PITHIVIERS (45). Innova Medical Group, medtech californienne spécialisée dans le diagnostic médical, ouvre sa première unité de production au sein d’une usine du chimiste Axynthis à Pithiviers dans le Loiret. Cette implantation ajoute une nouvelle brique à la très prospère filière pharmaceutique en Centre-Val de Loire.Innova Medical Group est peu connue du grand public et pourtant : lors du déconfinement partiel du Royaume-Uni en novembre 2020, l'entreprise a fourni un milliard de tests antigéniques de dépistage du virus SARS-Cov 2 (Covid-19). Un an plus tard, l'Américain s'implante dans le Loiret à Pithiviers sur le site d'Orgapharm, filiale d'Axyntis. La medtech commencera à y produire ses premières unités fin décembre.
Quels sont les enjeux de ce deal franco-américain ? D'un côté Axyntis, l'un des leaders français de la chimie fine (100 millions d'euros de de chiffre d'affaires prévisionnel en 2021), cherchait à trouver une destination pour le site loirétain de 3M, jouxtant sa filiale Orgapharm, qu'il a racheté en 2016 et resté vide depuis. De l'autre, Innova Medical Group souhaitait s'adosser à un partenaire européen afin de lancer sa production de tests antigéniques de dépistage du virus Covid-19 et ainsi croître sur ce marché.
Scellé sous la houlette du président de la région Centre-Val de Loire, François Bonneau, en fervent promoteur de l'ADN industriel de la collectivité, l'accord prévoit à terme l'installation d'une dizaine de lignes de production à Pithiviers, au sein de l'ancien bâtiment de 3M d'une surface de 5.000 m2. En vitesse de croisière, les 45 automates qui seront installés produiront en principe 1,2 million de tests de dépistage antigénique quotidiennement. « Bien qu'inoccupé, le lieu a toujours été parfaitement entretenu par Axyntis, se félicite Xavier Guérin, président Europe d'Innova Medical Group. Disposant de plusieurs milliers de mètres carrés de salles blanches, il est adapté à nos produits qui nécessitent des normes sanitaires drastiques ».
Homologation européenne préalable
Créé en mars 2020 par le fonds d'investissement Pasaca Capital et basé à Pasadena en Californie, la medtech nourrit de fortes ambitions de développement en Europe grâce à sa nouvelle implantation industrielle hexagonale. Il faudra préalablement que ses tests soient homologués par les autorités sanitaires des pays de l'Union. En France, la Haute autorité de santé (HAS) a ainsi récemment refusé le principe d'une validation du pass sanitaire à partir d'autotests. Ce revers n'effraie pas Innova Medical Group.
Guillaume Fischer, à Tours