Se loger en France (1/10) : le Grand Paris de la proximité

 |   |  722  mots
(Crédits : Pascal Rossignol)
La population francilienne va croître d'environ 10% en vingt ans, mais les inégalités territoriales ne vont pas se réduire par magie. Un défi pour les politiques et les acteurs du logement pour anticiper la métropole-monde du Grand Paris.

Selon l'Insee, la population francilienne, englobant la métropole et le reste de la région Île-de-France, est actuellement de 12,1 millions d'habitants. À l'horizon 2040, elle devrait atteindre entre 12,8 et 13,8 millions, selon les migrations internes ou externes, la fécondité des ménages ou la mortalité. Un choc démographique qui va poser de nombreux défis en termes de logement et de transports, sans parler de l'emploi, pour l'une des plus grandes régions d'Europe continentale.

A priori, en 2040, la totalité du Grand Paris Express aura été livré depuis dix ans. Peut-être même assistera-t-on à des prolongements de lignes... Futuriste, Jean-Louis Missika, adjoint à l'urbanisme, à l'architecture, au Grand Paris, au développement économique et à l'attractivité à la mairie de Paris, a estimé, aux voeux de la Fabrique de la Cité, le 29 janvier dernier, que Paris doit « viser de devenir la première métropole post-voiture ».

En plein retour de la polémique sur la fermeture des voies sur berges, dans son bureau de président de la Métropole du Grand Paris, Patrick Ollier souhaite lui aussi une « métropole décarbonée au maximum » : il faut « que l'on prenne toutes les mesures qui permettent d'abaisser le seuil de pollution. C'est la vie de 7 millions d'habitants qui est en jeu ! Nous allons prendre les mesures pour aller vers ce résultat, mais tout dépend des crédits... Tout doit être mis en oeuvre pour atteindre cet idéal. » En pleine crise du logement, alors que les prix au mètre carré flambent dans la capitale (le seuil des 9.000 euros en moyenne a été dépassé fin 2017 !), la nouvelle devise des architectes du Grand Paris c'est « habiter plus mais habiter mieux ». Du moins, c'est la thèse de Dominique Alba, directrice générale de l'Atelier parisien d'urbanisme :

« Ce que les gens veulent, c'est la ville du "quart d'heure", c'est-à-dire des services de proximité à moins de quinze minutes à pied de chez eux. »

Auteure de L'Observatoire des quartiers de gare du Grand Paris Express, elle remarque qu'avec le futur supermétro, « des lieux éloignés vont se retrouver très proches et plus personne ne sera assigné à résidence ». Et qu'« à petite échelle, 95 % de la population habitera à moins de deux kilomètres d'une gare. Ils voudront y trouver des commerces d'alimentation variés, des jardins... ».

Que ce soit l'élu parisien, son homologue métropolitain, ou la praticienne de la ville de demain, tous se retrouvent sur le concept de « ville-monde », avec les mots-clés associés : attractivité, conséquences du dérèglement climatique, inclusion sociale et logement. Même Jean-Louis Missika, « pas favorable au mode de fonctionnement de la MGP actuelle », défend « une métropole des projets ». La solution, c'est selon lui « qu'on retire le pouvoir de permis de construire aux maires et qu'on lutte contre l'étalement urbain ! La densité du reste de la zone dense peut être amplifiée. »

Inégalités numériques

Patrick Ollier, patron de la métropole, partage ce combat :

« C'est au sein de la zone dense continue qu'on doit rétablir les équilibres territoriaux ». On ne peut plus avoir d'un côté, « un mètre carré de plus en plus cher à Paris et, pas loin, la précarité la plus terrible. C'est pourquoi il faut un Paris augmenté et non une zone dense fragmentée ».

Avec 360 millions de mètres carrés étalés sur 131 communes et son premier concours « Inventons la métropole » qui va redonner ses lettres de noblesse à 51 quartiers, la MGP est devenue de facto l'interlocutrice privilégiée des grands aménageurs et la promotrice de la nature en ville. La deuxième édition du concours sera présentée au Mipim la semaine prochaine.

Il n'empêche, si pour l'instant seuls les territoires de la métropole dans ses frontières actuelles sont concernés par une grande qualité de vie, avec des logements confortables, des services publics divers comme les bibliothèques ouvertes le dimanche, il faudra, rappelle Dominique Alba, espérer que « d'ici 2040, les inégalités numériques se soient réduites, par exemple sur la question de la fibre ». En effet, « aujourd'hui, il y a la même ségrégation dans le très haut débit que dans l'accessibilité » de la capitale. Dans une métropole monde, il faudra du réseau partout...

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 13/03/2018 à 14:59 :
Il est temps de faire des économies et faire disparaître la banlieue les 92 93 et 94, qui n'existaient pas avant 1963 !

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :