En PACA, l'immobilier se fait "smart"

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Les enjeux de la cité, désormais, sont d'éviter le gâchis et de savoir s'adapter aux nouveaux modes de vie comme aux nouveaux modes de consommation.
Les enjeux de la cité, désormais, sont d'éviter le gâchis et de savoir s'adapter aux nouveaux modes de vie comme aux nouveaux modes de consommation. (Crédits : DR)
Dans une ville de plus en plus intelligente, l'immobilier sait lui aussi tirer toute la substantifique moelle du numérique. À Marseille comme à Nice, depuis la phase amont jusqu'à la commercialisation, la "smart attitude" est de mise. Un sujet qui sera notamment débattu lors d'Innovative City qui se tient les 16 et 17 juin à Nice Acropolis.

Dans une ville qui se revendique de plus en plus « smart », la construction, et plus largement l'immobilier, ont, eux aussi, compris tout l'intérêt que représente le numérique: quitte à avoir des objets qui communiquent et des datas à disposition, autant que tout cela serve à être plus malin, mieux préparé, bref plus... intelligent. Car les enjeux de la cité, désormais, sont d'éviter le gâchis et de savoir s'adapter aux nouveaux modes de vie comme aux nouveaux modes de consommation. C'est ce que veut prouver celui que l'on a longtemps appelé à Marseille l'îlot démonstrateur Allar, aujourd'hui connu sous le nom de Smartseille. Un projet posé sur 2,7 hectares en plein coeur d'Euroméditerranée et qui se présente comme un vrai concentré d'innovations, notamment avec des partis pris sur les nouveaux usages.

C'est le cas, par exemple, avec les places de parking qui seront mutualisées entre habitants et utilisateurs du lieu que sont les employés de bureau et les clients de l'hôtel. De la même façon, un balisage lumineux au sol, basé sur une technologie développée par Eiffage, porteur du projet, couple LED et modules électroniques coulés dans le bitume pour baliser les disponibilités des emplacements des 16 véhicules électriques mis à disposition et dont il sera possible pour les habitants et utilisateurs du lieu de faire la réservation via un portail Internet. De la même façon, EDF, de son côté, remontera l'ensemble des informations de consommation électrique sur tablettes. De quoi permettre aux habitants de confronter leur consommation avec un appartement standard et de faire de "l'intercomparaison", afin de corriger ou moduler éventuellement leur dépense énergétique. De même, à la conciergerie « classique » et physique s'ajoute une conciergerie virtuelle capable de gérer les courses ou la garde d'enfants.

« Nous sommes aux prémices de tout ce que nous avons pu imaginer, nous préparons l'avenir », souligne Luc L'Hostis, directeur collectivités Méditerranée chez EDF.

Du côté de la Baie des Anges, c'est l'opération Nice Grids qui est depuis 2011 une expérimentation grandeur nature et permet aux volontaires - industriels et particuliers - de gérer leur consommation et de laisser la main parfois à ERDF qui pilote le tout et qui avait déjà avoué au lancement du programme s'en servir, afin de préparer le virage numérique de ses métiers.

Une révolution en marche

Car c'est bien une révolution qui agite le monde de l'immobilier. Le numérique, comme dans beaucoup d'autres secteurs, oblige à travailler autrement, plus rapidement, plus efficacement et au-delà de l'offre faite à l'habitant, c'est le métier lui-même qui s'en trouve chamboulé, comme en témoigne Lahouari Kaddouri. Cet enseignant-chercheur de l'université d'Avignon a mis au point une carte interactive qui permet de connaître, sur la base du cadastre, la réglementation qui s'applique à toute parcelle. Sa startup LKSpatialist, basée à Montpellier, vient d'essaimer à Marseille et, si Nice est dans le viseur, c'est l'ensemble des quatorze métropoles hexagonales qu'il compte couvrir grâce à sa technologie qui permet l'accès à l'ensemble de la réglementation qui régit une parcelle, PLU, SCOT ou tout autre plan de prévention des risques.

« L'utilisateur entre soit le numéro cadastral de la parcelle qui l'intéresse, soit tout simplement l'adresse et s'affichent alors toutes les informations réglementaires. »

Outre ce premier niveau de recherche, l'utilisateur peut également effectuer une requête en fonction du projet qu'il souhaite réaliser en termes de volume ou d'implantation géographique. L'application offre un autre avantage, évidemment non négligeable, celui de faire apparaître les éléments qui entourent la parcelle comme les commerces, arrêts de bus, de tram... Gain de temps, donc de productivité, mais aussi sacrée remise en question pour ceux qui y allaient avec crayon à papier, gommettes de couleur et porte-à-porte. « On ne va plus sur le terrain, les promoteurs sont conscients que les métiers changent, remarque Lahouari Kaddouri. Le changement est venu par le biais de la commercialisation ».

Le numérique, une aide à la commercialisation

Jean Malmassarri, directeur territorial Nice Côte d'Azur de Vinci Immobilier, ne dit pas autre chose.

Le numérique est incontestablement un outil d'aide à la commercialisation et même s'il ne transforme pas automatiquement l'essai, il est tout de même « apprécié des candidats à l'achat. Numériser le bâtiment et le modéliser en entrant les données d'ensoleillement permet, par exemple, de calculer le coût des charges selon un positionnement au nord ou au sud ».

L'immobilier n'oublie pas qu'il est un métier de service. Désormais on ne vend plus via quelques flyers et un bureau de vente classique, ce qu'explique très bien Sylvain Rouget, directeur associé de l'agence de communication Ramel, qui possède un portefeuille assez fourni en immobilier et qui gère notamment la communication du programme immobilier lié au projet Gare du Sud à Nice, projet qui requalifie entièrement l'un des plus anciens quartiers de la ville. Le numérique et l'utilisation des données permettent aujourd'hui une communication elle aussi intelligemment pensée, d'autant plus que le client ne se déplace plus en agence comme avant, mais utilise souris et écran avant tout.

« La communication numérique accompagne de plus en plus l'immobilier. On ne parle pas que d'immobilier, mais de tout ce qui va avec », c'est-à-dire à la fois de la destination - Nice - et du quartier avec ses spécificités.

« Notre rôle est de travailler à partir de la donnée et d'agir à la fois sur la fidélisation et l'acquisition de clients potentiels. Il y a beaucoup de travail fait sur l'image et le numérique, un vrai storytelling a été construit. Ce n'est pas nouveau, mais le numérique permet de mesurer la performance, nous sommes loin des habitudes conventionnelles de vente via flyers, nous allons jusqu'à la qualification des contacts. Le dispositif digital permet d'y voir clair et les promoteurs sont sensibles à cela. »

Sensibles, les utilisateurs le sont aussi. En tout cas, comme le souligne Luc L'Hostis, il faut que ce soit eux qui intègrent et acceptent ce que la smart city peut apporter comme valeur ajoutée.

« Tout part bien sûr de la volonté de l'aménageur, mais le client ne voit pas la technologie, il voit sa facture finale, par exemple. »

La smart city doit donc être doublement intelligente...

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>>> Pour allez plus loin :

innovate city

La Tribune est partenaire de l'événement Innovative City qui se tient les 16 et 17 juin 2016 à Nice Acropolis. Pour en savoir plus: www.innovative-city.com

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