Dans une région qui pourrait accueillir 800.000 habitants supplémentaires à l’horizon 2050, la majorité LR souhaite que la baisse de l’artificialisation soit ramenée à 34% au lieu de 50% jusqu’en 2030. Une annonce faite la veille de la remise du premier rapport du GIEC Pays de la Loire, qui pointait les risques d’étalement urbain sur le territoire de la quatrième région la plus artificialisée de France.Sur un territoire où, selon le Giec Pays de la Loire, « l'étalement urbain, au vu de ses impacts sur le climat et la biodiversité, constitue un enjeu critique pour l'avenir de la région », le Conseil régional des Pays de la Loire (majorité LR), a voté, à la surprise générale le 24 juin dernier, une délibération dans laquelle il demande à l'Etat, à l'Assemblée nationale et au Sénat de modifier la loi Climat et Résilience, afin qu'elle tienne compte des dynamiques démographiques de territoires.
Autrement dit, dans une région où les projections de l'Insee prévoient un surplus de populations de 800.000 personnes par rapport à 2013, (soit une hausse de 590.000 personnes à partir d'aujourd'hui, pour atteindre 4,6 millions d'habitants à l'horizon 2050), la collectivité souhaite que, dans ces conditions, le taux de réduction de la consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers soit ramené à 34% jusqu'en 2030 au lieu des 50% fixés uniformément au niveau national. Une prise de position restée en travers de la gorge des élus écologistes, qui n'ont pas tardé à réagir.
Le Ceser tacle la région
« Alors que la Loi Climat et Résilience octroie la possibilité, en Pays de la Loire, d'urbaniser plus de 10.845 hectares de terres agricoles ou naturelles d'ici à 2030, soit l'équivalent de 7,3 terrains de foot par jour, la présidente du Conseil régional Christelle Morançais voudrait pouvoir déroger à cette règle et détruire 3 436 hectares supplémentaires, soit l'équivalent de 2,3 terrains de foot détruits en plus chaque jour », fustigent-ils dans un communiqué.
« C'est hallucinant et pas honnête politiquement. Ils gardent l'objectif à 2050 mais ils veulent que la région fasse moins d'effort dès le début alors que l'on sait que les efforts sont à produire dès maintenant. C'est un leurre de vouloir adoucir la pente en disant conserver l'objectif final », dénonce Lucie Etonno présidente du groupe L'Ecologie Ensemble, soutenue en ce sens, par le Ceser (Conseil Economique et Social Environnemental Régional).