Grâce au regard des satellites et des stations météorologiques, les contrats d’assurances dits paramétriques vont-ils sauver les récoltes ? Un an après avoir expérimenté cette solution assurantielle innovante auprès d’un industriel de l’agroalimentaire désireux de protéger ses producteurs de Colza des aléas du changement climatique, le courtier nantais Bessé vient de nouer un partenariat avec Axa Climate pour déployer la formule à grande échelle : vers d’autres cultures, sur de multiples secteurs et à l’international.Face aux rages et aux ravages de Dame Nature, les assureurs se gardent bien de ne jurer que par lui. Mais, depuis quatre à cinq ans, les contrats d'assurance paramétriques sont devenus le produit tendance du secteur, malmené par les caprices de la météo. Pour le cabinet nantais de courtage et de conseil en assurances, Bessé qui vient de coconstruire avec AXA Climate, une solution innovante dédiée à la filière agricole, les contrats d'assurance paramétriques sont même en passe de devenir le cœur de métier de l'assureur. « Au point d'être le premier professionnel de l'assurance à dédier une équipe entière à cette solution », assure Joran Chambolle, chargé de développement solutions paramétriques de Bessé avec trois personnes dans son équipe.
Le paramétrique ? « Plutôt que d'assurer une personne, un objet, un capital ou un actif... on ne s'intéresse, ici, qu'à l'indice représentatif d'un risque que l'on observe en temps réel. Ce peut-être une température, une hygrométrie, un rayonnement solaire, de la biomasse mesurée par satellite, le niveau sismique d'un tremblement de terre, la hauteur de vagues, la vitesse du vent ou la température de l'eau... Si, un jour, une valeur de déclenchement est atteinte, alors de manière automatique, et extrêmement rapidement, une indemnité forfaitaire est octroyée», détaille-t-il.
Pour l'assureur, la valeur de l'indice repose sur trois pré requis : Il doit être mesurable en temps réel, disposer d'un historique de dix ans ou avoir des alternatives et doit pouvoir être certifié par un tiers de confiance, comme les détenteurs de satellites (Nasa, Union Européenne...) ou les opérateurs de réseaux de stations et capteurs météorologiques (Weenat, Demeter...). A partir de là, tout est assurable...
Inexistants il y cinq ans, les « paramétriques » se présentent comme une vraie solution au regard des programmes dit traditionnels, plutôt concentrés sur les dommages matériels et peu sensibles aux problèmes du climat. Si bien que, selon Bessé, qui indique assurer un tiers du chiffre d'affaires de l'agroalimentaire français, seul un tiers des exploitants aurait souscrit un contrat multirisques climatiques.