En Bretagne, il faut « accélérer le transfert de l’innovation dans les entreprises »

Entretien avec Frédéric Rode, directeur général de Bretagne Développement Innovation.
(Crédits : Reuters)

LA TRIBUNE - Quel aurait été le bénéfice d'un rapprochement avec les Pays de la Loire ?

FREDERIC RODE - Au niveau technique et opérationnel, peut-être un peu plus de fluidité sur certains grands dossiers, mais l'économie n'a pas de frontière. Les pôles de compétitivité bretons et ligériens sont déjà sur les deux territoires au moins, de même que la SATT Ouest Valorisation, active dans des domaines comme la santé ou le stockage de l'énergie. Les entreprises l'ont bien compris et les acteurs de différentes régions savent travailler ensemble. Un exemple récent est celui de la réponse conjointe de la Bretagne et des Pays de la Loire à l'appel à projet national sur les réseaux électriques intelligents.


Quels défis la Bretagne doit-elle relever ?

La Bretagne ne doit pas se satisfaire seulement de la R&D ou de filières à faible valeur ajoutée. Son principal challenge est de parvenir à mieux orienter les financements pour accélérer le transfert de l'innovation dans les entreprises. Celles-ci doivent pouvoir augmenter leurs parts de marché sur des secteurs porteurs tels que l'agroalimentaire, les EMR, les smart grids, la cybersécurité, les technologies en santé ou les biotechnologies. Le positionnement historique de la Bretagne sur la filière électronique et technologies du numérique doit être le socle de la révolution numérique et énergétique. Un autre défi est d'attirer plus de talents et d'entreprises sur le territoire, et cela passe aussi par la formation.

Quels sont les objectifs de BDI et de la Glaz économie à horizon 2020 ? Comment y parvenir ?

La combinaison des atouts socles de la Bretagne que sont ses ressources marines, son agro-environnement, ses matières grises et son potentiel dans l'économie numérique, doit redonner à l'économie du dynamisme et de l'emploi. L'objectif premier est de rétablir de la valeur dans des filières comme l'agriculture et l'agroalimentaire. La Bretagne doit aussi bien se placer sur l'économie des véhicules et de la mobilité et savoir tirer parti des opportunités sur des secteurs comme les EMR (énergies marines renouvelables), les réseaux électriques intelligents, la cybersécurité. Pour cela, BDI aide les entreprises à saisir les opportunités offertes par les financements européens et les appels à projet nationaux, à développer des relations durables avec des grands groupes sur des programmes régionaux comme les EMR et à coopérer sur des projets interrégionaux et sur des projets européens (EMR, mobilité, smart grids). BDI est un maillon de la chaîne qui apporte certaines réponses aux besoins des PME.

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Commentaires 6
à écrit le 26/10/2015 à 14:46
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Bonne idée ! Mais qu'on m'explique pourquoi on a un mal fou à trouver du petit salé dans le commerce alors que les éleveurs bretons de cochons manquent, paraît-il de débouchés. C'est absurde. Mais c'est vraisemblablement de la faute des autres, d'u...

à écrit le 26/10/2015 à 10:52
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Si la Bretagne se porte bien, ne devrait-on protester contre les robots financier qui sont organisés pour piller les comptes des petits porteurs, empêcher le financement de la RD qui détruiraient de emplois et pour détruire l’épargne des ménages fran...

à écrit le 26/10/2015 à 10:32
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Pour que la Bretagne attire les talents, il faudrait d'abord qu'elle abandonne sa gestion des ressources humaine du XX ème siècle. Les PME bretonnes que je connais ont conservé une mentalité rurale, qui repose sur un modèle traditionnel local du mana...

le 26/10/2015 à 10:53
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Pour avoir travailler dans des TPE/PME bretonnes (35 principalement) Vous avez mille fois raison !

le 27/10/2015 à 15:06
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+1000 ! Beaucoup ont gardé une mentalité conservatrice qui génère plein de problèmes comme manque de dynamisme, discriminations, mauvaise ambiance, habitudes trop rigides, dictature, mesquineries,...etc..On est en 2015, mais certains ne l'ont pas co...

le 17/11/2015 à 11:33
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Tout à fait d'accord avec vous ! Pour évoluer, il faut, certes améliorer la collaboration en interne (entre les services) mais aussi en externe, avec les fournisseurs, distributeurs etc. Cela doit aller bien au-delà d’un simple échange de documen...

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