L’accélérateur lillois TIA s'agrandit et essaime en France

Geneviève Hermann

Geneviève Hermann
Mercredi matin 15 octobre à la Tour Lille Europe, une réunion de travail a lieu entre plusieurs entreprises, l'animateur NFID du réseau local J'Innove en Nord - Pas-de-Calais, le Réseau Entreprendre Nord et les pôles de compétitivités I'Trans et Matikem. Sont présents Orange, Rabot Dutilleul, Veolia, Kingfisher, la Sncf, Total, La Poste, OVH et bien d'autres. BNP Paribas Centre d'Affaires Nord de France Entreprises leur a prêté une salle. Organisée par le TIA (Territorial Innovation Accelerator), cette réunion traite des moyens à mettre en œuvre pour aider les startups locales à croitre. C'est dans l'air du temps. Mais nulle part ailleurs en France des groupes privés travaillent ensemble sur cette question en partenariat avec des instances publiques.
Le TIA est unique en son genre dans l'Hexagone. Il est né à Lille à l'initiative de François Monié, alors responsable régional innovation de Véolia Environnement. Son idée : décliner sur son territoire avec des partenaires locaux le Veolia Innovation Accelerator, un programme lancé à l'international par son groupe pour détecter les entreprises innovantes et leur offrir un accès à des marchés, des sites pilotes et des ressources en R&D. François Monié se rapproche de Charles Delobel, directeur des projets innovants à la Direction Orange Nord de France, et de Julien Barcet, chef de projet développement durable & innovations chez Rabot Dutilleul Construction. Les trois hommes contactent NFID, la structure d'accompagnement à l'innovation portée par la Région. Ils lui proposent la création d'un accélérateur privé-public territorial. C'était en 2012.
Jean Marie Pruvot, directeur de NFID remarque :
Charles Delobel précise :
Le premier appel à projets s'intéressait aux bâtiments intelligents, le second aux villes de demain, le troisième aux matériaux innovants pour l'habitat et le tout dernier à la mobilité connectée. Rien que les deux premiers ont donné lieu à 15 conventions de partenariats. Le second vient juste de se conclure. Il est encore trop tôt pour en connaître les candidats. Et le troisième est à peine lancé. Camille Thiriez, président et cofondateur d'Effigénie se félicite. Son entreprise est spécialisée dans la gestion énergétique des bâtiments tertiaires et industriels.
« Nous avons signé des conventions avec Effigénie, Webinage, Espaciel et Quarnot Computing. Elles vont nous permettre d'enrichir nos offres et d'apporter à nos clients des services supplémentaires. Tout le monde est gagnant », indique Julien Barcet.
Le partenariat avec Orange a permis à Ecota.co d'équiper ses véhicules de transport avec chauffeur d'un petit boitier mobile donnant accès à la 4G durant les trajets. Cette entreprise propose une application mobile pour réserver des voitures avec chauffeur.
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Alexis Quesney, cofondateur d'Ecota.co, raconte :
L'arrivée cet été de SNCF Développement dans le TIA a sans doute joué. Elle avait été précédée début 2014 par celle de Kingfisher. Depuis d'autres frappent à la porte. « Le TIA sert aussi à mutualiser chacune de nos ressources dédiées à l'accompagnement des entreprises innovantes. Nous avons tout intérêt à l'ouvrir à d'autres partenaires », souligne Julien Barcet. Dans la mesure toutefois où il ne s'agit pas de concurrent direct. SFR a peu de chance d'entrer au club.
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Née à Lille, le TIA intéresse d'autres régions et va bientôt faire des petits au delà du Nord - Pas-de-Calais. « Nous allons le dupliquer en Ile-de-France avec la CCI de Seine-Saint-Denis. Le lancement officiel aura lieu le 9 décembre. La région Champagne Ardennes nous a également sollicité », précise Charles Delobel.
De quoi tordre le coup au tropisme parisien qui tue souvent dans l'œuf les initiatives locales porteuses d'avenir.
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