Île-de-France  : comment Pécresse l'a emporté

Au coude-à-coude jusqu'au bout, Valérie Pécresse et Claude Bartolone ont finalement été séparés par 60.151 voix au second tour des élections régionales en Île-de-France. Une très courte avance pour la candidate de la droite qui n'était pourtant pas en ballottage favorable après le premier tour.
Mathias Thépot

5 mn

Valérie Pécresse a bénéficié de voix du Front national au second tour des élections régionales en Île-de-France.
Valérie Pécresse a bénéficié de voix du Front national au second tour des élections régionales en Île-de-France. (Crédits : Reuters)

En tête dans tous les sondages avant le premier tour, la victoire de Valérie Pécresse (LR-UDI-MoDem) semblait ne faire aucun doute avant que les franciliens ne soient appelés à voter il y a huit jours. Mais les certitudes de la droite ont été battues en brèche par le premier tour des élections régionales où, sans compter l'extrême droite, l'addition des blocs de gauche (PS-EELV-Front de gauche) ressortait à un niveau supérieur à l'addition des blocs de droite (39,85 % contre 39,41 % des suffrages). La candidate de droite s'est même retrouvée dans les cordes lorsque Nicolas Dupont-Aignan, tête de liste Débout la France (5,57 % au premier tour) a annoncé lundi dernier qu'il ne donnerait pas de consignes de vote pour le second tour.

Un report de voix FN vers la droite ?

Mais c'était sans compter sur les reports de voix du Front national au second tour pour Valérie Pécresse. En effet, le candidat FN Wallerand de Saint-Just a perdu environ 77.000 voix entre les deux tours des élections régionales, passant de 18,7 % des suffrages au premier tour, à 14,02 % au second. Or, Valérie Pécresse, devance in fine Claude Bartolone de 60.151 voix, une marge infime quand on sait que plus de 7 millions de franciliens sont inscrits sur les listes électorales et que 3,7 millions ont voté hier.

Et alors que l'extrême droite arrivait en tête au premier tour dans 682 communes franciliennes réparties principalement dans l'est de la Seine-et-Marne, le sud-ouest des Yvelines,  l'ouest du Val d'Oise et le sud de l'Essonne, le candidat frontiste n'est arrivé en tête que dans une centaine de ces communes au second tour. A l'inverse l'alliance LR-UDI-MoDem a remporté au second tour l'écrasante majorité des communes situées dans ces zones.

On peut ainsi penser que plusieurs dizaines de milliers d'électeurs FN ont préféré « voter utile » pour Valérie Pécresse au second tour et faire battre la gauche. Une analyse renforcée par la bonne participation au second tour (52,49 %), soit environ 470.000 votants de plus que lors du premier tour, conjuguée aux bons reports de voix des alliés du PS pour la liste commune de la gauche. En effet au second tour, Claude Bartolone dépasse de 273.000 voix le total des voix du bloc de gauche au premier tour.

Campagne chaotique de la gauche

Au-delà des reports de voix du Front national, Valérie Pécresse aura certainement bénéficié de la fin de campagne chaotique de la gauche, qui s'est clôturée par les propos très polémiques de Claude Bartolone, accusant la candidate de la droite de défendre « Versailles, Neuilly et la race blanche ». Une accusation maladroite destinée notamment à mobiliser un jeune électorat de gauche abstentionniste. Mais de fait, ces propos vindicatifs qui ne s'imposaient pas, puisque Claude Bartolone semblait en ballottage favorable après le premier tour, auront participé à sa défaite.

Du reste, le principal aspect négatif de la campagne de Claude Bartolone tient à son entrée en campagne très tardive, qui s'est décidée lors des mois de mai et de juin 2015. Il faut dire que l'actuel président de l'Assemblée nationale - dont le fief se situe en Seine-Saint Denis - aurait, dans l'idéal, préféré briguer la présidence de la future métropole du Grand Paris. Mais les dernières élections municipales qui ont vu la majorité des communes de l'agglomération basculer à droite, rendant une victoire de la gauche impossible, l'ont incité à renoncer à cette présidence.

