Cybersécurité : IoT.BZH protège les véhicules connectés

Pascale Paoli-Lebailly, à Rennes

Pascale Paoli-Lebailly, à Rennes
IoT.BZH fait partie de ces startups un peu atypiques. Fondée en juillet 2015, la jeune pousse vannetaise spécialisée dans la sécurisation des véhicules connectée, ne manque ni d'argent ni de clients. Son plan de charge est rempli jusqu'en 2020-2021, et après un premier exercice achevé sur un chiffre d'affaires de 1,3 millions d'euros, elle vise les 2 à 2,2 millions d'euros à fin 2017. Alors que le marché estime qu'il y aura 200 millions de voitures à attaquer en 2020, IoT.BZH surfe sur la vague de la voiture connectée en vendant son expertise à une industrie qui investit massivement dans la R&D. Mais tout ce que produit cette entreprise de 7 ingénieurs (15 à 20 à fin 2017), lauréate du 1er concours Cyber West Challenge organisé en décembre à Vannes, est open source. Financée à 80% par l'industrie japonaise à travers Renesas (composants électroniques), et à 20% par ForgeRock aux Etats-Unis (identité numérique), IoT.BZH a vu sa technologie de sécurisation adoptée par Toyota. Elle vient aussi d'être acceptée par le consortium mondial AGL (Automotive Grade Linux), qui regroupe une communauté d'industriels japonais, mais aussi Ford, Jaguar Land Rover, des intégrateurs de rang 1, des fabricants de technologies (Panasonic) et des fournisseurs de composants tels Microchip.
IoT.BZH développe sa technologie de sécurisation de données (audio/vidéo, écran central, tableau de bord...) pour les premiers véhicules qui sortiront à horizon 2020-2021. A cette échéance, il est estimé que le marché automobile s'enrichira de 50 à 100 milliards de dollars par an et le niveau de sécurité des véhicules sera un facteur clé de l'adoption par le public.
« L'étape d'après sera d'assurer la sécurité du véhicule dans son environnement, qu'il s'agisse de la maison ou de la ville intelligentes et de l'échange entre les voitures mais aussi de fournir des mécanismes de tests", ajoute Fulup Le Foll. Dans cette optique de développement, participer au Cyber West Challenge qui était porté par les agences de développement de Vannes et Lorient, avait son importance. Piloté par Défense conseil international avec des partenaires tels que le groupe Piriou, Diateam, les Écoles de Saint-Cyr Coëtquidan, ACE management, Thales ou encore la Caisse des Dépôts, le concours a permis à IoT.BZH de se faire connaître et d'anticiper un prochain accroissement de ses capacités financières. L'entreprise a des perspectives dans l'industrie automobile européenne et américaine, mais vise à terme d'autres débouchés : transport maritime et aviation, secteur de l'énergie, applications militaires. Une levée de fonds conséquente n'est pas exclue sous 18 à 24 mois.
Doté de 300.000 euros, le Cyber West Challenge a accueilli 10 projets innovants dont celui de l'autre lauréat, l'entreprise malouine de conseil en cyberdéfense Gwagenn. Outre un accompagnement pouvant conduire à une prise de participation au capital, IoT.BZH va bénéficier d'un hébergement d'un an dans une pépinière à Lorient, où la société a décidé d'ouvrir un deuxième site.
En Bretagne, la filière de la cybersécurité et de la cyberdéfense a le vent en poupe avec l'établissement d'un Pôle d'excellence cyber. Or, garder ou attirer sur son territoire des entreprises innovantes dans ce domaine est une des ambitions du Morbihan qui via ce nouveau concours, entend enrichir son écosystème. Le département met déjà en avant ses capacités R&D, ses formations académiques dédiées à la cybersécurité (école d'ingénieurs ENSIBS à Vannes, école militaire de Saint-Cyr-Coëtquidan), ses technopoles Vipe à Vannes et Audélor à Lorient. La présence de l'armée et de grands groupes industriels jouent aussi un rôle structurant. Un deuxième concours est d'ores et déjà programmé en 2017 et pourrait être plus axé sur l'international.
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La Région Bretagne et le ministère de la Défense ont décidé cette année de renforcer la présence du Pôle d'excellence cyber (PEC) au Forum international de la cybersécurité (FIC) qui se tiendra à Lille les 24 et 25 janvier. Aux côtés du PEC, 21 entreprises bretonnes, 5 centres de recherche et écoles d'enseignement supérieur ainsi que 8 entités du ministère de la Défense seront réunis sur un même espace, afin d'illustrer, via des démonstrations et des applications concrètes, l'étendue de leur savoir-faire. L'expertise bretonne mise en avant portera sur différents registres dont le véhicule connecté avec tableau de bord communicant sécurisé, la blockchain appliquée à l'horodatage de documents juridiques, la visualisation de la neutralisation des attaques des objets connectés ou encore l'identité numérique sécurisée ultra-rapide... La jeune pousse rennaise CAILabs sera présente aux côtés de sociétés telles que Amossys, Diateam ou Secure-IC. Elle présentera une démonstration de son innovation développée avec Cisco et visant à protéger, au niveau de la couche physique, les données transmises au sein d'une fibre optique.
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Lancé en février 2014 et constitué de 50 membres ou partenaires, le Pôle d'excellence cyber s'appuie sur un tissu académique et industriel. Il a pour objectif de stimuler le développement de l'offre de formation, de la recherche académique et de l'innovation sous forme de services et de produits. P.P-L.
Pascale Paoli-Lebailly, à Rennes