French Tech connection, l’indispensable « touch » numérique de Marseille

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« Le numérique représente 40% de nos investissements. 90% d'entre eux se font en co-investissement avec Paca Investissement, avec certaines banques ou avec d'autres business angels. Nous avons de forts échanges avec les incubateurs, les pépinières et les accélérateurs. Nous échangeons les dossiers mais aussi sur les entreprises » explique Jacques Meler, président de Provence Business Angels (850.000 euros investis au cours du premier semestre 2015) et vice-président de France Angels.
« Le numérique représente 40% de nos investissements. 90% d'entre eux se font en co-investissement avec Paca Investissement, avec certaines banques ou avec d'autres business angels. Nous avons de forts échanges avec les incubateurs, les pépinières et les accélérateurs. Nous échangeons les dossiers mais aussi sur les entreprises » explique Jacques Meler, président de Provence Business Angels (850.000 euros investis au cours du premier semestre 2015) et vice-président de France Angels. (Crédits : DR)
Il y a évidemment ce que l'on appelle un écosystème favorable : des grands acteurs et des jeunes pousses, des initiatives et des envies... Si la labellisation a placé le territoire d'Aix-Marseille en orbite, reste que l'essai doit être transformé.

Le numérique, c'est fantastique : sur le sujet, pas de distinguo, pas de frontières entre Marseille et Aix, la labellisation French Tech ayant obligé à penser collectif et à prendre de la hauteur, ensemble. Nombreux sont ceux qui n'hésitent pas à rappeler que c'est ici, en Provence, qu'est née la carte à puce. Ici, le numérique est un secteur « naturel ». Certes, mais cette paternité rappelée ne fait pas tout, même si en matière d'innovation numérique, le périmètre marseillo-aixois fait plutôt preuve de dynamisme.

L'inévitable manque sur l'amorçage

Entre la technopole de Château-Gombert, le pôle média Belle-de-mai... et les neuf projets d'accélérateurs - certains comme P.Factory sont déjà actifs -, il y a de quoi soutenir et accompagner les startups du numérique. Côté financement, les structures existent aussi mais reste toujours l'inévitable manque sur l'amorçage.

« Le numérique représente 40% de nos investissements. Quatre-vingt-dix pour cent d'entre eux se font en co-investissement avec Paca Investissement [fonds créé par la Région Paca avec le soutien financier du Feder, ndlr], avec certaines banques ou avec d'autres business angels. Nous avons de forts échanges avec les incubateurs, les pépinières et les accélérateurs. Nous échangeons les dossiers mais aussi sur les entreprises » explique Jacques Meler, président de Provence Business Angels (850.000 euros investis au cours du premier semestre 2015) et vice-président de France Angels, qui se réjouit :

« L'écosystème fonctionne bien, les mailles du filet sont suffisamment serrées. Un projet qui ne trouve pas de financement est un projet qui n'estpas suffisammentmûr. »

Soutenir l'amorçage

Business angel depuis une dizaine d'années, Patrick Siri a, lui aussi, son point de vue sur la question :

« Sur dix investissements réalisés, on trouvait généralement une pépite, cinq entreprises qui échouent et quatre qui vivotent. Il fallait arriver à retourner le marché et faire en sorte que les ratios des investissements passent de 1/5/4 à 3/4/4. L'idée était de soutenir l'amorçage. »

C'est comme cela qu'il a donné vie à P.Factory, lancé en juin 2014, qui constitue l'un des neuf accélérateurs promis par la labellisation avec ceux de Voyage Privé (centré sur le e-tourisme), Gemalto (services mobiles sans contact), TelFrance (transmédia), Stardust (tests de produits numériques sur terminaux réels), Netangels (financement), Kedge (incubateur d'innovation ouverte), thecamp (smart cities).

Fondateur de Jaguar Network, opérateur et hébergeur de centres de données, Kevin Polizzi travaille, lui, à l'élaboration d'un accélérateur spécialisé dans le traitement des mégadonnées. Et pour ce jeune entrepreneur, il y a du boulot !

« Le taux de mortalité des startups sur le territoire est encore trop élevé car beaucoup de projets se créent sans que les porteurs aient une vision du marché. Soit la startup fait de la R & D et elle se valorise avec des brevets, soit elle a la bonne idée au bon moment et embrasse un marché qui lui permet de faire de la croissance », analyse celui qui a déjà investi dans des jeunes pousses qu'il accompagne « pour les aider à créer de la valeur ».