L'exécutif souhaitait un poids lourd face à Pécresse

Or en haut lieu, on ne souhaitait pas laisser Jean-Paul Huchon se présenter une nouvelle fois, après 17 ans de présidence, à la tête de la région française la plus puissante économiquement. Le risque était trop grand de voir l'ancien maire de Conflans Saint-Honorine perdre face à sa grande rivale Valérie Pécresse.

Et si la candidature de la socialiste Marie-Pierre de la Gontrie, conseillère régionale aux côtés de Jean Paul Huchon, fut un temps évoquée, son faible poids politique au niveau national a clairement joué en sa défaveur. Finalement, on a donc persuadé Claude Bartolone de mettre le Perchoir de côté quelques semaines, afin de conserver la région-capitale. Mais avec le recul, on pourra dire que ces manœuvres politiciennes de dernières minutes auront porté atteinte à la crédibilité du candidat de la gauche pour ces élections.

La campagne de la droite a aussi été violente

A l'inverse, Valérie Pécresse briguait la présidence de la région depuis début 2014. En outre, elle était déjà la concurrente de Jean Paul Huchon lors des élections régionales franciliennes de 2010. De quoi mieux parfaire ses connaissances des dossiers franciliens que son concurrent de la gauche, ce qui lui a certainement permis de se confronter davantage à ses détracteurs durant la campagne. Par exemple, quand Claude Bartolone préférait laisser ses lieutenants délivrer les messages de la gauche à la presse, la candidate de la droite s'est à plusieurs reprises présentée seule devant les journalistes.

Le travail de fond de la candidate de la droite aurait donc payé, malgré une campagne où elle aura, comme la gauche, misé sur des attaques sortant du cadre des compétences de la région. On peut notamment rappeler l'affaire du tweet de son conseiller Geoffroy Didier sur les propos de Claude Bartolone citant Tariq Ramadan. Un événement qui rappelle aussi que l'entourage de la future présidente de la région Île-de-France n'a pas fait l'économie de dérives droitières durant la campagne.

Mathias Thépot

5 mn

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Commentaires 26
à écrit le 22/12/2015 à 16:27
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bartolone n'était pas assez rassembleur, faisait un peu vieux par rapport à Pécresse, sans compter des déclarations inacceptables. la défaite était dans le choix du candidat. une ministre, un maire plus jeunes, auraient pu mieux faire campagne ...

à écrit le 21/12/2015 à 17:07
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Bartolone devrait être poursuivi pour abus de biens sociaux et favoritisme si on en croit la création de restaurant de son frère ainsi que les fastueux cadeaux concernant les dépenses offertes à cet établissement par la création d'une place spacieuse...

à écrit le 17/12/2015 à 13:35
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Barcelona a reussi, avec sa phrase, une synthèse entre le Maxisme et le nazisme. Il a ainsi ouvertement fait propager les messages de haine et du racisme, ce contre lequel son propre parti appelle à faire barrage

le 18/12/2015 à 21:53
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barrage qu'ils n'ont pas appliqué bien sûr tout comme hollande a dit moi président, aucun ministre avec un mandat local, le drian a signé la charte pour en suite se présenter, que fait la police ? etc etc.. que des menteurs, non seulement les p...

à écrit le 16/12/2015 à 11:30
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qui pourrait en vouloir , à Valerie Pecresse , d'avoir un peu ...le coeur ... à Neuilly ? celà arrive , meme à des gens très bien ? non ?

à écrit le 16/12/2015 à 9:58
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l'article est intéressant mais on sent un journaliste "formaté" politiquement : il y a des "dérives droitière" côté LR, pas de dérives gauchistes côté PS (et pourtant....) A quand une étude sociologique sur les journalistes ? :)

le 16/12/2015 à 15:11
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Factuellement la politique du gouvernent socialiste est plus à droite que celle menée par De Gaulle. Celui-ci a nationalisé à tour de bras (Industries et Banques), il a consolidé les systèmes de retraite, chômage et sécurité sociale, il avait une po...

