LA TRIBUNE - Le Grand Est apparaît bien placé dans les statistiques annuelles de Choose France, qui classent votre région parmi les territoires les plus attractifs pour de nouvelles implantations. La réindustrialisation est-elle votre projet ?
FRANCK LEROY - 20% des projets annoncés en 2023 par Choose France se sont positionnés dans le Grand Est, alors que notre région ne représente que 11% de la population nationale. Nous sommes une région de tradition industrielle et il sera toujours plus facile de ramener de l'industrie dans ce contexte.
Le Grand Est apparaît attractif par son positionnement international, sa capacité exportatrice très forte et son solde commercial positif. Le potentiel de production énergétique sous forme renouvelable et nucléaire fait de nous l'une des premières régions à garantir aux entreprises une énergie bas carbone.
Le Grand Est apparaît aussi comme la première région productrice de biogaz dans le panorama des gaz renouvelables de GRDF. Cette montée en puissance a-t-elle été calibrée pour compenser la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, survenue en 2020 ?
Pas vraiment. La montée de la méthanisation avait commencé avant l'arrêt de Fessenheim. La biomasse mérite davantage de valorisation qu'elle n'en a eu au cours des trente dernières années, quand le faible prix du gaz ne favorisait pas son essor. On a énormément de biomasse, d'effluents et de co-produits agricoles à valoriser. Aujourd'hui, dans tous les territoires, on fait du biogaz, de la géothermie, du solaire, de l'éolien. On a une batterie de solutions devant nous.
La région comporte entre 18.000 et 20.000 hectares de friches industrielles. Ces friches vont-elles devenir un atout, avec les obligations induites par la loi ZAN ?