LA TRIBUNE - Pourquoi avez-vous décidé de briguer la présidence de la FNAIM ?
LOÏC CANTIN - Je suis adhérent à la Fnaim depuis 1980, syndicaliste engagé dans cette fédération, date depuis laquelle j'ai occupé diverses fonctions départementale, régionale et nationale en occupant le poste de président adjoint depuis 4 ans. J'avais déjà été candidat en 2012. À l'époque, je ne me reflétais pas dans la dynamique enclenchée. Je n'ai pas été élu. Dix ans après, j'ai souhaité imprimer une nouvelle vision, une nouvelle dynamique... sur la politique du logement et la défense de la profession, qui risquent d'entrer dans une zone de turbulences sérieuses, où il va falloir être imaginatif, force de propositions, pour accompagner les entreprises et répondre au parcours résidentiel des Français. La période va être compliquée, à tous les niveaux...
Vous dites que votre mandat va être impacté de plein fouet par l'actualité internationale, climatique, de la rénovation énergétique... quelles vont être vos priorités et quels défis entendez-vous relever ?
Aujourd'hui, tous les indicateurs sont au rouge. Que ce soit sur le plan international, économique, avec l'inflation, la hausse des taux d'intérêt, le pouvoir d'achat en berne... Dans ce contexte, il va falloir répondre à l'urgence règlementaire de la loi Climat et Résilience qui va impacter le parc immobilier français dans sa totalité. En France, les propriétaires bailleurs sont mis devant l'urgence climatique et contraints de devoir engager des travaux de rénovation énergétique, s'ils envisagent de maintenir leur appartement ou logements à la location pour tous ceux qui sont classés G et F en 2023 et 2025. Le calendrier devra être aménagé car, 2025, c'est demain. Nous avons deux ans pour atteindre cet objectif. Un délai insuffisant, et je crains fort que nous assistions à une évaporation d'une partie du parc locatif, avec le retrait de certains propriétaires qui souhaiteront vendre dans un délai aussi court. On considère que la rénovation d'un appartement représente 40.000 euros. Or, les Français propriétaires de leur logement n'ont pas forcément la capacité financière nécessaire. La plupart des bailleurs sont de petits propriétaires avec des petits revenus. Quand un marché est déjà tendu en matière d'offres locatives, il ne faut pas rajouter une couche de tension complémentaire. Donc, politiquement, il faut faire en sorte que ce calendrier soit différé ou aménagé.