Plan d'urbanisme à Paris: 100.000 emplois menacés selon le Medef
Propos recueillis par César Armand
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Marie-Sophie Claverie Ngo Ky est directrice générale du Medef Paris.
Philippe Wojazer
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Marie-Sophie Claverie Ngo Ky est directrice générale du Medef Paris.
Philippe Wojazer
LA TRIBUNE - Le plan local d'urbanisme bioclimatique (PLUb) a définitivement été présenté hier par la majorité d'Anne Hidalgo qui défend un équilibre bureaux-logements. Partagez-vous cette philosophie sachant que les salariés de vos chefs d'entreprise n'arrivent plus à se loger ?
MARIE-SOPHIE CLAVERIE NGO KY - Il ne faut pas opposer bureaux et logements. Les bureaux sont des mètres carrés dédiés à l'emploi. Aujourd'hui, le logement représente environ 95 millions de m² de la surface bâtie à Paris et le bureau seulement 20 millions de m².
Quel est le bon mix pour une capitale mondiale comme Paris ? A vouloir imposer de nouvelles contraintes, on fragilise à la fois la dynamique d'emplois des bureaux et les activités des commerces, des restaurants et des salles de spectacles ou de sport qui sont installés à proximité.
Le logement des salariés est l'impensé de ce PLUb. Nous avions pourtant proposé des solutions : développer le logement intermédiaire (22.000 logements intermédiaires aujourd'hui à Paris contre 220 000 logements sociaux), construire une véritable politique concertée pour le logement au niveau de la métropole du Grand Paris ou accepter davantage de monter les immeubles en hauteur.
Que pensez-vous de la nouvelle carte du « pastillage », c'est-à-dire la liste des bâtiments susceptibles d'être convertis en logements sociaux ou en espaces verts ? Il y a six mois, vous aviez interpellé la mairie de Paris sur le grand nombre d'entre eux.
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Malgré quelques évolutions marginales, plus de 800 immeubles dans Paris sont toujours concernés par le pastillage. Ce sont des volumes considérables et déconnectés des capacités techniques et financières de la Ville de Paris surtout quand on constate que seuls 30 à 35 % des immeubles pastillés dans l'actuel PLU ont été réellement transformés en logements ces vingt dernières années.
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Une pastille sur un immeuble de bureaux est une épée de Damoclès car la menace que l'immeuble soit transformé est permanente. L'entreprise ne va donc plus engager de travaux de rénovation. Et les investisseurs risquent d'investir dans des immeubles de bureaux situés dans d'autres métropoles avec des conséquences évidentes sur l'emploi. 2 millions de m² de bureaux « pastillés », ce sont près de 100.000 emplois qui sont menacés à Paris. 20 mètres carrés de bureaux correspondent à un emploi.
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