à écrit le 15/12/2015 à 22:14
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les bobos se cherchent des excuses alors que le parti des traitres a couler le pays en 3 ans l heure d el audit des comptes arrivent en 2017

le 17/12/2015 à 12:32
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Quand on voit ou en était le pays en 2002 (déficit annuel, dette etc...) puis en 2012 , on devine qui a coulé le pays mais vous devez avoir la mémoire courte ( elle doit démarrer en mai-juin 2012 certainement le reste et notamment 2007-2012 a du être...

le 18/12/2015 à 21:59
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le problème n'est pas 2012, mais ayant pris des responsabilités à cette date, c'est de voir ce qui a été fait, réformé, et pour quesl résultats : - 2200 milliards de dette, 5 millions de chomeurs, + 20 000 par mois au minimum, record d'impôts et c...

à écrit le 15/12/2015 à 14:08
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Si je comprends bien, Pécresse a fait une bonne campagne et Barto une mauvaise. Le résultat est-il injuste ?

le 16/12/2015 à 11:32
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mais , Bartolone fait amende honorable : il est parti à Neuilly hier .

à écrit le 15/12/2015 à 13:14
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On a noté que la campagne électorale a décidé à voter de nombreux citoyens abstentionnistes du premier tour. Je n’ai pas trouvé d’analyse précise permettant de déterminer les partis qui avait le plus bénéficié de cet apport de voix supplémentaire. Au...

à écrit le 15/12/2015 à 13:02
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Elle n'a pas gagné... c'est un rejet des autres, ceux de la fausse gauche. Terrible, inquiétant , en France on s'abstient où on vote contre!!! Mais ça ne gêne pas nos super cerveaux déconnectés des réalités!

à écrit le 14/12/2015 à 20:21
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La défaite d'un fainéant... la gauche n'a pas fait grand chose pour améliorer le quotidien des franciliens (tous les franciliens).

à écrit le 14/12/2015 à 20:07
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Euh... envoyer un élu de Seine Saint Denis, le département auquel aucun autre ne veut ressembler même dans ses pires cauchemars n'était peut être pas une bonne idée...

à écrit le 14/12/2015 à 19:56
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Moi qui avais voté FN au premier tour, je comptais revoter FN au deuxième. Mais , compte tenu des propos abjects de ce monsieur, après avoir longuement réfléchi, j'ai décidé de voter contre lui en votant Pécresse. Et je ne le regrette pas, ce type ...

le 15/12/2015 à 9:30
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Mon grand père était aussi Italien et je suis heuruex que les ancêtres du Fn n'aient pas été au pouvoir dans les années 30, sinon mon grand-père n'aurait jamais pu rester et ni vous ni moi ne serait la pour commenter ces actualités. Dommage que vous...

à écrit le 14/12/2015 à 18:58
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La faute est peut-être à rechercher du côté du directeur de campagne de Bartolone ? Luc Carvounas peu avare de propos outranciers, diffamatoires et faisant le jeu d'une politique nauséabonbe. Les erreurs de castings sont nombreuses au PS avec le ...

à écrit le 14/12/2015 à 17:07
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Pourquoi parler de "dérives droitières" et jamais des dérives gauchistes pourtant bien avérées?

le 14/12/2015 à 22:59
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Tout simplement parce que la France est un vrai pays communiste, avec des médias aux ordres!!!!!

à écrit le 14/12/2015 à 17:03
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Article cohérent. A la limite près d'un autre aspect: le rejet de la politique (dictée par les dogmatiques écolos) à Anne Hidalgo. Nombre de Franciliens (yc à gauche) ne la supportent plus, et espèrent un peu de rééquilibrage grace à V Pécresse..

le 15/12/2015 à 9:33
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Que savez-vous de ce que pensent les électeurs de gauche ? Car manifestement vous n'en êtes pas.

à écrit le 14/12/2015 à 16:59
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On en connait une qui ne doit pas pavoiser dans son hôtel de ville au bord de la Seine, en pensant a son budget, et à ses projets nécessitant le soutient de la Région. Le temps va se couvrir pour le boboîsme dépensier, et les fêtes subventionnées.

à écrit le 14/12/2015 à 16:43
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le plus grand parti est l'abstention, le rejet des politiques de tout bord Vous avez du boulot Madame Pecresse vous êtes sur un siège éjectable, bon courage! Barcelone devrait démissionner de la présidence de l'assemblée puisqu'il est rejeté par ce...

à écrit le 14/12/2015 à 16:40
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les déclarations des écolos sur le diesel ont du aussi aider un peu...

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