Les Pays de la Loire auscultent l'enseignement et le numérique

Frédéric Thual, à Nantes

Frédéric Thual, à Nantes
L'un est professeur en géologie à l'Université de Nantes et fondateur du Laboratoire de planétologie, l'autre, chef d'entreprise, ex-président de l'UIMM 44(Union des Industries et des Métiers de la métallurgie) et "business angel". A la demande du Conseil régional des Pays de la Loire et mandatés par le CESER (conseil économique et social environnemental régional), Jacques Girardeau et Jean Cesbron sont allées à la rencontre de soixante-dix structures d'enseignements (lycées, centres de formation des apprentis, maison familiales, école de la deuxième chance, établissement d'enseignement supérieur, centre de formation professionnelle) de la région, sous la forme de visites, d'auditions ou d'enquêtes quantitatives... pour connaître leur niveau d'acculturation numérique. Un chemin de croix concèdent les auteurs aux vues des difficultés rencontrées pour obtenir des données, et qui dans leurs conclusions, revendiquent la création d'un observatoire du développement du numérique éducatif et une clarification de la gouvernance actuelle.
Il ne s'agit donc pas d'une enquête exhaustive mais d'une photographie, d'un ressenti sur la l'intégration et la pratique du numérique dans l'enseignement et la formation en Pays de la Loire. Ou comment les acteurs de l'éducation s'approprient le numérique, quels sont leurs ressources, leur orientations et quel modèle économique déploient-ils? Ces observations devraient permettre d'établir avec plus de pertinences les futures politiques régionales. Car l'un des premiers indicateurs, c'est qu'il existe des disparités importantes au sein du territoire régional.
"Et ce sont autant de risques de fractures liés à des difficultés d'accès aux réseaux, d'acquisitions des outils et d'appropriation des usages", mettent en garde les auteurs de l'étude. De fait, si l'ensemble des lycées publics ont aujourd'hui accès à internet, seuls 67% disposent de connexions à très haut débit. Au gré des investissements entrepris par la région, ce pourcentage devrait atteindre 81% d'ici la fin de l'année. Cela dit, 19% des établissements déclarent conserver leur connexion Adsl classique pour des raisons budgétaires. Même constat pour les CFA (centre de formation des apprentis) dont 40% travaillent avec du bas débit et seuls 14% ont accès au très haut débit. Le plan de développement du THD engagé par la région jusqu'en 2020 apparait crucial et notamment pour le wifi encore insuffisamment déployé pour répondre aux besoins d'équipements de plus en plus nomades.
Mieux lotis qu'au niveau national, les lycées des Pays de la Loire disposent en moyenne d'un ordinateur fixe pour deux élèves. Et un pour quatre dans les lycées technologiques et un sur dix ans les CFA. Si les besoins d'ordinateurs fixe restent fort, les chefs d'établissement aimeraient davantage d'accès à des équipements spécifiques comme des tableaux numériques, des imprimantes 3D, des portables, des tablettes... comme cela a été développé pour l'école de la deuxième chance et dans les établissements de l'enseignement supérieur.
Par ailleurs, ils suggèrent la création d'un réseau régional de la pédagogie numérique pour promouvoir le travail collaboratif, les bonnes pratiques et favoriser une mutualisation des moyens.
Dans la majorité des entretiens réalisés, les établissements ont aussi exprimé le besoin d'investissement dans la formation des enseignants, des formateurs. Ceux-ci demandent notamment que des accompagnateurs formés et compétents les aident à faire le tri et à structurer la multiplicité des informations offertes par le numérique.
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Pointé du doigts par les enseignants, les formateurs et les parents d'élèves, le manque de connaissances des outils numériques et de leurs usages constitue un frein au développement des technologies numériques. D'ou la nécessité de repenser le modèle économique.
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Car il est clair qu'aujourd'hui le développement du numérique éducatif, l'obsolescence rapide des équipements, l'adaptation à un environnement en mouvement et la mise à jour des connaissances imposent des investissements importants. Que n'ont pas, actuellement, les établissements d'éducation et de formation pour assurer la nécessaire transition numérique.
Frédéric Thual, à Nantes