Epargnée par la Covid, l'Île-de-France veut maintenir son attractivité

Malgré la guerre en Ukraine et sachant que la Russie ne fait pas partie des principaux partenaires de la région-capitale, l'Île-de-France est "persuadée" qu'elle maintiendra son niveau d'attractivité en 2022. La Coupe du Monde de rugby et les JO sont affichées en "vitrines internationales". De la même façon que le Grand Paris surfe sur l'implantation des services financiers post-Brexit.
César Armand
(Crédits : CHARLES PLATIAU)

C'est la région la plus riche de France et d'Europe avec 30% du PIB national généré. Elle est aussi la collectivité locale qui revendique l'accueil d'un quart des projets d'investissements directs étrangers (IDE), comptant pour 24% des nouveaux emplois créés. Forte de ces atouts, malgré la guerre en Ukraine qui touche les régions françaises qui commercent avec la Russie ou l'Ukraine, le territoire francilien préfère afficher son optimisme.

"La guerre en Ukraine va forcément ouvrir des périodes d'incertitudes pour certains investissements, même si la Russie ne fait pas partie des principaux partenaires de l'Île-de-France.

Mais tout comme dans la période Covid où la région a réussi à tirer son épingle du jeu, je reste persuadée que nous réussirons à bien nous maintenir dans les prochaines décisions d'investissement des entreprises étrangères", assure à La Tribune la présidente de Choose Paris Region, Alexandra Dublanche.

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La Coupe du monde de rugby et les JO, "vitrines internationales"

En attendant les grands événements comme la Coupe de monde de rugby à l'automne 2023 et les Jeux olympiques et paralympiques à l'été 2024, "facteurs d'attractivité car vitrines internationales", l'Île-de-France affiche un total de 404 investissements directs étrangers (IDE) en 2021, contre 336 en 2020 et 415 en 2019, selon les chiffres de l'agence régionale. Résultat: 10.200 nouveaux emplois créés contre 10.797 en 2020 et 9.660 en 2019.

Reste que le budget du Comité d'organisation des Jeux olympiques (Cojo) de Paris 2024 d'un montant de 4 milliards d'euros va être revu d'ici à fin 2022. Le tour de table côté sponsors, d'un total de 1,1 milliard d'euros, n'est pas encore bouclé. Selon l'AFP, l'exécutif a demandé aux organisateurs de saisir le comité d'audit avant l'été, sans parler des éventuelles conséquences économiques du conflit en cours.

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En parallèle de ces dépenses exceptionnelles, l'agence Choose Paris reste confiante :

"Au-delà de Saclay, de La Défense et de Marne-la-Vallée, un cercle vertueux se met en place avec des emplois qualitatifs", décrit, pour sa part, Alexandra Dublanche.

"Nous sommes dans la monde post-Covid où la situation se transforme et mène à une reconfiguration des investissements dans les entreprises qui suivent les salariés quitter les métropoles et  s'installer dans les petites communes. C'est notre rôle d'aller mettre des services publics, des transports... pour faciliter la vie des entreprises", poursuit la vice-présidente chargée de la Relance, du Développement économique, de l'Attractivité et de l'Innovation du conseil régional d'Île-de-France.

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75% de l'implantation des services financiers post-Brexit

Après l'arrivée, notamment, de l'Autorité bancaire européenne à La Défense ou du gestionnaire d'actifs BlackRock, l'agence d'attractivité de la région-capitale revendique 75% de l'implantation française des projets de services financiers post-Brexit. La gestion d'actifs arrivant devant la banque, les fintechs et l'assurance.

Force est de constater pourtant que dans la City, les emplois bancaires ont bondi de 129% en 2021 et progressé de 85% par rapport à la moyenne des embauches, selon une étude de Morgan McKinley et Vacancysoft publiée début janvier 2022. Choose Paris Region rétorque que JP Morgan vise 800 collaborateurs contre 700 pour fin 2022 ; Morgan Stanley 320 au lieu de 200 d'ici à fin 2023.

"Nous allons continuer à être un grand centre d'attractivité dans un contexte post-Brexit. Depuis le référendum, nous sommes la place financière européenne qui bénéficie le plus des relocalisations en termes d'emplois, et ce dans un très large spectre de services financiers. Nous aurons même une deuxième phase en matière de R&D et d'industrie", dit encore Alexandra Dublanche.

L'Ile-de-France s'affirme en effet comme le cœur de la recherche et du développement (R&D). Déjà première au classement national avec 42% de l'effort, la région-capitale déclare 50 investissements directs étrangers (IDE) et 1.367 emplois générés en 2021.  "Avec Google, Intel, Facebook, nous avons réussi à positionner l'Ile-de-France comme hub mondial de l'innovation", conclut la présidente de Choose Paris Region.

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César Armand

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Commentaire 1
à écrit le 28/03/2022 à 15:17
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@citoyen blasé Toujours là même rengaine . Faut changer de disque … dur ou déménager en Grande-Bretagne … Asselineau la crotte qui va voter pour un type pareil ? qui le charisme d un bulot et la géostratégie d une ligne Magînot…. Dans les années 30 o...

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