géothermie par sonde qui consiste à faire circuler, en circuit fermé, de l'eau dans un réseau de tubes en polyéthylène formant un double U dans des forages. Les travaux réalisés par Géotec relèvent de la géothermie sur sonde. Pour expliquer cette technologie, Frédéric Barnoud nous propose cette analogie :

« Imaginez un tuyau d'arrosage plié en deux où vous faites circuler un flux de l'eau à 200 mètres de profondeur, souvent additionnée d'antigel. Ce fluide qui passe dans les tuyaux se réchauffe l'hiver et se refroidit l'été - à partir de 15 mètres le sol reste toujours entre 12 et 15 degrés - ensuite il passe dans un compresseur puis dans une pompe à chaleur. »

La géothermie permet une production d'énergie sans intermittence - contrairement à l'éolien ou au solaire - recyclable à l'infini - contrairement aux batteries électriques et invisibles sur le site où elle présente. Cette énergie renouvelable présente un retour sur investissement de dix ans dans le tertiaire selon l'Ademe.

Les sondes géothermiques verticales

« Notre objectif est de doubler notre activité en géothermie d'ici cinq ans »

L'entreprise familiale créée en 1973 à Quetigny, en Côte-d'Or, connaît une croissance de 10 % chaque année. Acteur majeur en France de la géotechnique maritime et portuaire, et spécialiste dans les métiers du sol, le groupe Géotec souhaite s'orienter davantage vers la géothermie pour donner du sens à son activité « la géothermie nous permet de prendre part à la décarbonation et de participer aux changements des mentalités et d'une autre façon de consommer l'énergie », explique Frédéric Barnoud. « Notre objectif est de doubler notre activité en géothermie d'ici cinq ans », précise-t-il.

Pour l'instant, la géothermie ne représente que 7 % du l'activité globale de l'entreprise. En cinq ans, depuis que le fils a repris la direction, le groupe Géotec a doublé son chiffre d'affaires, passant de 45 millions d'euros en 2016 à 90 millions d'euros en 2021 et compte 800 salariés (dont 300 ingénieurs).

« Nous avons opéré à la fois une diversification géographique avec 20 sites en France métropolitaine, mais aussi dans les DROM COM et en Afrique francophone et une diversification des compétences en rachetant notamment Verbeck, le leader de la géothermie en Belgique », explique Frédéric Barnoud. « Grâce aux connaissances acquises auprès de Verbeck, nous espérons devenir le premier opérateur de géothermie en France d'ici cinq ans », poursuit-il.

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Commentaire 1
à écrit le 03/02/2022 à 20:28
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un cop a 5 c''est vrai que ça peut être intéressant, mais quels travaux, ça coute combien de mettre en place le principe

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