Le premier festival international "Films & Companies" s'installe dans l'Ouest

Frédéric Thual

Frédéric Thual
Comme Deauville a ses planches, Cannes sa croisette, La Baule et ses huit kilomètres de sable blond accueilleront la première édition du festival international du film "corporate". "Nous recherchions un endroit fonctionnel, facile d'accès, à l'esprit entrepreneurial et suffisamment attractif pour avoir envie d'y rester quelques jours", expliquent le réalisateur Denis Harnois, directeur de Films & Companies, et Frédéric Bedin, président du directoire de Hopscotch Global PR Group, co-organisateurs de ce festival, qui ambitionne de devenir le rendez-vous incontournable des décideurs, créateurs et innovateurs de ce secteur. En tout cas, la place est à prendre.
Si, avec l'émergence d'Internet et des technologies multimédia, l'image et, plus encore, la vidéo, omniprésentes, s'imposent jusque dans le moindre des smartphones, l'étendard promotionnel de la communication d'entreprise et institutionnelle avait complètement disparu des écrans radar depuis l'arrêt des festivals du film "corporate" du Creusot et de Biarritz. La faute à qui?
De l'eau et des pixels ayant coulé sous les ponts, le secteur de la communication se sentait orphelin. Et pour cause, ainsi que le précise le dirigeant de Hopscotch Global PR Group, organisateur du Festival du cinéma américain de Deauville, du Festival international du film de Marrakech, du Festival international du film policier de Beaune, etc.:
A la demande de Denis Harnois, ex-président de l'Association des réalisateurs de films de commandes, le groupe de relations de presse et d'évènementiels a donc ajouté une corde à son arc. Un pari au budget estimé entre 600.000 et 900.000 euros et où l'on espère un millier de visiteurs, dont le gotha de la communication évènementielle et institutionnelle. Reste aux organisateurs à transformer les intentions affirmées en participation.
A La Baule, pendant quatre jours, cette première édition, plus francophone qu'internationale, devrait présenter plus de 300 films produits en France, en Belgique, en Suisse, au Canada et en Afrique, classés en 14 catégories (image d'entreprise, communication marketing, publique et territoriale, santé, tourisme, humanitaire, etc.).
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

A la différence des spots publicitaires, dont la durée excède rarement les 30 secondes, les productions, ici, se rangent à travers deux formats courts. De 1 à 3 minutes, pour un film essentiellement visuel, de 5 à 10 minutes s'il inclut des interviews, des prises de parole.
Que ce soit dans l'industrie, dans les transports aériens pour diffuser des messages de sécurité, dans la finance pour expliquer une introduction en Bourse, dans les chaînes de bricolage pour monter une cloison, ou les magasins de cosmétiques pour appliquer un mascara, la vidéo est omniprésente.
De fait, Films & Companies devrait aussi concourir à parfaire l'éducation audiovisuelle et les stratégies de communication des donneurs d'ordres, qu'ils soient institutionnels, ETI ou PME.
Si l'on a vu, il y a quelques années, la société de conseil Accenture réaliser un long métrage, "le budget d'un film minimaliste démarre, aujourd'hui, à 5.000 euros pour s'envoler à 200.000 euros pour des productions plus sophistiqués", indique Denis Hanois, au regard d'un marché en plein bouleversement.
En France, 15.000 films seraient, chaque année, déposés à la Bibliothèque nationale de France (BNF). "Ce qui représente un chiffres d'affaires de 225 millions d'euros. Mais, on estime que seules 50% des œuvres sont inscrites", estime Denis Hanois, recensant près de 9.000 sociétés de productions audiovisuelles "corporate" ou publicitaires dans l'Hexagone, qui tapaient du pied pour retrouver une vitrine nationale et internationale.
Le jury, présidé par l'homme de médias Xavier Couture (TF1, Endemol, Orange...) et composé de personnalités du monde de l'entreprise, des médias, de l'audiovisuel..., décernera 5 prix principaux (grand prix, prix du jury, de la ville...) et 8 prix techniques (pour la meilleure écriture, musique, réalisation, montage, photographie...).
Lequel souligne le dynamisme de la région Pays de la Loire et de la ville de la Baule - désireuse de se construire une identité numérique - qui, tous deux, ont encouragé la venue de ce festival.
À lire également
Car, outre la compétition, Films & Companies se veut un rendez-vous de networking professionnel, avec des conférences, des master classes, des débats spécifiques, etc., et une market place ouverte à une vingtaine de startups régionales tournées vers les dernières technologies utilisées par la production ou la diffusion audiovisuelle. Une autre compétition.
Frédéric Thual