Agri-agro : CEA Tech Bretagne dans le transfert technologique au service des PME

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CEA Tech Bretagne interviendra plus particulièrement dans les domaines des productions végétales (horticulture, serres, plein champ), animales (élevage) et produits de la mer, ainsi que dans l'agroalimentaire.
CEA Tech Bretagne interviendra plus particulièrement dans les domaines des productions végétales (horticulture, serres, plein champ), animales (élevage) et produits de la mer, ainsi que dans l'agroalimentaire. (Crédits : Vincent Coronini)
Lancée fin juin à Quimper, la nouvelle plateforme CEA Tech Bretagne se met au service des entreprises agricoles et agroalimentaires, PME et ETI en priorité. Objectif : accélérer les innovations dans les domaines de l’agriculture et de l’industrie agroalimentaire du futur. L’ouverture d’un showroom est fixée au printemps 2019.

La Bretagne se rêve en "leader européen du bien manger". C'est tout du moins la feuille de route que se fixe Loïg Chesnais-Girard, le président de la Région. Il a expliqué le 4 septembre à Rennes comment le territoire, une des « premières régions d'élevage en Europe », veut accompagner les mutations de l'agriculture et de l'industrie agroalimentaire. Soucieux de rompre avec l'image d'une production de masse et de transformer les filières pour mieux valoriser des produits de haute qualité, l'accompagnement régional mise notamment sur l'innovation et la technologie.

Dans ce contexte, l'officialisation le 28 juin dernier à Quimper de l'implantation d'une plateforme CEA Tech de transfert technologique, dédiée aux procédés de l'agroalimentaire et de l'agriculture du futur, est d'abord un geste politique.

La création d'un CEA Tech Bretagne a, en effet, été activement souhaitée par la Région, dont le budget 2018 consacre 51 millions d'euros à cette filière, le Département du Finistère, qui tient à renforcer l'attractivité de son territoire, ainsi que par la Communauté d'agglomération Quimper Bretagne Occidentale. Dans le domaine de l'agroalimentaire, la ville a depuis longtemps développé une spécificité en matière de recherche et d'innovation.

Solutions dédiées pour les PME et les ETI

CEA Tech Bretagne démarre donc avec un financement alloué par les collectivités et le fonds FEDER de 10,9 millions d'euros sur 4 ans, et dans un périmètre d'intervention ciblé.

Il s'agit de la première implantation thématique sur les huit que la direction de la recherche technologique du Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) possède sur le territoire national (Saclay, Grenoble, Lille, Metz, Toulouse, Bordeaux, Nantes). Depuis 2013, le CEA, via sa filiale CEA Tech, développe une stratégie régionale d'accompagnement des entreprises dans leur démarche d'innovation (compétitivité produits, croissance, applications nouvelles...). Ces cinq dernières années, près de 250 partenaires industriels ont ainsi bénéficié de ses technologies brevetées dans le cadre de contrats de R&D bilatéraux.

« CEA Tech Bretagne se met aujourd'hui au service des entreprises agricoles et des industriels agroalimentaires bretons avec l'objectif d'adapter ses innovations et briques technologiques génériques à de nouveaux champs industriels. En étant au plus près des PME et des ETI bretonnes (équipementiers, transformation...) et de l'écosystème régional, nous pourrons aussi offrir des solutions dédiées, spécifiques à leurs besoins », indique Stéphane Gétin.

Le responsable du CEA Tech Bretagne regarde moins du côté des grands groupes agroalimentaires dans la mesure où le CEA travaille déjà avec des marques telles que Bel, Limagrain, Danone, Bonduelle ou Agrial, dans des domaines comme l'efficacité énergétique, le développement d'outils numériques, les nouveaux matériaux ou la mise en œuvre de capteurs dédiés.

Stéphane Gétin ne s'inscrit pas non plus dans une démarche de concurrence.

« Notre projet est de collaborer avec les opérateurs et outils d'innovation déjà actifs sur le territoire tels que les technopoles, l'association Act Food Bretagne, ou encore le pôle de compétitivité Valorial. Notre vocation est opérationnelle. Typiquement, nous travaillerons par exemple sur des projets labellisés chez Valorial ou dans les centres techniques. »

Confiance dans les filières, pénibilité, réduction des intrants

CEA Tech Bretagne interviendra plus particulièrement dans les domaines des productions végétales (horticulture, serres, plein champ), animales (élevage) et produits de la mer, ainsi que dans l'agroalimentaire. Trois axes d'intervention prioritaires ont été identifiés.

En s'appuyant sur ses technologies et l'expérience du CEA dans le domaine de la microphysique, la plateforme compte travailler sur des solutions destinées à redonner de la confiance dans les filières agroalimentaires. Cela passe par la détection de pathogènes, l'amélioration de l'hygiène des sites ou le développement d'outils pour accroître la réactivité lors de crises sanitaires, du type de celle du lait infantile chez Lactalis.

La Région Bretagne s'est montrée plutôt sensible aux conditions de travail et aux aspects de pénibilités, notamment dans les emplois de la transformation agroalimentaire : CEA Tech Bretagne déploiera donc aussi ses compétences en robotique et analyse des mouvements pour prévenir les troubles musculo-squelettiques et développer des solutions d'accompagnement et des outils de formation. La représentation quimpéroise interviendra également dans les domaines de l'agriculture et l'élevage de précision. L'utilisation de capteurs, de la data et de l'intelligence artificielle vise à réduire l'utilisation de l'eau, de l'énergie, des intrants ou des antibiotiques.

« CEA Tech Bretagne fera le lien entre recherche publique et recherche privée. Des synergies sont envisageables avec des centres techniques comme Adria Développement à Quimper (sécurité alimentaire) ou le laboratoire de l'Anses (sécurité des animaux) », précise Stéphane Gétin. « On se lance avec le soutien des collectivités, mais notre vocation sur le long terme est bien de générer du chiffre d'affaires en travaillant en bilatéral avec les PME et les industriels. L'objectif étant de créer, via des transferts de technologies, de la valeur ajoutée et de l'emploi ».

Actuellement en phase d'installation, la plateforme, qui comptera quatre ingénieurs-chercheurs fin 2018, ouvrira son show-room au printemps 2019 : une vitrine concrète des technologies et des solutions que le CEA est à même de fournir.

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Par Pascale Paoli-Lebailly
correspondante pour La Tribune en Région Bretagne.

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