"Thecamp", tourné vers le futur

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Pour Frédéric Chevalier, son concepteur, ce lieu participera au mouvement mondial de « l’accélération de la transformation du monde ».
Pour Frédéric Chevalier, son concepteur, ce lieu participera au mouvement mondial de « l’accélération de la transformation du monde ». (Crédits : © DR GOLEM IMAGES POUR THECAMP ET CORINNE VEZZONI & ASSOCIÉS ARCHITECTES)
[ #SmartCityMed ] Aujourd'hui, c'est déjà demain ! Avec sa vision prospective, ses questionnements, sa volonté d'être un acteur engagé dans la dynamique de transformation du monde, thecamp, posé à Aix-en-Provence, est bourré de promesses. Et ne laisse pas indifférent.

Y aurait-il dans ce projet quelque chose qui aurait à voir avec la Singularity University, hébergé par la Nasa dans la Silicon Valley, ou avec le Center for Urban Science and Progress (CUSP) de New York ? Il relève indéniablement de la même philosophie, celle de se placer dans la réflexion de ce que sera et devra être le monde de demain, en s'affranchissant de toute barrière, de tout dogme. Et d'être un campus vivant - au sens premier du terme - où se croisent, venus du monde entier, des penseurs, des artistes, des étudiants, des dirigeants de grands groupes et ceux d'entités de plus petite taille, les startups, des designers, des acteurs de la sphère publique aussi... Bref un bel ensemble, un grand tout qui doit être un joyeux brainstorming avec le regard posé au loin et le credo de se dire que tout est possible.

C'est cet enthousiasme productif qui a poussé Frédéric Chevalier à imaginer thecamp. Chef d'entreprise, fondateur du groupe HighCo - d'aucuns le présentent comme visionnaire, n'a-t-il pas parié sur le numérique avant tout le monde ? - le personnage reconnaît qu'il pourrait tout aussi bien continuer sa vie d'homme d'affaires sans se préoccuper d'autre chose, sauf que... impossible de laisser le monde de demain se dessiner sans tenter d'y apporter son grain de sel... ou de folie. L'enthousiasme, voilà bien l'ingrédient qui manque à beaucoup. Thecamp a donc pour mission - entre autres - de secouer les idées et comme une certaine boisson orangée pétillante, de faire remonter la pulpe.

« Je considère qu'il y a depuis quelques années une accélération de la transformation du monde, une accélération qui peut même faire peur. Le monde change de façon exponentielle, poussé en cela par la technologie, or l'Europe est insuffisamment présente dans ce travail de transformation. Elle manque parfois d'ambition, alors qu'il existe ailleurs - aux États-Unis comme au Moyen-Orient - une forme d'enthousiasme pour ses évolutions d'usage. L'Europe manque souvent d'audace malgré ses atouts, ce qui peut poser problème, autant sur le plan économique que sociétal. »

Plateforme d'échanges et catalyseur d'idées

C'est ainsi que le concept de thecamp est né. Beaucoup le réduisent à un accélérateur de startups labellisé FrenchTech. Frédéric Chevalier répond que ce n'est qu'une brique d'un plus grand ensemble qui a davantage vocation à être une plateforme d'échanges et de partage, un lieu de formation, un catalyseur d'idées sur les sujets de la transformation du monde et plus précisément de la transformation urbaine.

« Le terrain d'application et le terrain de jeu, c'est la ville, analyse Frédéric Chevalier. L'Europe, une fois encore, n'est pas suffisamment mobilisée sur ces réflexions, elle doit y participer de manière plus engagée. Car notre continent a indéniablement un rôle à jouer, il possède un potentiel incroyable, avec un écosystème riche, fait de grandes entreprises et de startups... »

L'idée - « certains m'ont prévenu qu'elle était folle », s'amuse Frédéric Chevalier - a semble-t-il séduit la majorité des acteurs locaux, ceux de la sphère publique mais aussi les grands groupes. Ainsi Cisco, Vinci Construction et Vinci Énergies, la Caisse des dépôts, Steelcase, Sodexo, la Caisse d'épargne Provence Alpes-Corse, le Crédit agricole, la Chambre de commerce et d'industrie Marseille-Provence, la Région et le Département ont dit oui pour apporter leur pierre à l'édifice. L'effet d'entraînement semble jouer : on sent chez beaucoup ce sentiment qu'il faut « en être » et qu'il serait sans doute dommageable de n'être que spectateur d'un projet qui prendra donc place sur un périmètre de 7 hectares dans le Technopôle de l'environnement de l'Arbois Méditerranée à Aix-en-Provence, en pleine nature avec la Sainte-Victoire en toile de fond. Une montagne qui en a inspiré bien d'autres... Ce navire amiral, constitué de douze bâtiments circulaires sous une toile géo-textile de 7.500 m2, aura son laboratoire, accueillera une soixantaine de startups et de PME en croissance chaque année et nécessite un investissement de 75 millions d'euros.

Thecamp sonne comme une promesse de tirer le territoire vers le haut. D'ailleurs l'objectif est bien « d'agréger les talents du territoire, d'irradier à grande échelle, de tisser des liens avec les entreprises de la région et de rayonner en France, en Méditerranée et en Europe ».

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>>>  L'UNIVERSITÉ FAIT DÉJÀ L'UNION

Depuis 2012, elle est le trait d'union entre Aix et Marseille, réalisant avant l'heure un rapprochement qui devient aujourd'hui officiel.

Il y a trois ans, c'est un autre rapprochement qui faisait l'actualité, celui de l'université de Provence, de la Méditerranée et Paul-Cézanne.

Une union qui place Aix-Marseille parmi les plus jeunes universités de l'Hexagone, mais aussi la plus grande en termes de nombre d'étudiants. Le chiffre est considérable puisqu'ils sont 74<;000 à remplir les amphis des cinq grands campus que sont Aix-en-Provence, Marseille-Étoile, Marseille Centre, Marseille Timone et Marseille Luminy, auxquels il faut ajouter ceux de Gap, Digne, Arles, Aubagne, La Ciotat, Salon-de-Provence, Avignon et Lambesc. Une belle représentativité territoriale. Aix-Marseille Université est également appréciée par les étrangers, 10.000 étudiants venus des quatre coins du globe ayant opté pour un parcours universitaire sous le soleil méditerranéen.

Aix-Marseille, ce sont aussi quelque 8 000 enseignants et enseignants-chercheurs, ingénieurs, techniciens et membres du personnel administratif. Ce sont encore 130 structures de recherche, 12 écoles doctorales et 3 800 doctorants. La recherche, voilà bien un domaine où Aix-Marseille se distingue. Elle travaille d'ailleurs étroitement avec la Satt, société d'accélération du transfert de technologies qui joue un rôle essentiel dans la transformation des brevets en applications concrètes.

Au dernier classement de Shanghai, elle occupe la tranche cinq-six parmi les universités françaises et figure parmi les 150 premières mondiales.

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Commentaires
a écrit le 10/12/2015 à 13:45 :
voila une initiative hasardeuse et funeste, pour satisfaire l'ego de la maire, alors que l'europole de l'arbois à quelques mètres de là est complètement exsangue,
enfin ce n'est pas grave c'est le contribuable qui paie.

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