Se loger en France (2/10) : Rennes continue sa métamorphose

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(Crédits : Rennes)
Nouvelle gare, deuxième ligne de métro... Rennes Métropole se rêve en ville intelligente, créative, accueillante et garante du vivre ensemble. Son projet urbain Rennes 2030 s'efforce de limiter la spéculation immobilière.

Portée par son essor démographique, économique et sa transformation en métropole, dont le bassin compte 420.000 habitants répartis sur 43 communes, la capitale bretonne reste une locomotive à l'échelle régionale. Selon l'Insee, l'augmentation de population va se poursuivre au moins jusqu'en 2040, tirée par sa proximité avec Paris (1h27 en LGV depuis juillet dernier), sa place centrale dans les domaines du numérique et de la cybersécurité, qui attire des emplois qualifiés, et un taux de chômage de 7,1 %, inférieur de 2 points à la moyenne nationale. Accueillant 66 000 étudiants, la métropole rennaise sait qu'elle doit relever les défis que lui imposent sa forte attractivité et son image de cité où il fait bon vivre.

C'est tout l'enjeu de la réflexion « Rennes 2030 », date où le bassin rennais devrait atteindre les 500.000 habitants. Débattues depuis 2016, les grandes orientations de ce projet urbain, enrichi par une concertation avec les habitants et les acteurs de la ville, seront exécutoires au 1er janvier 2019. Elles guident le nouveau PLU de Rennes, qui sera intégré dans le 1er plan local d'urbanisme intercommunal (2019-2035). Dans cette optique métropolitaine, Rennes se projette en ville plus facile à vivre en 2030, une smart city créative, une cité du vivre ensemble.

Déplier le centre-ville

Outre des investissements structurants, pour un total de 2,4 milliards d'euros, comme la nouvelle gare (ou hub de transports urbains) et la construction de la deuxième ligne de métro pour 2019, qui mettra 73% des habitants à moins de dix minutes d'une station de métro, la capitale bretonne s'est lancée dans une politique de construction d'équipements et de nouveaux logements. Avec l'enjeu d'associer le renouvellement urbain à la mixité et aux liens sociaux, partout en ville. Au niveau du Programme local de l'habitat (PLH) métropolitain, 31 millions d'euros sont investis chaque année dans l'habitat. En 2017, 4.925 logements neufs ont été livrés, dont 2.522 à Rennes. En 2016, 300 étaient en accession aidée, 1.028 en location sociale. Rennes Métropole cherche aussi à lutter contre la spéculation foncière, au moment où la ville, dont le prix médian au mètre carré atteint 2.410 euros, a connu la plus forte augmentation des prix en un an.

« Dans les secteurs d'équilibre social, les promoteurs qui construisent plus de 15 logements sont obligés d'en réserver en accession aidée, prévient Sébastien Sémeril, premier adjoint chargé de l'urbanisme. Notre projet de ville durable repose sur trois piliers : la ville et le logement pour tous, la mobilité et les transports de demain (électriques, autonomes, vélo...), l'emploi pour tous dans une métropole où trois quarts des habitants travaillent sur Rennes. »

La ville souhaite renforcer les centralités de ses quartiers, afin que chacun puisse accéder à pied aux commerces, aux écoles, aux équipements. Elle entend conserver des lieux de production et de formation, et veiller à l'équilibre commercial entre pôles périphériques et commerces de proximité. Le PLU prévoit le maintien de trois zones industrielles (23.000 emplois). Dans le quartier de la gare, en pleine mutation avec l'arrivée de la LGV, EuroRennes sera, à horizon 2020, un lieu de vie et de culture ainsi qu'un quartier d'affaires où les promoteurs voient grand (Giboire investit 75 millions d'euros), et porteur de 7.000 emplois.

« Il est temps d'adapter le centre-ville aux besoins d'une métropole en croissance, de le déplier, afin qu'il devienne un grand coeur de métropole à horizon 2030, ajoute l'élu. Rennes joue un rôle prépondérant dans cette mutation, et encadre pour ne pas exclure. »

La métropole reste fidèle à son concept de ville archipel : elle a toujours maîtrisé son développement et son urbanisation afin de préserver son espace naturel et la qualité de son agriculture périurbaine. Ouverte donc mais peu consommatrice de foncier.

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Commentaires
a écrit le 14/03/2018 à 23:57 :
Rennes commence tout juste à rattraper son retard sur Nantes... mais elle en est encore loin ! Objectif 500.000 hab pour Rennes en 2030. Nantes tend vers les 700.000 pour l’agglo, 1 million pour l’aire urbaine. Aéroport de Rennes ne propose qu’une offre limitée à 700.000 pax annuels. Nantes est à 5,5 millions /an ! Désolé pour mes amis Rennais (qui sont souvent très impatients) mais les deux métropoles ne jouent pas encore dans la même cour. Les chiffres de l’emploi salarié des cadres et postes les plus qualifiés montrent aussi une réelle différence de poids. Rennes attaque la construction de sa 2e ligne de métro... Nantes projette sa 5e ligne de tram! Certes Rennes connaît actuellement une belle croissance et a l’impression de rattraper son retard sur Nantes en de nombreux domaines (LGV vers Paris, palais des congrès...) mais la métropole de l’ouest reste incontestablement la métropole nantaise quand on s’interesse aux chiffres... et aux projets ! Nouvelle gare à Nantes en 2019, refonte complète de places clés du centre-ville et des bords de Loire, nouveau CHU, nouveau quartier de la création, nouveau MIN, nouvelles lignes de tram, sans compter la modernisation de son aéroport Nantes Atlantique! La métropole nantaise va être un gigantesque chantier sur les 10 prochaines années ! À bon entendeur...
a écrit le 14/03/2018 à 5:19 :
Eh oui ...en s'accrochant à N D des L , Nantes a perdue la bataille qui l'opposait depuis 50 ans à son eternelle rivale ...!
a écrit le 13/03/2018 à 10:25 :
pour info :
https://www.ouestjob.com/actualites/quelle-est-la-meilleure-ville-de-france-ou-vivre-et-travailler.html
https://www.ouestjob.com/actualites/pourquoi-les-salaries-rennais-sont-parmi-les-plus-heureux-deurope.html

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