Nancy rêve de redevenir une ville thermale
Olivier Mirguet
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Nancy espère accueillir 15.000 curistes par an dans ses nouvelles installations thermales.
Adeline Schumacker - Métropole du Grand Nancy
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Nancy espère accueillir 15.000 curistes par an dans ses nouvelles installations thermales.
Adeline Schumacker - Métropole du Grand Nancy
Les seules notes dissonantes sont venues de l'opposante Françoise Hervé, férue de l'histoire et du patrimoine de sa ville. Depuis deux décennies, cette ancienne élue, adjointe jusqu'en 2017 au patrimoine à la mairie de Nancy, claironne son désaccord avec le projet de complexe thermal qui a ouvert ses portes le 1er avril, après vingt ans de réflexion et quatre ans de travaux.
Avec 20.000 mètres carrés dédiés aux loisirs aquatiques et aux cures, Grand Nancy Thermal incarne la renaissance d'une tradition esquissée avant la première guerre mondiale, stoppée par la mort en 1916 de l'architecte Louis Lanternier. C'est l'intervention contemporaine de l'architecte parisienne Anne Démians, auteur de l'extension et de la rénovation d'un ensemble de piscines et de bâtiments tombés en désuétude, qui cristallise la colère de Françoise Hervé.
« L'idée d'André Rossinot de relancer le thermalisme a fait consensus », juge malgré tout Laurent Hénart, maire de Nancy lors du lancement des travaux en 2019. Dans l'entourage de Mathieu Klein, maire socialiste de Nancy depuis 2020 et président de la métropole, le projet fait aussi l'unanimité. Seule la proposition de conférer aux thermes le nom d'André Rossinot, maire centriste (1983-2014) de Nancy, a fait grincer quelques dents. La gauche au pouvoir assume l'héritage de celui qui, désormais retraité, se délecte de l'aboutissement de son projet.
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« L'association de la santé et de l'économie va véhiculer une belle image et rapporter de l'argent », se réjouit André Rossinot. Médecin, il s'est porté garant des vertus thérapeutiques de l'eau nancéienne, attestées par les travaux « d'un noyau universitaire constitué d'amis, autour du laboratoire d'hydrologie de la faculté de médecine ». L'eau chaude à 35 degrés, puisée à 800 mètres de profondeur, possèderait donc les qualités requises : dès 1911, l'Académie nationale de médecine avait déjà donné son autorisation pour traiter les rhumatismes et les troubles de l'appareil digestif.
Olivier Mirguet