Régionales 2021  : Xavier Bertrand écrase le match dans les Hauts-de-France

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Xavier Bertrand.
Xavier Bertrand. (Crédits : POOL New)
Selon notre sondage exclusif Ifop pour La Tribune et Europe 1, les Régionales de juin 2021 se présentent bien pour le président sortant Xavier Bertrand dans les Hauts-de-France. Le candidat LR sortirait vainqueur dans tous les cas de figure, face à un paysage politique très morcelé. Une capacité de rassembler au-delà de son camp qui pourrait le propulser en meilleur candidat de la droite pour 2022 ? C'est en tout la stratégie que semble jouer l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy...

Un très large avantage au sortant. Selon le sondage réalisé par l'Ifop pour La Tribune et Europe 1 sur les intentions de vote pour les élections régionales de juin 2021 dans les Hauts-de-France, « Xavier Bertrand bénéficie d'un rapport de force très favorable, et bien plus favorable qu'en 2015, lorsqu'il avait dû faire face au second de tour à Marine Le Pen (RN) », souligne Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l'Ifop.

Quelles que soient les hypothèses du premier tour, Xavier Bertrand arriverait nettement en tête au second tour, avec 33% dans l'hypothèse d'une gauche dispersée face à la majorité régionale Les Républicains, UDI et MoDem et 34% avec une gauche unissant le Parti Socialiste et Europe Ecologie-Les Verts conduite par Patrick Kanner et Karima Delli. « Ce qui équivaudrait à deux fois le score de François Fillon sous l'étiquette Les Républicains à l'élection présidentielle à titre de comparaison. Cela représente 8 à 9 points de plus pour Xavier Bertrand comparé à 2015 », analyse Frédéric Dabi.

Un candidat "attrape-tout"

"Attrape-tout", par son positionnement populaire, le président de la région rassemble bien au-delà de son camp et sort en tête dans la plupart des catégories de population, sauf les ouvriers. « Il arrive premier dans l'électorat le plus âgé, dont on sait qu'il va le plus voter au scrutin régional », ajoute Frédéric Dabi.

Cet avantage trouve sa source aussi dans le bilan de Xavier Bertrand en tant que président des Hauts-de-France. Dans le sondage réalisé par l'Ifop pour La Tribune sur le regard des habitants sur la crise sanitaire, plus des trois quarts des habitants se disaient satisfaits de l'action du conseil régional.

Le Rassemblement National en retrait

Deuxième enseignement de ce sondage : avec des intentions de vote de 29%, le RN est très en retrait par rapport à la précédente performance de Marine Le Pen (40,6% en 2015). C'est également moins bien que les 31% obtenus au premier tour des présidentielles. « L'équation Sébastien Chenu et la région ne semble pas fonctionner, d'autant que le RN a une difficulté à mobiliser les abstentionnistes potentiels alors que le parti d'extrême-droite est en tête chez les ouvriers et les actifs », souligne le directeur général adjoint de l'institut de sondage, ajoutant que les personnes âgées et les retraités en Hauts-de-France voteraient plus volontiers pour Xavier Bertrand. Le président sortant arrive à attirer un électeur RN sur 10, ce qui totalise quand même quatre points. « Une victoire du Rassemblement National semble de ce fait difficile à imaginer », juge Frédéric Dabi.

Un paysage politique morcelé

Quant aux autres listes, aucune ne parvient à obtenir un score supérieur à 10%, synonyme au maintien au second tour, notamment avec 3,5% pour une liste Parti Communiste conduite par Fabien Roussel ou 5,5% pour La France Insoumise et Ugo Bernalicis. Dur pour une région à la tradition ouvrière fortement ancrée. Le score est très décevant aussi pour une liste La République en Marche qui serait conduite par Laurent Pietraszewski : le mouvement politique a du mal à rassembler l'électorat d'Emmanuel Macron puisqu'avec 9% crédités, seuls 28% des électeurs de la présidentielle de 2017 choisiraient la liste LREM. « Ils se reportent même plus volontiers sur la liste de Xavier Bertrand », qui incarne pour eux le centre droit, ajoute Frédéric Dabi.

La gauche balayée dans les Hauts-de-France

La situation de la gauche dans une région qui a longtemps été son bastion reste très difficile, depuis son élimination en 2015, où le candidat Pierre De Saintignon avait renoncé à se maintenir au deuxième tour pour faire barrage à Marine Le Pen. Dans les deux hypothèses testées dans le sondage, la gauche n'est pas en capacité de se maintenir au second tour. Soit elle est divisée, et cela rendrait la situation encore plus complexe qu'en 2015, avec EELV crédité de 9% des intentions de vote, le PS de 8% et la France Insoumise de seulement 5,5%. Soit elle est unie sous la bannière PS et EELV, et elle n'obtiendrait alors que 15%, ce qui démontre une perte de voix dans la manœuvre et l'absence de candidature de rassemblement et emblématique.

