Après la catastrophe de Gênes, le viaduc d'Echinghen près de Boulogne inquiéte
Julia Pavesi, AFP

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>> Article en ligne 12/08/2019 à10h42 | Mise à jour à 13h40
Propriété de l'Etat et concédé à la Sanef jusqu'en 2031, cet ouvrage d'art à caisson ouvert fut construit par un consortium mené par Bouygues et mis en service en 1998.
La structure est précontrainte par 330 câbles extérieurs au béton injectés au coulis de ciment. Une technologie abandonnée depuis 2001 à cause des risques de rupture "brutale" de câbles, dangereuse pour le personnel et "susceptible d'endommager des pièces accessoires ou importantes de la structure (désordres en chaîne)", rappelle une note du Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (Cerema) de novembre 2018.

Depuis l'automne 2018, une dizaine de câbles corrodés sont en cours de changement sur ce viaduc exposé au vent et aux embruns du littoral, dont le péage coûte 1,10 euro pour une voiture. Tout en haut des piles, on devine échafaudages et agents en chasuble fluo.
Le pont long de 1.301 mètres menant à Boulogne-sur-Mer sur l'A16 "vieillit mal", estime Catherine Pignon, sa femme, qui l'a vu se construire.

Selon la Sanef, qui organise une inspection annuelle et une inspection détaillée tous les cinq ans, des travaux de maintenance préventive des câbles débutent en 2017. Fin octobre 2017, la corrosion des câbles est découverte. Début novembre, le pont est classé "3U" par des bureaux d'études.

Par précaution, les deux voies extérieures sont condamnées - et le sont toujours -, les camions détournés via la commune d'Isques jusqu'en juin 2018.
Conséquence: le Conseil départemental a dû payer 450.000 euros de réfection de la départementale dégradée, aidé par la Sanef à hauteur de 175.000 euros.
Le changement des câbles devrait se terminer d'ici la fin de l'année. Le contentieux, lui, perdure : la Sanef - exploitant 2.063 km d'autoroutes pour un chiffre d'affaires de 1,752 milliard d'euros en 2018 - impute au groupement des constructeurs les divers désordres qui lui coûtent "plusieurs millions d'euros".
Rapports d'experts à l'appui, le concessionnaire -qui craignait alors des "risques" de corrosion- a engagé en 2013 une procédure pour faire condamner solidairement à 7,4 millions d'euros d'indemnités Bouygues travaux publics et consorts, à cause des déchirures sur les gaines des câbles et du mortier de réparation, enduit par endroit, entraînant des "fissurations importantes du béton".
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Dans son jugement du 10 octobre 2017, consulté par l'AFP, le tribunal administratif de Lille a débouté la Sanef, estimant que les constructeurs n'avaient commis ni fraude ni tromperie. Le dossier est à l'instruction en appel et des expertises judiciaires sont toujours en cours, notamment pour savoir si certaines fissurations résultent d'un défaut de conception, d'exécution ou des conditions d'entretien.
Bouygues Construction s'est, pour sa part, refusé à tout commentaire.
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Tableau récapitulatif du classement des ponts en France
(surface supérieur à 7.000 m2)
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