Alimentation : les Hauts-de-France ont de l'appétit pour les protéines "alternatives"
Gaëtane Deljurie, à Lille
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Photo d'illustration
Faba/Sincera
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C'est un fait. « L'alimentation humaine va avoir besoin de produire des protéines en étant peu coûteuses en énergie, en espace, peu gourmande en eau tout en répondant à un besoin de nourriture de qualité », résume Isabelle Wisniewski, responsable projet au sein de l'incubateur Euralimentaire, rattaché au pôle d'excellence Eurasanté, physiquement présent sur 1.000 m2 au cœur du Marché d'Intérêt National (MIN) à Lomme, près de Lille.
Aussi, les maîtres mots des nouvelles tendances alimentaires sont la transparence sur le produit, qu'il s'agisse des étapes de sa transformation comme de l'origine de ses ingrédients. Parmi les dizaines de startups en cours d'incubation à Euralimentaire, « 60% de projets concernent des nouveaux produits, avec plus ou moins d'innovation, le reste des créations se répartissant entre 20% services et 20% d'application ou de coaching », calcule Isabelle Wisniewski.
Justement, sur le créneau de la protéine végétale, la startup Révolution Champignon estime que « tout est bon dans le champignon ». Paradoxalement, si les feuilles de pleurotes se consomment, le cœur est aujourd'hui considéré comme un déchet... alors qu'elle peut représenter 15 à 20% de la production totale ! Sur le principe de la « blue economy » qui consiste à valoriser le moindre gramme de matière, Jürgen Engerisser et Gabrielle Radoux ont créé les marques Pleurette et Funghies, pour commercialiser des sauces bolognaises, des boulettes, des galettes et des tartinables, entièrement vegans et bios.
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Non seulement, le cœur de pleurote est source de nutriments tout en étant riche en fibre mais les producteurs de pleurottes y trouvent un débouché pour leurs co-produits, sachant que la culture d'un kilogramme produit 2,9 kilos de CO2 contre 3,8 pour le soja, sans avoir besoin d'autant d'eau. Avec 500.000 euros de chiffre d'affaires en 2020 pour une quinzaine de salariés (en croissance de 25 %), Pleurette a réussi à lever 2,5 millions d'euros en 2020. Et a été reconnue comme « pépite foodtech » en France et en Europe.
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