En PACA, l'immobilier se fait "smart"

Laurence Bottero, à Marseille

Laurence Bottero, à Marseille
Dans une ville qui se revendique de plus en plus « smart », la construction, et plus largement l'immobilier, ont, eux aussi, compris tout l'intérêt que représente le numérique: quitte à avoir des objets qui communiquent et des datas à disposition, autant que tout cela serve à être plus malin, mieux préparé, bref plus... intelligent. Car les enjeux de la cité, désormais, sont d'éviter le gâchis et de savoir s'adapter aux nouveaux modes de vie comme aux nouveaux modes de consommation. C'est ce que veut prouver celui que l'on a longtemps appelé à Marseille l'îlot démonstrateur Allar, aujourd'hui connu sous le nom de Smartseille. Un projet posé sur 2,7 hectares en plein coeur d'Euroméditerranée et qui se présente comme un vrai concentré d'innovations, notamment avec des partis pris sur les nouveaux usages.
C'est le cas, par exemple, avec les places de parking qui seront mutualisées entre habitants et utilisateurs du lieu que sont les employés de bureau et les clients de l'hôtel. De la même façon, un balisage lumineux au sol, basé sur une technologie développée par Eiffage, porteur du projet, couple LED et modules électroniques coulés dans le bitume pour baliser les disponibilités des emplacements des 16 véhicules électriques mis à disposition et dont il sera possible pour les habitants et utilisateurs du lieu de faire la réservation via un portail Internet. De la même façon, EDF, de son côté, remontera l'ensemble des informations de consommation électrique sur tablettes. De quoi permettre aux habitants de confronter leur consommation avec un appartement standard et de faire de "l'intercomparaison", afin de corriger ou moduler éventuellement leur dépense énergétique. De même, à la conciergerie « classique » et physique s'ajoute une conciergerie virtuelle capable de gérer les courses ou la garde d'enfants.
Du côté de la Baie des Anges, c'est l'opération Nice Grids qui est depuis 2011 une expérimentation grandeur nature et permet aux volontaires - industriels et particuliers - de gérer leur consommation et de laisser la main parfois à ERDF qui pilote le tout et qui avait déjà avoué au lancement du programme s'en servir, afin de préparer le virage numérique de ses métiers.
Car c'est bien une révolution qui agite le monde de l'immobilier. Le numérique, comme dans beaucoup d'autres secteurs, oblige à travailler autrement, plus rapidement, plus efficacement et au-delà de l'offre faite à l'habitant, c'est le métier lui-même qui s'en trouve chamboulé, comme en témoigne Lahouari Kaddouri. Cet enseignant-chercheur de l'université d'Avignon a mis au point une carte interactive qui permet de connaître, sur la base du cadastre, la réglementation qui s'applique à toute parcelle. Sa startup LKSpatialist, basée à Montpellier, vient d'essaimer à Marseille et, si Nice est dans le viseur, c'est l'ensemble des quatorze métropoles hexagonales qu'il compte couvrir grâce à sa technologie qui permet l'accès à l'ensemble de la réglementation qui régit une parcelle, PLU, SCOT ou tout autre plan de prévention des risques.
Outre ce premier niveau de recherche, l'utilisateur peut également effectuer une requête en fonction du projet qu'il souhaite réaliser en termes de volume ou d'implantation géographique. L'application offre un autre avantage, évidemment non négligeable, celui de faire apparaître les éléments qui entourent la parcelle comme les commerces, arrêts de bus, de tram... Gain de temps, donc de productivité, mais aussi sacrée remise en question pour ceux qui y allaient avec crayon à papier, gommettes de couleur et porte-à-porte. « On ne va plus sur le terrain, les promoteurs sont conscients que les métiers changent, remarque Lahouari Kaddouri. Le changement est venu par le biais de la commercialisation ».
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Jean Malmassarri, directeur territorial Nice Côte d'Azur de Vinci Immobilier, ne dit pas autre chose.
L'immobilier n'oublie pas qu'il est un métier de service. Désormais on ne vend plus via quelques flyers et un bureau de vente classique, ce qu'explique très bien Sylvain Rouget, directeur associé de l'agence de communication Ramel, qui possède un portefeuille assez fourni en immobilier et qui gère notamment la communication du programme immobilier lié au projet Gare du Sud à Nice, projet qui requalifie entièrement l'un des plus anciens quartiers de la ville. Le numérique et l'utilisation des données permettent aujourd'hui une communication elle aussi intelligemment pensée, d'autant plus que le client ne se déplace plus en agence comme avant, mais utilise souris et écran avant tout.
Sensibles, les utilisateurs le sont aussi. En tout cas, comme le souligne Luc L'Hostis, il faut que ce soit eux qui intègrent et acceptent ce que la smart city peut apporter comme valeur ajoutée.
La smart city doit donc être doublement intelligente...
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Laurence Bottero, à Marseille