JO 2024 : « J'ai le souci majeur qu'il n'y ait pas deux Seine-Saint-Denis » Stéphane Troussel, président du département)
César Armand
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Conseil Départemental de la Seine-Saint-Denis
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LA TRIBUNE - Vous venez de voter le budget 2023 du département de la Seine-Saint-Denis avec 457 millions d'euros d'investissements, soit 12,1% de plus par rapport à 2022. Alors que les dépenses d'énergie grèvent les budgets des collectivités locales, comment avez-vous fait ?
STEPHANE TROUSSEL - Grâce à la recentralisation au niveau de l'Etat du financement du revenu de solidarité active (RSA) depuis le 1er janvier 2022. Cela nous permet de retrouver de nouvelles marges de manœuvre et de prévoir pour 2023 des investissements à hauteur de 457 millions d'euros, ce qui est inédit pour notre conseil départemental. Cela nous permet notamment de flécher 46 millions d'euros vers notre nouvelle politique pour l'insertion des allocataires du RSA.
Dans le même temps, vous avez refusé, le 13 décembre, participer à l'expérimentation de « France Travail » lancée par l'Etat pour mieux accompagner les locataires du RSA. Pourquoi ?
Le RSA est un droit social. Je veux bien participer à une expérimentation, mais cette dernière ne doit pas s'appuyer sur des propos de campagne simplificateurs (lors de la dernière campagne, le président-candidat Macron avait déclaré vouloir conditionner le RSA à « l'obligation de consacrer 15 à 20 heures par semaine pour une activité permettant d'aller vers l'insertion professionnelle », Ndlr). Elle doit réellement accompagner les allocataires. Aussi, j'ai notamment posé comme condition que le conseil départemental reste maître de l'orientation de l'allocataire. A date, j'attends encore un retour de l'Etat sur les modalités précises de cette expérimentation.
Dans votre livre Seine-Saint-Denis, La République au défi (L'Aube, octobre 2022), vous écrivez d'ailleurs : « La gauche n'a plus de problème avec l'économie ». En quoi était-ce la peine de le rappeler ?
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Malgré l'alignement des standards néolibéraux des années 1980-1990, je considère qu'après les Trente Glorieuses, il y a eu ce rouleau compresseur. Au mieux, vous y résistez. Au pire, vous vous coulez dans le moule. Dans le contexte actuel, ce modèle a montré ses limites entre explosion des inégalités, lutte contre le dérèglement climatique, casse des services publics, montée de l'extrême-droite et retrait civique de la population. Au moment où nous réaffirmons une forme de rupture à gauche, certains font croire que nous ne saurions pas gérer les choses. Nous avons déjà prouvé le contraire, en particulier dans nos collectivités.
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