Se loger en France (5/10) : Nantes veut préserver sa qualité de vie
Frédéric Thual, à Nantes

Nantes refuse
Stephane Mahe
Frédéric Thual, à Nantes

Nantes refuse
Stephane Mahe
Ce n'est ni de la science-fiction, ni un scénario catastrophe.
Pour lui, la recherche d'un logement orienté sud-sud-ouest n'aura plus vraiment de sens tant l'on voudra se mettre à l'ombre. Les appartements traversants, facilitant l'aération, seront recherchés.
Un promoteur nantais réfléchirait même à proposer un logement avec une part de voiture partagée, pour enrayer les problèmes de déplacement et de stationnement. Consciente du réchauffement climatique, Nantes a été parmi les premières à adopter un Plan climat air énergie dont l'ambition est de réduire de 50% les émissions de gaz à effet de serre à l'horizon 2030. Il impacte aujourd'hui toutes les politiques publiques d'urbanisme, de mobilité et d'habitat...
Car, l'autre phénomène marquant, c'est l'accroissement de la population. Depuis les années 1990, l'agglomération nantaise, devenue Métropole, a attiré 100.000 nouveaux habitants. D'ici à 2030, on en attend 75.000 de plus. Sa population atteindra alors 700.000 habitants.
Une augmentation de population due pour moitié à la démographie naturelle et pour l'autre à l'attractivité et au dynamisme économique du territoire.
Réputée et primée pour sa qualité de vie, la cité nantaise va devoir conserver ses atouts et trouver les moyens de maintenir ce subtil équilibre. Avec de nouveaux Nantais à qui il va falloir proposer un toit, un emploi, une formation, des loisirs... sur un territoire non extensible et où, pour répondre à la problématique de densité urbaine, le Conseil de développement invite à une réflexion sur la verticalité de l'habitat, déjà tangible sur l'île de Nantes.
Le Plan local de l'habitat prévoit la construction de 6.000 logements par an pour absorber ce flux. Dont 2.000 pour l'habitat social et autant pour l'accession abordable. L'enjeu n'est pas seulement de construire des logements, mais « des logements de qualité adaptés et diversifiés pour répondre à la fois aux attentes de jeunes actifs et des seniors, en croissance de +15% », s'accordent les spécialistes. Cela dit, « personne ne vient parce qu'on a construit des logements neufs. D'ailleurs, 92% des arrivants s'installent dans le parc existant », observe Hervé Patureau.
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La Métropole a décidé d'investir au cours de la prochaine décennie 100 millions d'euros dans la rénovation thermique des bâtiments.
Sur un marché classé en zone tendue, les loyers progresseraient de 10% par an.
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Les délais de relocation n'ont jamais été aussi courts. Le niveau de vacance, en baisse régulière depuis 2014, atteint 2%. Un seuil jamais atteint. L'équilibre est fragile. Au point de faire craindre que les zones rurales ne jouent pas le jeu et ouvrent leur foncier. Ce qui entacherait l'attractivité d'une métropole, qui concentre les trois quarts des déplacements de l'aire urbaine nantaise, et va investir 3 milliards d'euros sur les mobilités durables d'ici à 2030.
Frédéric Thual, à Nantes
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