Le premier festival international "Films & Companies" s'installe dans l'Ouest

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Frédéric Bedin, président du directoire de Hopscotch Global PR Group, organisateur du Festival du cinéma américain de Deauville, du Festival international du film de Marrakech, du Festival international du film policier de Beaune, etc.
Frédéric Bedin, président du directoire de Hopscotch Global PR Group, organisateur du Festival du cinéma américain de Deauville, du Festival international du film de Marrakech, du Festival international du film policier de Beaune, etc. (Crédits : Hopscotch Groupe)
Abandonné au début des années 2000, le festival du film d'entreprise remonte sur scène. Organisée à la Baule du 27 au 30 mai, la première édition du festival international "Films & Companies" devrait rassembler plus de trois cents productions en compétition.

Comme Deauville a ses planches, Cannes sa croisette, La Baule et ses huit kilomètres de sable blond accueilleront la première édition du festival international du film "corporate".  "Nous recherchions un endroit fonctionnel, facile d'accès, à l'esprit entrepreneurial et suffisamment attractif pour avoir envie d'y rester quelques jours", expliquent le réalisateur Denis Harnois, directeur de Films & Companies, et Frédéric Bedin, président du directoire de Hopscotch Global PR Group, co-organisateurs de ce festival, qui ambitionne de devenir le rendez-vous incontournable des décideurs, créateurs et innovateurs de ce secteur. En tout cas, la place est à prendre.

Si, avec l'émergence d'Internet et des technologies multimédia, l'image et, plus encore, la vidéo, omniprésentes, s'imposent jusque dans le moindre des smartphones, l'étendard promotionnel de la communication d'entreprise et institutionnelle avait complètement disparu des écrans radar depuis l'arrêt des festivals du film "corporate" du Creusot et de Biarritz. La faute à qui?

"La profession n'a pas suffisamment anticipé le passage au numérique. Faute d'avoir digitalisé à temps les anciennes cassettes U-Matic, les projections devenaient impossibles...", résume Frédéric Bedin.

Un pari... à moins de 1  million d'euros

De l'eau et des pixels ayant coulé sous les ponts, le secteur de la communication se sentait orphelin. Et pour cause, ainsi que le précise le dirigeant de Hopscotch Global PR Group, organisateur du Festival du cinéma américain de Deauville, du Festival international du film de Marrakech, du Festival international du film policier de Beaune, etc.:

"Lorsque, hier, un film produit pour 1 million de francs était visible par 300 personnes, aujourd'hui, pour la même somme, et un peu de talent, il peut être visible sur Youtube, Dailymotion, Viméo ou Tumblr par 2 ou 3 millions d'individus."

A la demande de Denis Harnois, ex-président de l'Association des réalisateurs de films de commandes, le groupe de relations de presse et d'évènementiels a donc ajouté une corde à son arc. Un pari au budget estimé entre 600.000 et 900.000 euros et où l'on espère un millier de visiteurs, dont le gotha de la communication évènementielle et institutionnelle. Reste aux organisateurs à transformer les intentions affirmées en participation.

Pour faire passer un message

A La Baule, pendant quatre jours, cette première édition, plus francophone qu'internationale, devrait présenter plus de 300 films produits en France, en Belgique, en Suisse, au Canada et en Afrique, classés en 14 catégories (image d'entreprise, communication marketing, publique et territoriale, santé, tourisme, humanitaire, etc.).

A la différence des spots publicitaires, dont la durée excède rarement les 30 secondes, les productions, ici, se rangent à travers deux formats courts. De 1 à 3 minutes, pour un film essentiellement visuel, de 5 à 10 minutes s'il inclut des interviews, des prises de parole.

"Ça reste quand même un film, avec des scénarios, des comédiens, des musiques originales... un donneur d'ordres qui peut être une institution ou une entreprise... et un message à faire passer", précise Frédéric Bedin, "Et aujourd'hui, le langage d'Internet, c'est le film", ajoute-t-il.

De 5.000 euros à 200.000 euros le film

Que ce soit dans l'industrie, dans les transports aériens pour diffuser des messages de sécurité, dans la finance pour expliquer une introduction en Bourse, dans les chaînes de bricolage pour monter une cloison, ou les magasins de cosmétiques pour appliquer un mascara, la vidéo est omniprésente.

"Si tout le monde ne s'improvise pas journaliste ou réalisateur, tout un chacun peut produire son propre film et le diffuser. Dans la sphère professionnelle, on voit aussi beaucoup de services de communication interne s'équiper de caméscopes et de logiciels de montage pour produire eux-mêmes leurs films... Avec des réussites plus ou moins discutables, mais la mutation est en cours", observe Frédéric Bedin.

De fait, Films & Companies devrait aussi concourir à parfaire l'éducation audiovisuelle et les stratégies de communication des donneurs d'ordres, qu'ils soient institutionnels, ETI ou PME.

Si l'on a vu, il y a quelques années, la société de conseil Accenture réaliser un long métrage, "le budget d'un film minimaliste démarre, aujourd'hui, à 5.000 euros pour s'envoler à 200.000 euros pour des productions plus sophistiqués", indique Denis Hanois, au regard d'un marché en plein bouleversement.

"On le voit à travers l'explosion des réseaux sociaux et de certains médias qui créent ou réfléchissent à la création de plateformes en faisant payer les marques. C'est une donnée récente intégrée dans les nouveaux business models des médias économiques, des agences de publicité et de production dont certains lancent leurs propres canaux de diffusion. Les chaînes éco commencent à diffuser des contenus largement co-produits. Ce n'est pas encore le cas en France, mais déjà, aux États-Unis, sur certaines chaînes, le 'final cut' appartient aux entreprises. La zone grise évolue...", observe Frédéric Bedin.

En France, 15.000 films seraient, chaque année, déposés à la Bibliothèque nationale de France (BNF). "Ce qui représente un chiffres d'affaires de 225 millions d'euros. Mais, on estime que seules 50% des œuvres sont inscrites", estime Denis Hanois, recensant près de 9.000 sociétés de productions audiovisuelles "corporate" ou publicitaires dans l'Hexagone, qui tapaient du pied pour retrouver une vitrine nationale et internationale.

et des starts-up locales

Le jury, présidé par l'homme de médias Xavier Couture (TF1, Endemol, Orange...) et composé de personnalités du monde de l'entreprise, des médias, de l'audiovisuel..., décernera 5 prix principaux (grand prix, prix du jury, de la ville...) et 8 prix techniques (pour la meilleure écriture, musique, réalisation, montage, photographie...).

"C'est tout un écosystème que nous souhaitons réunir. Il s'agit de dynamiser un marché composé de réalisateurs, producteurs, créateurs des nouveaux langages du web et du digital, d' agences de communication, en passant par les très nombreux prestataires de services et techniques des nouveaux supports et langages audiovisuels", rappelle Frédéric Bedin.

Lequel souligne le dynamisme de la région Pays de la Loire et de la ville de la Baule - désireuse de se construire une identité numérique - qui, tous deux, ont encouragé la venue de ce festival.

Car, outre la compétition, Films & Companies se veut un rendez-vous de networking professionnel, avec des conférences, des master classes, des débats spécifiques, etc., et une market place ouverte à une vingtaine de startups régionales tournées vers les dernières technologies utilisées par la production ou la diffusion audiovisuelle. Une autre compétition.

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