ETI : où sont les champions languedociens de demain ?

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(Crédits : Reuters)
Lors d'un débat organisé à Montpellier par La Tribune, des chefs d'entreprises, Bpifrance et ERDF ont réfléchi ensemble pour identifier comment favoriser la croissance des PME de la région en entreprises de taille intermédiaire.

Sur les 4700 ETI françaises, seules 70 sont basées en Languedoc-Roussillon. Montpellier et ses environs se classent ainsi parmi les régions françaises qui comptent le moins d'entreprises de taille intermédiaire. Or, ces entreprises de 250 à 4999 salariés sont celles qui recèlent le plus grand potentiel de croissance et de création d'emplois. Avec ses partenaires Bpifrance et ERDF, La Tribune a ouvert le débat à Montpellier le vendredi 17 octobre pour identifier comment lever les freins de la croissance des PME en ETI. "Plus encore que lever les freins de la croissance, nous souhaitons que cet échange permette de définir des recettes de succès pour toutes les entreprises", a souligné Jean-Claude Gallo, président d'Objectif Languedoc-Roussillon et vice-président de La Tribune.

Trouver des profils adaptés aux besoins de recrutement de l'entreprise a été une des difficultés citées lors de ce débat. Pour Guillaume Bardy, directeur investissement ETI et grands groupes chez Bpifrance, le coût de la vie à Montpellier -où les prix de l'immobilier sont soutenus par la demande des retraités qui viennent s'installer dans la région- réduit l'attractivité de la région auprès des cadres. Guy Bastide fondateur et président de Bastide Le Confort Médical, a souligné la difficulté à trouver les bons profils pour la centaine de postes créés par an par son ETI de 1300 salariés, spécialisée dans l'accompagnement des malades à domicile : "Ainsi, une quarantaine de postes en CDI sont en permanence à pourvoir". A la tête de la division régionale Languedoc-Roussillon d'ERDF, Karim Rafaï doit lui aussi relever un défi de recrutement : "Du fait de la pyramide des âges, 40% des effectifs devront être remplacés d'ici à 8 ans. Pour cela, nous intégrons une cinquantaine d'apprentis par an, et nous en embauchons un sur deux à l'issue de leur formation." De son côté, Agnès Godineau, la présidente de Logitrade, a déploré le manque de compétences en langues étrangères en France, et a préféré aller chercher à l'étranger certains talents.

La stratégie du low-cost risquée

Côté financement, Guillaume Bardy a plaidé pour que les ETI -souvent familiales- n'hésitent pas à ouvrir leur capital : "Un actionnaire financier professionnel comme Bpifrance peut prendre une part minoritaire au capital d'ETI qui souhaitent consolider leurs fonds propres pour sécuriser leurs projets de croissance. Nous apportons aussi des conseils." Guy Bastide a abondé dans le sens de l'ouverture du capital, plaidant pour sa part pour l'introduction en Bourse, qu'il a réalisée pour son groupe en 1997.

Parmi les freins à la croissance, Agnès Godineau a souligné que "face à des concurrents venant des pays émergents, la stratégie du low cost peut s'avérer risquée. Mieux vaut privilégier la différenciation sur le marché." Karim Rafaï a de son côté promu l'idée de nouer des relations fortes avec ses prestataires : "ERDF s'appuie sur un réseau de PME et d'ETI locales pour assurer la qualité de service sur le réseau électrique. Si un de nos prestataires fait défaut, c'est notre activité qui se trouve menacée, nous veillons donc à garantir ma solidité du tissu industriel local." Ces relations inter-entreprises en "filière" sont l'une des forces du tissu économique allemand, qui compte trois fois plus d'ETI que la France.

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