Chanel, la bonne fée des Tanneries Haas
Olivier Mirguet
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Jean-Christophe Muller, directeur général des Tanneries Haas à Mittelbergheim (Bas-Rhin)
Olivier Mirguet
Olivier Mirguet
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Jean-Christophe Muller, directeur général des Tanneries Haas à Mittelbergheim (Bas-Rhin)
Olivier Mirguet
Peau brute, tripe, wet-blue, crust, fini : à chaque étape de la transformation en cuir de la peau d'animaux, la tannerie impose son vocabulaire et ses techniques immuables. Les méthodes des tanneurs évoluent rarement et quand elles se modernisent, c'est en douceur. Les Tanneries Haas, installées depuis 1842 au bord du même ruisseau à Mittelbergheim (Bas-Rhin), s'apprêtent à connaître une révolution avec l'appui de la maison Chanel, client de référence et actionnaire depuis 2018. "Nous allons construire une nouvelle installation de 15 000 mètres carrés sur un terrain de six hectares, voisin immédiat de notre tannerie", confirme Jean-Christophe Muller, directeur général de cette entreprise de 110 salariés. Après six générations en 176 ans, faute de succession dans la famille, c'est lui qui a décidé de céder l'entreprise à Chanel, l'un de ses clients de référence depuis 1985.
ÉPISODE 4 :
À lire également
L'investissement à venir est évalué à 10 millions d'euros. Il permettra de faire face aux nouvelles contraintes réglementaires et d'automatiser la production. "Nous sommes à l'étroit dans nos murs. La production stagne depuis quatre ans", confirme Jean-Christophe Muller. Degermann, une plus petite tannerie (25 salariés) établie dans le village voisin à Barr, a elle aussi été intégrée par Chanel. Les deux unités pourront fusionner dans les nouveaux locaux. Le chantier ciblait initialement une mise en service en 2023. Mais il a pris du retard pour cause de crise post-Covid. "L'Asie est primordiale pour notre clientèle et nos marchés sont dépendants de la reprise des voyages intercontinentaux", temporise Jean-Christophe Muller. L'augmentation de capacités est pourtant bienvenue, dans un contexte où la demande de cuirs de qualité est supérieure à l'offre : si ils veulent accéder à des pièces premium, les entreprises clientes des Tanneries Haas doivent accepter d'acheter, dans le même lot, des pièces moins qualitatives. "25 % des peaux que nous achetons peuvent aller vers du cuir lisse pour la maroquinerie, qui est le plus cher à la sortie de la tannerie. Notre art consiste à bien vendre les 75 % restants", confirme Jean-Christophe Muller.
Olivier Mirguet