L'innovation, c'est bien mais à condition de passer à l'usage. Voilà l'esprit qui anime Medinsoft, l'association qui rassemble quelque 150 acteurs du numérique implantés sur le territoire Aix-Marseille et qui assure la coordination opérationnelle du projet French Tech. C'est ce qu'explique Olivier Cazzulo, président de la commission Smart City au sein de l'association, et qui voit dans la démarche French Tech l'occasion en or d'enclencher la vitesse supérieure, c'est-à-dire de passer de l'innovation à l'utilisation pratique.

« Ce que veut le citoyen, c'est une ville proposant une information pertinente, plus sûre et où l'on circule mieux. L'accès à l'emploi est aussi une préoccupation, alors que tout ce qui relève de l'économie verte intervient dans un second temps. »

Évidemment, il s'agit de s'inspirer des bonnes pratiques.

« Nous regardons beaucoup ce que font des villes très en avance comme Barcelone ou Nice. La smart city est un sujet qui embrasse les urbanistes, les promoteurs, les opérateurs de transport, les opérateurs électriques... »

Pour être efficace, « il faut identifier les expérimentations à mener et éviter les doublons » ajoute-t-il. C'est-à-dire qu'il faut que tout ce petit monde se parle. C'est ce qui a été mis en place mi-septembre avec une réunion au sommet de tous les acteurs dispersés dans différents groupes de travail.

« Nous avons identifié des projets à Aix et Vitrolles. Martigues, Istres et Fos sont intéressées aussi. Nous voulons nous montrer pertinents, montrer une région dynamique qui se modernise, avec des acteurs de talent. »

Un casting idéal.

Belle de Mai, la fibre digitale

« La fibre numérique, ici, on l'a depuis quinze ans », souligne malicieusement Céline Souliers, qui dirige l'incubateur Belle de Mai, spécialisé dans les métiers de l'image et du son.

Ce n'est donc pas une thématique de circonstance, mais bien au contraire une orientation choisie en 2000, d'abord, il est vrai, plus attachée aux projets multimédias culturel et éducatif avant de véritablement privilégier le numérique. Le succès est réel, comme le montre le bilan : 156 projets ont été accompagnés en quinze ans et 117 entreprises créées pour 420 emplois générés.

« Soixante-quinze pour cent des entreprises sont toujours en activité, quinze ans après les débuts de l'incubateur », souligne sa directrice, plutôt fière d'afficher un taux de pérennité satisfaisant et qui ne cache pas l'exigence de la sélection.

« Nous accompagnons des projets innovants qui incluent de vrais programmes de R&D et qui aboutissent sur des usages innovants. Nous ne nous intéressons pas uniquement à l'innovation technologique mais aussi à l'innovation sociale, liée aux sciences humaines... » le tout pour des applicatifs en agroalimentaire, en culture, en tourisme, en santé, en transport et logistique...

Belle de Mai est à ce jour le seul incubateur français labellisé par le ministère de l'Éducation nationale, de la Recherche et de la Technologie. L'École des Mines de Gardanne officialisera son rapprochement avec Belle de Mai en 2016 par le biais de la signature d'une convention, le but étant de valoriser la recherche, ce qui, insiste Céline Souliers, « démontre bien le travail mené avec les laboratoires et les universités ».

L'écosystème est donc fourni et il fonctionne. Pour preuve, le rapprochement initié avec les deux Centres européens d'entreprises et d'innovation (CEEI), celui de Provence et celui de Nice-Côte d'Azur, PFActory, le fonds d'amorçage niçois BA06, l'incubateur Paca-Est, basé à Sophia-Antipolis : tous les six forment une nouvelle équipe décidée à accompagner les entreprises à fort potentiel de croissance - une vingtaine par an - avec un programme court de six à neuf mois.

L'objectif est de « faire avancer les jeunes pousses sur leur chiffre d'affaires, les conseiller pour les levées de fonds, les aider à trouver des marchés à l'international, bref réussir à leur faire prendre de la hauteur ».


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>>> #SmartCityMed "La Tribune" et le forum international "Live in a Living City" ont choisi Marseille pour y tenir une nouvelle édition du Forum Smart City. L'ambition de ce colloque, voué à un rayonnement international : échanger et partager les bonnes pratiques pour construire ensemble une ville de demain plus humaine, citoyenne, solidaire, connectée et ouverte.

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