Xavier Bertrand, la bonne équation pour rassembler en 2022 ?

« Il faut rester extrêmement prudent car un sondage ne mesure qu'imparfaitement les résultats du second tour, puisque les personnes interrogées ne sont pas dans la situation d'avoir connu le résultat du premier tour », prévient Frédéric Dabi. Xavier Bertrand reste néanmoins en position de force dans sa région : il serait réélu quel que soir le scénario, en duel (37% contre 33% pour le RN) comme en triangulaire -  obtenant un avantage encore plus net qu'en 2015 - avec 42% contre 34% pour le RN et 24 % pour EELV-PS.

« Xavier Bertrand a très clairement installé dans l'opinion publique des Hauts-de-France, et peut-être même à l'échelle nationale une double équation », constate Frédéric Dabi. « D'abord affirmer que la politique peut changer le quotidien des gens : il va d'ailleurs très fortement montrer son attachement sur des sujets du quotidien, comme les transports, la sécurité et l'emploi, à l'image de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. Ensuite, il veut prendre l'exemple, comme l'avait fait Jean-Louis Borloo, ex-maire de Valenciennes devenu ministre de 2002 à 2010, de son bilan dans une Région en proie à des difficultés économiques et sociales certaines, afin de faire entendre qu'il peut appliquer les mêmes recettes au pays entier. Cette stratégie, dans un contexte d'abstention extrêmement forte pour les élections régionales, vise à dégeler le glacis abstentionniste de gauche, de droite et du RN », conclut le directeur général adjoint de l'Ifop. Une stratégie gagnante pour s'imposer dans son camp comme le plus susceptible de casser le duopole Macron/Le Pen en 2022 ? Xavier Bertrand l'espère sans doute, le croit probablement possible, mais il restera, après les Régionales, à convaincre l'opinion que c'est une stratégie gagnante.

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Commentaires
a écrit le 24/11/2020 à 18:54 :
Enfin un homme politique qui ose et qui est lidèle à "son positionnement populaire". Ce n'est pas une posture ou une imposture, ce sont ses convictions personnelles qu'il met au service des français qu'il écoute. Ce positonnement fut le fait de Jacques Chirac fondateur du rassemblement populaire (RPR), de Charles De Gaulle fondateur du mouvement populaire (MRP). Il ne fait pas partie de la communauté delena, qui privilégie l'Etat, la règlementation, les subventions pour développer le bien commun qu'elle décide sans véritable égard au peuple de France et aux "inutiles". Il est un authentique et expérimenté stratège politique qui perce quand son heure est venue.
a écrit le 24/11/2020 à 16:11 :
IL faut arrêter de nous dire que X.Bertrand est L.R.,il a quitté ce parti qui n'était pas proche de ses intérêts et ses idées. Maintenant,il se rapproche de son ancien parti en pensant qu'il est le mieux placé pour les élections de 2022.IL se trompe, nous avons un autre candidat car nous n'avons aucune sympathie pour les traîtres.
a écrit le 24/11/2020 à 13:16 :
Xavier Bertrand serait un très bon candidat pour LR en 2022.
a écrit le 24/11/2020 à 13:12 :
X Bertrand représente tout ce qu'une majorité de français ne veut plus
Un "attrape tout" comme dit l'article représente une droite flasque , sans interet
a écrit le 24/11/2020 à 9:57 :
Macron est tellement mauvais, et Lepen tellement inexistante, qu'un Bertrand ne saurait faire pire, alors pourquoi pas ?
a écrit le 24/11/2020 à 9:19 :
C'est pas Bertrand qu'il nous faudrait pour 2022 c'est Bernard Arnault, et je ne rigole pas, loin de là. Tous les politiciens actuels sont devenus bien trop serviles et donc bien trop faibles pour être d'une quelconque utilité à la nation française. Encore autrefois ils avaient des idées qu'ils soumettaient à l'oligarchie, maintenant ce ne sont plus que les cabinets comptables et financiers qui imposent directement leur misérable feuille de route via ces véritables serpillières que sont devenus nos élus. Leurs postures et shows deviennent bien indécents à l'époque actuelle d'ailleurs.

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