En Seine-Saint-Denis, le gouvernement signe un chèque... sans montant
César Armand

Photo d'illustration
Charles Platiau
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Hors norme. Venu présenter "l'État fort en Seine-Saint-Denis", ce 31 octobre à la préfecture de Bobigny, le premier ministre a répété six fois cet adjectif. Tant pour qualifier le "potentiel" du 93 que ses "difficultés".
Accompagnés de six ministres et secrétaires d'État, Edouard Philippe a présenté vingt-trois mesures, en matière d'attractivité, de sécurité, d'éducation, de santé et de justice. Seul bémol: il n'a pas précisé le chiffrage du montant global. Interrogé sur ce point à l'issue de son discours, il a préféré sourire.
Parmi les annonces-clés, l'octroi dès le premier semestre 2020 d'une prime de fidélisation de 10.000 euros aux fonctionnaires restés 5 ans en service, versée en priorité aux "agents en première ligne" comme les enseignants. "La moyenne d'ancienneté en Seine-Saint-Denis est de 2,7 années contre 7,4 en Essonne", a justifié le locataire de Matignon.
Autre promesse face au record de crimes et délits pour 1.000 habitants: l'affectation de 100 officiers de police judiciaire supplémentaires sur deux ans, soit 50 en septembre 2020 et 50 mi-2021.
La justice verra, elle aussi, ses ressources humaines augmenter. 35 postes de greffiers (+15 % des effectifs), "dont 20 d'ici à 2020", seront ainsi créés. Et 12 postes de magistrats seront pérennisés. Par ailleurs, les collectivités bénéficieront de 20 millions d'euros - 2 millions par an pendant une décennie - pour financer leurs investissements d'immobiliers scolaires.
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En réalité, à moins de cinq ans des Jeux olympiques et de la livraison du Grand Paris Express, Edouard Philippe rêve d'un "Grand Paris plus dynamique capable de rivaliser avec les métropoles mondiales [...] plus solidaire, aménageant plus intelligemment sa géographie [et] à la pointe de la transition écologique".
Reste que le premier ministre compte sur les élus du territoire pour appliquer son "plan sérieux". "Ceci est très positif et correspond à ce que nous attendions, mais le sujet de l'aide à la vie associative manque un peu", pointe toutefois Yannick Hoppe, maire (UDI) du Bourget.
Dans l'ensemble, les élus saluent cette prise de conscience gouvernementale, certes tardive.
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De son côté, François Cornut-Gentille, co-auteur en mai 2018 d'un rapport parlementaire sur l'action de l'État dans l'exercice de ses missions régaliennes dans le 93, compte bien rédiger, "dans le courant de l'hiver", "un rapport de suivi pour s'assurer que ce n'est pas un recyclage de mesures".
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