La Sologne, future Blockchain Valley française ?

CHER. L’arrivée à Vierzon en Sologne de la startup parisienne Payinnov, qui a développé une plateforme de paiements en cryptomonnaies, vient conforter l’écosystème local autour du numérique largement porté par la licorne Ledger.

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Dev’up, l’agence de développement économique de la région Centre Val de Loire, a convaincu Payinnov de rejoindre le B3 vierzonnais, futur campus numérique, (Crédit photo: Atelier Carré d’Arche  / CDC Vierzon-Sologne-Berry) lors d’une réunion de start-ups organisée à Paris par BPI France début juillet 2021.
Dev’up, l’agence de développement économique de la région Centre Val de Loire, a convaincu Payinnov de rejoindre le B3 vierzonnais, futur campus numérique, (Crédit photo: Atelier Carré d’Arche / CDC Vierzon-Sologne-Berry) lors d’une réunion de start-ups organisée à Paris par BPI France début juillet 2021. (Crédits : Reuters)

La petite équipe de Payinnov, startup basée dans le 14e arrondissement parisien et spécialisée dans les paiements en cryptomonnaies, a franchi le pas. Fondée par Nadia Domec, une ancienne ingénieure d'Ingenico, elle vient de s'installer au sein du parc technologique de Sologne-Vierzon, situé dans le nord du Cher. Son logiciel Payliko, qui permet le paiement de produits de consommations en crypto-actifs, commencera à être déployé à partir de l'été prochain.

Dans un premier temps, Payinnov vise les sites de e-commerce avec une cible de 400 plateformes marchandes à l'horizon de fin 2023. La seconde étape du déploiement de la solution Payliko, prévue en 2023, lui permettra en principe d'être embarquée sur les terminaux de paiement (TPE) chez les commerçants physiques. « Environ sept millions de Français, soit 8% de la population totale, détiennent des cryptomonnaies, selon une étude conjointe de KPMG et d'Ipsos publiée en février », assure Nadia Domec. Une partie significative de ces détenteurs de Bitcoin, Ethereum et autre BNB, souhaiterait pouvoir les utiliser comme moyens de paiement classique sans solution réellement adaptée aujourd'hui. L'application Payliko palliera cette lacune ».

Payinnov estime que sa solution de paiement, une fois intégrée sur les TPE, pourrait séduire 25.000 commerçants à l'horizon 2026. Un plan de marche très ambitieux, qui s'appuie sur deux paramètres. Payliko, téléchargeable gratuitement par les clients sur leur smartphone, sera accessible pour les marchands moyennement un abonnement mensuel fixe de moins de 50 euros. Malgré une commission supplémentaire prélevée sur la transaction par Payinnov, Nadia Domec estime que les gains de nouveaux clients pour ces commerçants "crypto-enthousiastes" seront suffisants pour les convaincre. La startup, qui emploie pour l'instant dix salariés, espère ainsi générer d'ici quatre ans un chiffre d'affaires de l'ordre de 20 millions d'euros.

Environnement solognot favorable

L'installation de Payinnov en Sologne n'a pas été choisie par hasard. Elle s'inscrit dans un écosytème local favorable. Fer de lance de la future vallée de la Blockchain, la société vierzonnaise Ledger est d'une part le leader mondial des infrastructures sécurisées pour les crypto-actifs. Cofondée en 2014 et détenue notamment par Eric Larchevêque et Pascal Gauthier, la licorne berrichonne propose des portefeuilles (Wallets) pour les particuliers et, depuis trois ans, un coffre fort électronique (Vault) à destination des institutions financières et des gestionnaires d'actifs.

Valorisée un milliard d'euros début 2022 et employant quelque 500 salariés, Ledger parrainera le futur campus numérique qui servira d'épicentre de la Blockchain valley à la rentrée 2023. Installé au B3, une ancienne friche industrielle de 11.000 m2 proche de la gare de Vierzon, en cours de rénovation, il accueillera l'école de codage informatique Algosup et l'antenne départementale du Cnam côté formation, ainsi qu'un incubateur de startups, dont fera partie Payinnov.

D'autre part, le volontarisme de l'Etat, mais aussi de la région Centre-Val de Loire et du département du Cher, sur ce projet s'est traduit par des investissements conséquents pour faire émerger le campus et l'incubateur associé. D'un montant total de près de quatre millions d'euros, le chantier a été subventionné à 75%. L'Etat et les deux collectivités ont abondé respectivement à hauteur d'1,9 million d'euros, 700.000 euros et 400.000 euros. Emmanuel Macron, accompagné d'Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée à l'économie, était venu en personne donner le coup d'envoi des travaux en décembre 2021. Tout un symbole pour Vierzon, territoire industriel en déclin, mais qui mise sur le numérique pour retrouver des couleurs.

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Commentaires 2
à écrit le 23/03/2022 à 20:10
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La blockchain - La fausse bonne idée du moment ! Qui est certes un principe théorique intéressant mais qui est un véritable gouffre énergétique et si je ne m'abuse ce n'est pas le bon moment de consommer plus d'énergies et des ressources naturelles (...

le 23/03/2022 à 20:51
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C'est une fausse idée sur tous les plans surtout pour le PoS. Et même le bitcoin peut devenir la plus grande subvention à la surproduction d'énergie renouvelable nécessaire à cause de l'intermittence de ces sources.

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