Le fulgurant retour de la consigne chez les brasseurs nordistes
Gaëtane Deljurie, à Lille
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En Belgique, on appelle ça « faire une vidange » : rapporter ses bouteilles de bière vides au point de vente. Pour récupérer les 10, 20, 30, voire 40 centimes qu'on avait payé à l'achat, en fonction des marques et des formes. La pratique est bien ancrée dans les habitudes belges, car elle n'a finalement jamais cessé depuis... les années 1930.
Dans les Hauts-de-France, au contraire, la consigne avait quasiment disparu. Jusqu'à ce que Florence Duriez, diplômée de l'Edhec, motivée par la réduction des emballages en verre, s'intéresse à la question. Avec Catherine Thiebert, titulaire d'un double diplôme de l'École centrale de Paris et de l'École polytechnique fédérale de Lausanne en logistique, production et mécanique, elle a fondé en 2020 Haut la consigne, une entreprise spécialisée dans le lavage de contenants en verre.
Ce qui a changé en cinq ans ? La demande : en 2019, Haut la consigne avait collecté 5 000 bouteilles à laver... contre 300 000 bouteilles en 2022 et 1,2 million l'année dernière ! La start-up est ainsi passée à l'échelle industrielle dès 2023, mettant en service une usine 1,300 m² à Neuville-en-Ferrain, près de Tourcoing. La capacité de nettoyage pourra être 30 millions d'emballages en verre à l'année. Avec deux lignes (l'une pour les bouteilles de 33 cl à 1 litre et l'autre pour les plats, bocaux, bacs, casiers, etc.). C'est le premier site de lavage de ce type à émerger en France avec Nantes (Bout' à Bout' située à Carquefou) et Oc'Consigne à Montpellier.
Parmi les actionnaires et les organismes qui subventionnent ce nouvel outil, on trouve bien sûr les aides du réseau France Active, l'Ademe et France Relance, des business angels, mais également des brasseurs nordistes : Moulin d'Ascq ou encore Trois Monts. C'est d'ailleurs grâce à cette dernière brasserie que Haut la consigne a pu réaliser ses premières études.
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Pourquoi les brasseurs nordistes investissent-ils dans le réemploi ? Parce qu'avec la flambée du prix de l'énergie, le prix à l'achat de la bouteille en verre neuve a considérablement augmenté, avec son lot de ruptures de stocks et de problèmes d'approvisionnement. Surtout, la majeure partie de l'impact carbone de l'activité de fabricant de bière se concentre aujourd'hui dans le transport de ladite bouteille.
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