CES 2020 : l'edtech à l'honneur pour la délégation aquitaine
Mikaël Lozano

Marbotic a développé une collection d’applications et de pièces en bois dont la fonction est de divertir mais surtout d’apprendre.
Marbotic
Mikaël Lozano

Marbotic a développé une collection d’applications et de pièces en bois dont la fonction est de divertir mais surtout d’apprendre.
Marbotic
Au total, 27 entreprises partiront au prochain CES Las Vegas sous la bannière #TeamNAqui portée par le Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, appuyé par ses partenaires. Parmi elles, trois startups étiquetées « edtech », investies dans la technologie au service de l'éducation.
Marbotic, fondée et dirigée par Marie Mérouze, conçoit, fabrique et commercialise des jeux éducatifs pour les enfants de 3 à 6 ans, alliant jouets en bois interactifs et applications pour tablettes permettant d'apprendre à lire et à compter. Repérée et distribuée dans le monde entier par Apple, la startup bordelaise a réussi un tour de force technique pour faire reconnaître par les tablettes tactiles ses pièces en bois ne comprenant aucun composant électronique.
Ces jouets, en utilisant l'électricité statique produite par le corps humain, sont capables d'être détectés par l'écran tactile des iPads, la célèbre tablette d'Apple. Chiffres, lettres et formes se marient avec une application permettant à l'enfant de jouer... et d'apprendre tout en s'amusant. La startup réalise déjà plus de 90 % de son chiffre d'affaires à l'international.
Pour la dirigeante, « l'edtech est un marché très particulier, de temps long, où l'inertie est très importante : il est compliqué à pénétrer mais si on y arrive, on y est pour un moment. Inversement, tout va très vite dans l'univers du jeu, où les distributeurs cherchent souvent à faire des coups. »
Aux Pays-Bas, 50 % des écoles ont été équipées avec des produits Marbotic : en France, seule l'académie de Caen vient de débuter un test. Côté grand public, « travailler avec Apple nous a fait entrer dans une autre dimension. Cette année nous avons lancé notre premier produit sous licence, avec Sesame Street [célèbre série télévisée éducative aux États-Unis, ndlr] ainsi que de nouveaux jeux éducatifs en partenariat avec la société américaine Osmo », complète Marie Mérouze.
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Dipongo sera aussi de la partie. Destinée aux enfants de 4 à 9 ans, son application créative d'histoires personnalisées mêle les mondes réel et virtuel. Sur tablettes et smartphones, la startup permet aux enfants d'être moins passifs devant les écrans et plus autonomes. C'est à l'enfant de dessiner, modeler, construire... pour poursuivre les aventures des personnages. La startup bordelaise a été distinguée par un CES Innovation Award dans la catégorie Software & Mobile Apps.
Troisième représentant de la filière edtech en Nouvelle-Aquitaine : Prof en Poche. Basée à Pau et présente à Paris, dans l'incubateur Numa, la société édite la plateforme du même nom. La version gratuite permet au jeune internaute d'être orienté vers des contenus pédagogiques. La version payante, elle, met en relation l'enfant ou l'adolescent avec un professeur pour un véritable soutien scolaire numérique, du CP au bac. Rentable depuis l'an dernier, Prof en Poche compte plus de 300.000 utilisateurs.
Au CES, la société paloise de 11 personnes présentera son projet baptisé Mathia, un assistant pédagogique intelligent composé d'une application pour tablette tactile et d'une pyramide holographique.
Ce « partenariat d'innovation intelligence artificielle » implique également Tralalère, Lumen AI et Cabrilog. Le dispositif a vocation à aider les écoliers du CP au CE2 à visualiser en 2D et 3D, grâce à la pyramide, et donc mieux maîtriser les concepts mathématique et géométriques alors que leurs capacités d'abstraction sont encore limitées.
« Mathia pourra reconnaître la voix de chaque élève, mener un jeu de questions/réponses, permettre de visualiser les concepts mathématiques grâce à la représentation holographique, proposer des parcours personnalisés pour aider à progresser, tout en remontant aux enseignants des éléments sur ce qui est acquis ou pas pour chaque élève », décrit Vincent Escudé.
Le dirigeant met en avant la co-construction réalisée avec toutes les parties prenantes, en particulier les enseignants. Mathia peut s'utiliser seul, en groupe ou en atelier collaboratif. En test dans six académies, il sera déployé à grande échelle dans les écoles françaises en cas de succès de la phase de R&D, comme le prévoit le partenariat noué avec l'Éducation nationale. À terme, Prof en Poche aimerait que les pyramides holographiques soient construites par des collégiens lors de leurs cours de technologie, « de façon à créer un pont de plus entre école primaire et collège ».
Vincent Escudé estime d'ailleurs que si l'edtech semble avoir du mal à prendre pied auprès des acteurs institutionnels, c'est « parce que les solutions sont fournies clés en main. Or, tout l'enjeu dans l'éducation est de co-construire, qui a aussi pour avantage de générer davantage d'adhésion de toutes les parties. Mais les donneurs d'ordre se bougent énormément ces derniers temps, c'est bon signe. » Au CES, Prof en Poche comme les autres cibleront des distributeurs et partenaires intéressés par la vague edtech.
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ZOOM

[Crédits : Dronisos]
Créée en 2016, Dronisos est un des leaders mondiaux des spectacles de drones, pour les besoins de grands comptes et des parcs d'attraction. Elle a déjà réalisé plus de 15.000 shows dans 20 pays différents avec ses essaims de drones automatisés, évoluant sans pilote. L'entreprise bordelaise travaille également pour le monde de la publicité. Elle exposera sur la marketplace « Drones » du CES.
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Déjà très présente à l'international, Dronisos vient de changer de mode de développement. « L'idée était de trouver comment démocratiser les shows de drones, et en l'occurrence, c'est en s'appuyant sur des tiers que l'on pourra faire baisser les prix. Nous avons une technologie que nous voulons diffuser mais, au lieu de vouloir tout contrôler, nous donnons les clés du système à des tiers que nous formerons, qui répondront à la demande locale et en feront un business. Nous ne pouvons pas envoyer des collaborateurs partout. Au lieu de vendre des spectacles, on va vendre des outils qui permettent à d'autres de faire des spectacles », explique le directeur général Laurent Perchais.
Mikaël Lozano