La marqueterie Spindler, en hommage à l'Art nouveau
Olivier Mirguet
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Jean-Charles Spindler dans son atelier de marqueterie d'art à Saint-Léonard (Bas-Rhin)
Olivier Mirguet
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Jean-Charles Spindler dans son atelier de marqueterie d'art à Saint-Léonard (Bas-Rhin)
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Collectionner des essences de bois précieux en guise de palette d'artiste. Dessiner, couper et coller pour former de minutieux assemblages. La marqueterie Spindler est née en 1893 dans le hameau de Saint-Léonard, à l'abri de l'ancienne collégiale des chanoines de la cathédrale de Strasbourg. Cette cour pittoresque offrait un lieu adapté pour la création artistique, avec sa cour intérieure à colombages, son atelier ombragé et ses grandes baies vitrées. L'entreprise n'a jamais quitté ses ateliers initiaux. Elle entretient son savoir-faire comme on conserve un patrimoine vivant.
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La technique de la marqueterie consiste à assembler des placages de bois précieux à des fins de décoration. Elle a été développée au XVème siècle par les ébénistes italiens et en France jusqu'au XVIIIème siècle. Puis elle est tombée dans l'oubli. L'Art nouveau et les industries d'art ont favorisé sa renaissance et une nouvelle apogée, avec l'attrait d'un public éclairé pour la matière et la décoration. Charles Spindler a su en profiter : en 1900, ses grands ensembles de mobilier étaient présentés à l'exposition universelle de Paris. Sept ans après la création de son entreprise, c'était déjà la consécration. Son fils Paul a été influencé par la photographie. A la manière d'un reporter, il a intégré dans es compositions des scènes de la vie alsacienne. Dans les années 1930, la famille Spindler s'est liée avec la famille Bugatti, dont elle a aménagé la grande maison en Alsace. Paul Spindler a été marqué par l'oeuvre du sculpteur Rembrandt Bugatti, le frère d'Ettore. Jean-Charles Spindler, troisième génération aux commandes depuis 1975, exprime sa propre sensibilité dans des tableaux, des fresques marines ou de monumentales abstractions, à base de bois rares : des feuilles de placage en loupe d'Amboine, importées d'Indonésie. Pour trouver sa clientèle et débusquer de luxueuses villas à décorer, il se déplace jusqu'en Californie, ou en Russie.
Olivier Mirguet