Consigne de verre : elle sera « autour de 20 ou 30 centimes » par contenant
latribune.fr
Les bouteilles en verre seront les premières concernées par cette expérimentation, avec des formats standards réemployables prévus pour mai 2025. (Photo d'illustration)
Pixabay
Le retour de la consigne de verre, abandonnée dans les années 1990, débutera en 2025 par une expérimentation dans quatre régions françaises. Dans un entretien publié par Ouest-France, Citeo, l'organisme pilote du projet, a indiqué que le coût de la consigne sera de 20 ou 30 centimes.
À partir du printemps 2025, le retour de la consigne pour les bouteilles et bocaux en verre sera expérimenté dans quatre grandes régions du nord-ouest de la France (Pays de la Loire, Bretagne, Normandie, Hauts-de-France), une initiative pilotée par l'éco-organisme Citeo.
Les consommateurs pourront récupérer une consigne située « autour de 20 ou 30 centimes » par contenant, selon Jean Hornain, directeur général de Citeo, dans un entretien publié par Ouest-France. Le montant exact sera confirmé à l'approche du lancement, mais il pourrait varier selon le format des contenants.
Réduction de 75% de la consommation d'énergie
Cette consigne s'ajoutera donc au prix d'achat des produits, une question sensible en période d'inflation et de préoccupations sur le pouvoir d'achat. Pour limiter un éventuel effet dissuasif, Citeo envisage même d'« avancer » les premières consignes aux consommateurs.
Malgré cette augmentation temporaire des prix, Jean Hornain estime que le projet apportera des bénéfices environnementaux et financiers à long terme, rappelant que le réemploi des bouteilles permet de réduire de 75% la consommation d'énergie, de 50% l'utilisation d'eau et de 79% les émissions de CO2.
Des formats standards pour les bouteille
« Le réemploi des emballages demeure marginal en France, représentant moins de 1% de l'ensemble des emballages utilisés », souligne Célia Rennesson, directrice du réseau Vrac et Réemploi.
Un chiffre qu'il est impératif de faire croître pour atteindre l'objectif fixé par la loi. Les bouteilles en verre seront les premières concernées par cette expérimentation, avec des formats standards réemployables prévus pour mai 2025.
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Les premières bouteilles d'un litre, destinées aux jus de fruits et aux soupes, seront suivies de bouteilles plus petites pour la bière et d'autres produits comme les conserves et les compotes. Cette initiative a été facilitée par la crise énergétique de 2022, qui a entraîné une hausse des prix du verre.
Le syndicat Brasseurs de France, qui regroupe les acteurs majeurs de la filière, soutient cette démarche. Il estime que le retour à la consigne en verre permettra de réduire ce coût de production des bouteilles. Citeo, quant à lui, prévoit de déployer les dispositifs de collecte en magasin à partir de mars 2025, et la généralisation de cette pratique pourrait suivre dans tout le pays.
La loi Agec ne porte pas encore ses fruits
Cette initiative s'inscrit dans le cadre plus large des objectifs fixés par la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (Agec), adoptée en 2020. Cette loi vise notamment à atteindre 10% d'emballages réemployés d'ici 2027. Toutefois, malgré un cadre législatif volontariste, la mise en œuvre de la loi Agec rencontre des obstacles, selon un récent rapport parlementaire.
D'après ce dernier, les transformations attendues peinent à se concrétiser, avec moins de 1% des emballages aujourd'hui réemployés. Le rapport souligne également que, malgré quelques réussites comme l'adoption du Nutri-score dans le secteur alimentaire, plusieurs mesures-clés de la loi, notamment la réduction de l'usage du plastique à usage unique, peinent à être appliquées à grande échelle.
Par ailleurs, la gestion des déchets plastiques reste un défi majeur. En effet, la France est encore loin de son objectif de 40% de taux de recyclage en 2024, un chiffre qui stagnait à 24,5% l'année dernière, selon Citeo. Ce faible résultat est en partie dû à des disparités régionales dans les infrastructures de traitement des déchets et la collecte sélective, un frein supplémentaire à la réalisation des objectifs de l'Agec.
Lors des Jeux olympiques de Paris 2024, Coca-Cola a distribué plus de 10 millions de bouteilles en plastique, un chiffre qui a suscité de vives critiques de la part d'associations environnementales. Le réseau France Nature Environnement (FNE) avait dénoncé une « pollution plastique injustifiée », et attribué au géant américain la « médaille d'or du greenwashing ». En effet, sur les 18 millions de boissons distribuées lors de l'événement, 6,2 millions provenaient de bouteilles en plastique recyclé, tandis que 4 millions étaient destinées aux athlètes.
Malgré les initiatives visant à limiter l'usage du plastique, comme l'utilisation de verres consignés pour les spectateurs, la présence massive de bouteilles en plastique a marqué un point noir dans le bilan écologique des JO, qui visaient pourtant à être exemplaires sur le plan environnemental.